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Brexit : Pourquoi l’exode vers Paris ne s'est pas (encore ?) réalisé

05/02/2021 | 18:23
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Depuis l’annonce du Brexit en 2016, Paris est au front. Elle espère devenir la principale destination des entreprises de la City souhaitant continuer à opérer au sein de l'Union européenne. Un pari qui semble en bonne voie puisqu’elle serait jusqu’ici devant Francfort en nombre de relocalisations post-Brexit. Mais l’exode tant attendu ne s’est pas produit.

Depuis 2016, près de 7.500 emplois ont été transférés – ou sont en passe de l'être – depuis la Grande-Bretagne vers l'Ile-de-France, selon les chiffres de Choose Paris Region, l'agence chargée de la promotion de la région. Et parmi eux, 47 % concernent les entreprises du secteur financier.

Sur 369 projets en cours de développement, 184 auraient d’ores et déjà pris leur décision de s’installer en Ile-de-France, pour une perspective de près de 5.000 emplois confirmés, dont 3.500 emplois directs pour les projets financiers. Quelques 133 autres seraient toujours à l'étude, avec environ 2.500 postes à la clé. Enfin, 52 projets concernent une autre destination.

« La dynamique s'accélère en faveur de Paris en ce début d'année 2021. Elle concerne d'abord les banques de financement comme Bank of America, JP Morgan, Goldman Sachs et aussi Citigroup, qui augmentent leurs équipes de manière un peu plus importante que ce qui était prévu en ce début d'année 2021. D'autres banques internationales britanniques, chinoises et canadiennes sont aussi en train de renforcer leurs équipes », note Arnaud de Bresson, Délégué général de Paris Europlace, organisation en charge de développer et promouvoir la place financière parisienne.

Paris tire son épingle du jeu

« Maintenant, ce sont des fonds d'investissement qui commencent à accélérer leurs projets de relocalisation. Nous avions déjà des fonds importants comme BlackRock, et venons de recevoir la confirmation de l'arrivée à Paris de Citadel. D'autres fonds de taille moyenne devraient suivre, ainsi que des fonds de gestion alternative, en plus des sociétés de gestion françaises, qui sont revenues de Londres en grande partie. Et ce mouvement va s’accélérer », ajoute-t-il.

Les investissements directs internationaux dans le secteur financier ont ainsi progressé de 14 % entre 2018 et 2019 en Ile-de-France, alors que la région économique du Greater London a enregistré une baisse de 29 % sur la même période.

« Les plateformes de trading londoniennes n'ont pas reçu l 'équivalence de la part de l'Europe, ce qui a conduit à relocaliser certaines activités, notamment au niveau des plateformes multilatérales de négociation, concurrentes des bourses historiques, comme CBOE Europe, Turquoise et Aquis, qui ont implanté une filiale en Europe pour conserver leurs marchés », explique Antoine Pertriaux, responsable de la recherche du cabinet de conseil Adamantia.

Pour autant, l’exode annoncé ne s’est pas vraiment produit. Les transferts d'emplois financiers réalisés ou à l’étude atteignent pour le moment moins de 10 000 cas, à comparer aux 400 000 emplois dans les secteurs financiers basés à Londres, selon l’Office for National Statistics.

L’attentisme des acteurs financiers

« On ne pouvait pas s'attendre à une relocalisation massive des banques vers l'Europe, dans la mesure où la place londonienne reste un centre financier de premier plan au niveau international et que le Brexit n’impacte, finalement, qu'un certain nombre d'activités, principalement liées aux produits libellés en euros. Les grands acteurs internationaux ont pris les devants de la perte du passeport Européen pour pouvoir continuer à servir les clients européens depuis le continent, mais une grosse part de leur activité reste de toute façon localisée dans la City. Donc il n'était pas question de faire un transfert massif en Europe. En tout cas, pas à ce stade », estime le responsable de la recherche d’Adamantia.

Cependant, certaines entreprises du secteur financier pourraient attendre d’en savoir plus sur les modalités du Brexit avant de prendre la décision de délocaliser.

Car si le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni a perdu son passeport, la question des services financiers a été omise de l’accord sur le Brexit. Certaines équivalences pourraient être accordées… ou pas. « Le cadre définitif des relations entre Bruxelles et Londres en ce qui concerne le secteur financier reste encore à définir. Le mois de mars a été annoncé pour un Memorandum of Understanding entre la Grande-Bretagne et l’Europe », note Antoine Pertriaux. Et jusqu’ici la Commission européenne n’a accordé qu’une seule équivalence de 18 mois au Royaume-Uni sur les chambres de compensation, chargées de vérifier notamment que l’acheteur possède les fonds nécessaires et que le vendeur est propriétaire en bonne et due forme. Car ici, la Commission n’a pas eu le choix, la City dominant très largement le marché dans ce domaine.

Source : Bank for International Settlements

« Nous n'avons pas vraiment d'alternative européenne, mis à part Eurex Clearing qui a lancé un service concurrent. Londres concentre aujourd’hui la liquidité sur ces produits et la partie des produits libellés en euros reste petite. L'intérêt pour les entreprises d'investissement d'utiliser une chambre de compensation unique tient dans les gains au niveau des appels de marge, du collatéral, et les effets de netting entre les différents produits. Être obligé de fragmenter cette liquidité vers les chambres de compensation européennes n'est pas plébiscité par les acteurs des services financiers », explique Antoine Pertriaux.

La bataille ne fait que commencer

Mais pour Arnaud de Bresson, la question est déjà réglée : « La perte du passeport européen a lieu le 1er janvier 2021. Les discussions qui commencent en ce moment entre Londres et Bruxelles porteront sur des sujets limités et qui ne remettront pas en cause le mouvement qui est en train de se produire. Les autorités européennes ont décidé d'accorder une équivalence ponctuelle aux clearing houses londoniennes. L’idée étant que les chambres de compensation puissent se développer en Europe continentale, et la place de Paris travaille activement sur ce sujet ».

La bataille entre l’EU et Londres promet en tout cas d’être acharnée. L’Union Européenne ne compte pas laisser le Royaume-Uni continuer à jouer le rôle de place financière de l’Europe qu’elle avait jusqu’ici, Londres abritant un tiers de toute l'activité des marchés des capitaux de l'UE et 90 % de la compensation des produits dérivés libellés en euros.

De son coté, Londres, « libérée » des règles de Bruxelles, pourrait adopter des règles moins contraignantes. Rishi Sunak, le ministre britannique de la Finance a déclaré en décembre dernier que le Brexit est une occasion pour le Royaume-Uni de « repenser » son offre en matière de services financiers.

Pour l'heure, la City est largement devant Paris. Elle se situe au deuxième rang mondial du classement des places financières les plus compétitives Global Financial Centres Index 2020, contre un 23e rang pour la capitale française.

Car si l’Union Européenne possède de nombreux centres financiers, aucun n’est capable à l’heure actuelle de répliquer l’ensemble des services disponible en un seul lieu dans la City. Toutefois, Arnaud de Bresson estime qu’elle dispose de nombreux atouts : « C’est la seule autre place universelle en Europe, comparable à Londres, c'est à dire avec des activités multiples et la présence de grandes entreprises, d'une industrie financière diversifiée et d’autorités de régulation compétentes. Même Francfort, qui est derrière Paris, est une capitale régionale et pas une capitale universelle. Si elle est très développée dans le secteur bancaire, elle ne l’est pas tellement dans les autres compartiments ».

Vers un monde multipolaire

En effet, Paris n’est pas seulement leader en matière de capitalisation boursière dans l’UE, mais aussi en ce qui concerne la gestion des actifs, les produits dérivés et le marché de l’assurance. Dans les obligations d'entreprises, elle possède 35% de parts de marché en Europe. Elle est aussi numéro un dans le capital investissement en Europe des 27, ainsi que dans le secteur de la finance durable, dont le développement fait partie de la stratégie de Paris Europlace.

« La France sera de loin le plus grand marché de capitaux de l'UE de l'autre côté du Brexit avec une part de l'activité totale d'environ 24 %, devant l'Allemagne avec 20 %. Ce sera le plus grand marché de l'UE dans 16 des 28 secteurs que nous avons examinés, devant l'Allemagne avec huit secteurs » prévoit le think-tank New Financial.

Source : Paris Europlace

Mais Paris souffre de sa fiscalité plutôt moins favorable aux entreprises qu’à Londres. Même si il faut reconnaître que le gouvernement a multiplié les efforts ces dernières années, en supprimant l'impôt sur la fortune sur les actifs financiers et en prévoyant une réduction du taux de l'impôt sur les sociétés à 25 % d'ici 2022.

« Je pense que Londres, globalement, va perdre de sa superbe, mais gardera une position de premier plan au niveau international. Paris a une carte à jouer dans la mesure où elle a LCH SA, la chambre de compensation qui compense le marché Euronext, et qui pourrait étendre ses activités sur le clearing des dérivés. Elle a aussi une position privilégiée pour les banquiers d’affaire sur les activités de capital investissement et de M&A », déclare Antoine Pertriaux. Pourtant, il estime que Paris ou Francfort ne vont soudainement remplacer Londres. « Le Brexit ne va pas conduire à la création d'un nouveau Londres européen. L'activité sera partagée entre les différentes centres, qui devraient se spécialiser avec des majeurs suivant les domaines : trading, post marché, asset management, etc. Dublin se positionne plutôt sur ce qui est activité de back office, avec sa proximité géographique et culturelle avec Londres, le Luxembourg reste un pays très attractif de par sa fiscalité, notamment sur le secteur de la gestion d'actifs, et Amsterdam est la destination de choix pour les plateformes de trading alternatives ».


© Zonebourse.com 2021
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Réagir à cet article
Span81 - Il y a 2 mois arrow option
Article intéressant... Londres n'a pas grand chose à craindre
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