Les jeans larges de Levi's séduisent à nouveau les cohortes d'âges les plus jeunes qui les boudaient jusque-là. Sur le premier semestre de l'année, le chiffre d'affaires de la marque augmente ainsi de 11%, et le profit d'exploitation de 7%.
Cette bonne dynamique devrait se poursuivre au second semestre et entraîne une révision haussière des prévisions du management pour l’exercice fiscal complet.
Sur les six premiers mois, le bénéfice comptable augmente lui de 30%, mais cela est dû à un effet de change providentiel et à une note fiscale plus douce qu’escompté. Rien qui n'entache cependant la génération de cash, très robuste, grâce notamment à une diminution des stocks.
Levi's a versé plus de 300 millions de dollars à ses actionnaires, dont les deux tiers en rachats d'actions accélérés, ce qui lui permet de retirer un peu plus de 2% de ses titres circulation.
Rien de surprenant pour les analystes de Zonebourse, qui prenaient le pari en avril 2025 qu'à la lumière du retour de la valorisation sur ses niveaux plancher, les rachats d’actions - traditionnellement bien séquencés chez Levi's - reprendraient à rythme soutenu.
La valeur d'entreprise de Levi’s revient flirter avec 11 milliards de dollars, soit un multiple peu ou prou équivalent à dix fois le profit d’exploitation avant amortissements, ou EBITDA. Cette bonne tenue tranche avec un secteur de la vente au détail et des marques grand public où les déroutes se succèdent.
Contrairement à Nike, l'un des exemples peut-être les plus frappants en la matière, Levi's a réussi sa percée dans la vente directe, tant via ses magasins que sa plateforme internet. Celles-ci représentent désormais la moitié des ventes et, sur le premier semestre, affichaient une croissance de 11%, contre 5% sur le segment distributeur.
Levi's revient désormais vers le chiffre d'affaires le plus élevé jamais réalisé dans son histoire, durant les années 90, époque à laquelle ses célèbres jeans étaient un incontournable de tous les dressings.
C'est une franche réussite pour la directrice générale Michelle Gass, transfuge de Starbucks, chargée entre autres de l'expansion de la chaîne à l'international, et qui devait justement assurer la transition d'un modèle historiquement fondé sur les distributeurs vers un modèle privilégiant la vente directe.
En bourse, le titre revient coter proche de ses plus hauts depuis la pandémie, tant en termes de cours que de multiple de valorisation - désormais à quinze fois le résultat net normalisé, soit un plafond sur lequel il n'a eu de cesse de buter ces dernières années.
Après de longues années de stagnation sur un marché difficile, une confirmation de la tendance récemment observée entraînerait une rupture vers le haut qui consacrerait la réinvention de Levi’s.



















