Nokia revoit à la baisse ses ambitions pour cette année. Le bénéfice opérationnel attendu est désormais compris entre 1,6 et 2,1 milliards d’euros contre 1,9 à 2,4 milliards précédemment. Le coupable est principalement le dollar qui ne cesse de reculer ces derniers mois. L’entreprise estime à 230 millions d’euros l’impact négatif des taux de change sur son résultat opérationnel annuel tandis que les droits de douane devraient coûter entre 50 et 80 millions supplémentaires.
Le problème est plus structurel
La situation est préoccupante puisqu’elle intervient dans un contexte où la demande reste globalement faible pour les grands équipementiers télécoms. Les opérateurs freinent sur les investissements réseaux. C’est une tendance qui pénalise aussi bien le suédois Ericsson, dont les résultats publiés la semaine dernière ont servi de signal d’alerte, que Nokia, qui se bat désormais pour maintenir ses marges.
Citigroup veut toutefois tempérer puisque le broker américain souligne que cette révision est avant tout liée à des facteurs exogènes – devises, droits de douane – et non à un effondrement de la demande ou à une érosion brutale des marges.
Il n’en reste pas moins que les dix dernières années de Nokia n’ont rien d’une success story. Et que 2025 ne devrait pas changer la donne. En 2016, le groupe réalisait 23,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’an dernier, les revenus n’étaient que de 20,3 milliards d’euros soit une baisse de 15%. Une décennie quasi perdue donc, d’autant plus qu’entre temps, Nokia a enchaîné un exercice 2020 avec des pertes abyssales (2,4 milliards) et que la position concurrentielle a été challengée.
Que reste-t-il donc à Nokia pour envisager les prochaines années sous de meilleurs auspices ? L’acquisition d’Infinera, un spécialiste américain des réseaux optiques longue distance et des circuits photoniques intégrés, est perçue comme un levier potentiel de relance. Et le développement de l’infrastructure liée à l’intelligence artificielle pourrait offrir des opportunités. Dans les réseaux optiques, Nokia reste bien positionné. Le domaine est appelé à croître avec la montée en puissance des besoins en bande passante.
Pour l’heure, les vents à court terme sont trop puissants pour espérer quelque chose sur le titre. L’année 2025 sera dans la continuité des précédentes. La baisse du dollar et les tensions commerciales font mal.




















