JPMorgan partait de haut, de très haut même, c'est-à-dire d'un point qui, déjà l'an passé, ressemblait à un sommet de cycle, tant en termes de performance économique que de valorisation boursière.

Néanmoins, les Cassandre qui craignaient une inflexion devront encore attendre un tour, car la banque dirigée par le toujours très tonitruant Jamie Dimon continue littéralement d'exploser les compteurs en 2026.

Sur les neuf premiers mois de l'année, son profit avant provisions augmente de 17%. Comme les provisions diminuent, elles, de 19%, ce qui peut surprendre dans un contexte de remontée violente des taux d'intérêt, son résultat net bondit de 20%. 

La rentabilité des fonds propres atteint exactement le même niveau. Ces fonds propres, au passage, progressent encore de 6%, tandis que le dividende déclaré s'accroît, lui, de 8% par rapport à la même période de l'an passé.

Les trois segments - banque de détail, banque d'affaires et gestion d'actifs - sont en feu, en particulier le second, depuis longtemps le plus rentable, avec des profits et des volumes de prêts accordés en forte croissance. 

Le relèvement des taux met donc du vent dans les voiles de JPMorgan, pour l'instant. Son produit net d’intérêts gagne 11%, tandis que ses revenus issus des différents services progressent eux de 20%, face à des coûts en augmentation de 14%.

Longtemps décriés par Jamie Dimon, ce qui était un drôle de paradoxe, les rachats d'actions réalisés à trois fois la valeur comptable tangible expliquent que le bénéfice par action progresse encore plus vite que le bénéfice consolidé. 

Celui-ci passe en effet de 15,41 à 19,24 dollars entre les neuf premiers mois de l'exercice 2025 et ceux de l'exercice 2026, soit une hausse de 25%, supérieure de 500 points de base à celle du bénéfice consolidé.

Le directeur général de JPMorgan a cependant eu gain de cause : divisés par huit par rapport à la même période de l'an passé, et par six par rapport au trimestre précédent, ces programmes de rachats de titres diminuent désormais fortement.

Dans sa conférence aux analystes, Jamie Dimon expliquait en effet que sa banque obtenait des retours sur investissement supérieurs en réorientant son capital vers ses activités. 

Voir à ce sujet JPMorgan rachète ses actions à tour de bras, au grand dam de son patron.