(Alliance News) - Le parquet de Milan a annoncé mercredi que le Noyau spécial de la police monétaire a exécuté un décret de saisie préventive, émis par le juge des enquêtes préliminaires, portant sur les actions et les parts de quatre sociétés, dont trois sont cotées sur Euronext Growth Milan, détenues par trois individus. Une somme de plus de 100 000 EUR, considérée comme le produit du délit présumé de manipulation de marché, a également été saisie. Parallèlement, dix interrogatoires préventifs ont été notifiés à autant de suspects.

Selon les informations rapportées mercredi par les agences de presse, l'enquête concerne le groupe OPS, actif dans les secteurs des télécommunications et des médias, et compte parmi les suspects l'administrateur délégué Ciro Di Meglio.

Les chefs d'accusation incluent la manipulation de marché, l'entrave à l'exercice des fonctions des autorités de surveillance, la diffusion de fausses informations sociales pour les sociétés cotées, la formation fictive de capital, le détournement de fonds publics et la responsabilité administrative des sociétés pour des délits commis dans leur intérêt.

Selon le parquet, l'administrateur délégué et le directeur général des sociétés cotées, avec le concours de 33 autres personnes parmi lesquelles des conseillers, des commissaires aux comptes, des administrateurs et des professionnels, auraient réalisé des opérations visant à souscrire des augmentations de capital fictives, à drainer les liquidités des sociétés cotées, à obtenir des financements garantis par l'État pour les détourner de leur finalité initiale et à utiliser de manière abusive des emprunts obligataires convertibles non standards, pour une valeur totale supérieure à 30 millions EUR.

Les investigations, menées avec la collaboration de la Commissione Nazionale per le Società e la Borsa (Consob), auraient établi que les sociétés cotées, notamment afin de « retarder l'état de détresse financière gravissime dans lequel elles se trouvaient », auraient conclu des contrats de financement avec une société britannique. En échange des liquidités fournies, celle-ci devait recevoir une quantité d'actions correspondant au montant du prêt, en plus de commissions s'élevant à 5 %.

Selon les enquêteurs, le véritable souscripteur aurait été en réalité une société italienne, dont les parts ont été saisies, tandis que les liquidités utilisées proviendraient de sociétés liées à l'administrateur délégué lui-même ainsi que des sociétés cotées concernées.

Toujours selon le communiqué du parquet, ce schéma, « selon la thèse de l'accusation », constituerait un délit de manipulation de marché, tant informationnelle qu'opérationnelle, permettant à l'administrateur d'obtenir un « avantage économique » via la vente des nouvelles actions émises dans le cadre des emprunts obligataires convertibles et l'encaissement de commissions substantielles.

Le mécanisme aurait en outre « trompé et lésé le marché » par la dilution du nombre d'actions en circulation consécutive à la conversion des obligations, entraînant ainsi leur dépréciation.

Par Antonio Di Giorgio, reporter Alliance News

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