Depuis notre dernier point mensuel, la tonalité des marchés a viré à la prudence, rythmée par des à-coups géopolitiques et l’amorce d’une saison de résultats décisive. À Paris, le CAC 40 a consolidé après son record de la mi-janvier: à 8 131 points en clôture lundi, l’indice se situe environ 3% sous son pic du 14 janvier (8 396,7 points). La volatilité est restée contenue mais les flux se sont clairement repositionnés à l’approche des publications.
Après la spectaculaire capture de Nicolas Maduro, c’est l’épisode groenlandais qui a dominé l’actualité. La menace douanière brandie par Washington contre plusieurs pays européens, puis le retrait partiel du scénario avec l’évocation d’un “cadre d’accord” à l’Otan, ont fait alterner aversion et retour graduel au risque. À peine le spectre d'une guerre commerciale transatlantique s'éloignait-il que les foudres de Washington se tournaient vers le Canada et la Chine, accentuant un peu plus le manque de visibilité.
En parallèle, la crispation autour de l’indépendance de la Réserve fédérale s’est invitée au premier plan: enquête pénale visant Jerome Powell, spéculations sur la nomination imminente de son successeur et interrogations sur la capacité du prochain président de la Fed à fédérer le FOMC autour de la trajectoire des taux. L’attentisme est entretenu par les risques de shutdown, les Démocrates menaçant de bloquer le budget de la sécurité intérieure, après la mort de deux personnes à Minneapolis, tuées par des agents de l’ICE (la police de l’immigration).
Au milieu de toute cette agitation, Wall Street tient le choc. Depuis le 1er janvier, les grands indices américains évoluent ainsi en territoire positif, avec un Dow Jones qui gagne 2,8%, un S&P 500 à +1,5% et un Nasdaq 100 qui progresse de 1.8%. La tech américaine est donc plutôt en retrait pour le moment. Les 7 Magnifiques sous-performent même depuis trois mois, alors que des doutes ont émergé sur leur capacité à rentabiliser leurs énormes investissements dans l’IA.
À Paris, tout comme aux Etats-Unis, la séquence micro va nettement s’intensifier. A ce stade, seulement 13% des sociétés du S&P 500 ont dévoilé leurs chiffres et 75% d’entre elles ont annoncé un bénéfice net par action supérieur aux attentes. Selon le consensus Factset, les résultats devraient s’inscrire en hausse de 8,2% au quatrième trimestre. Surtout, les bénéfices par action sont attendus en hausse de 14.7% en 2026. C’est cet élément qui permet à la plupart des stratégistes d’anticiper une quatrième année de hausse à deux chiffres pour le S&P 500.
Ce scénario est soutenu par un environnement macro solide. Le PIB américain a réaccéléré au second semestre 2025, et l’inflation a continué à décélérer malgré les craintes sur l’impact des droits de douane. En 2026, la croissance devrait être légèrement supérieure, grâce au plan de baisses d’impôts voté par le Congrès l’été dernier et aux récentes baisses de taux de la Fed.
Dans ce contexte peu lisible, le CAC 40 s’inscrit en phase de consolidation. Parmi ses composantes, les écarts de performance apparaissent très importants. Depuis le début de l’année, ArcelorMittal s’adjuge 15,2%, Eurofins 13,2%, Thalès 11,3%, BNP Paribas 10,1% et Engie 8,8% tandis que Danone et Stellantis cèdent 14,1%, Renault 10,1%, LVMH et Kering 8,5%.
En données hebdomadaires, la configuration de l’indice parisien reste positive, soutenue par la moyenne mobile à 20 semaines. Sur un horizon de temps plus court, le biais s’avère plus négatif. Il faudra désormais surveiller la sortie du range 8000/8362 points pour plus de visibilité. Une sortie par le haut de cette zone ouvrirait la voie aux 8500/8600 points.
Dans le cas contraire, sous les 8000 points, on pourra s'attendre à des dégagements de plus forte ampleur qui pourraient rapidement ramener le CAC 40 vers les 7919/7787 points.
Un retour dans cette zone basse constituerait néanmoins une opportunité pour revenir à l’achat à moindre risque.



















