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CREDIT SUISSE  :  de crise en crise

CREDIT SUISSE : de crise en crise

Retour de flamme pour Crédit Suisse qui a tenté, le week-end dernier, de rassurer ses clients, investisseurs et salariés sur sa santé financière, mise à mal depuis le début de l’année. Les commentaires de la direction, en amont de la présentation de la nouvelle stratégie prévue à la fin du mois, ont eu l’effet inverse et enflammé les réseaux sociaux et semé la graine de la rumeur : que la banque allait procéder à une levée de capitaux.  Le spread sur ses CDS (pour Credit Default Swaps, des mécanismes de protection contre un éventuel défaut) a atteint un point haut annuel vendredi, battu dès lundi par un nouveau pic. La situation a l'air de s'être un peu détendue à l'heure où j'écris ces lignes. Ce nouvel écueil n’était pas nécessaire. Il n’est pas rare que l’actualité tumultueuse de l’institution suisse occupe les pages de Zonebourse, et nous lui avons, au cours des derniers mois, dédié notre Une à plusieurs reprises, notamment avec :  Le “Fallait pas l’inviter” d’Anthony Bondain.  Le précédent Clin d’oeil de la rédaction dédié à l'institution,  Une liste non-exhaustive des déboires de la banque.   Dessin d'Amandine Victor pour Zonebourse  
ZB Le 05 octobre 2022 à 15:55
Sale quart d'heure pour l'Europe

Sale quart d'heure pour l'Europe

Les vastes réductions d’impôts promises par le gouvernement de Liz Truss, à l'encontre totale de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre, ont provoqué une chute vertigineuse des Gilts. La situation du marché obligataire britannique, sur lequel repose le système de retraites du pays, a donc forcé la BoE à lancer en urgence un programme d’achat d’obligations. En tout et pour tout, un peu plus de 65 milliards de livres sterling, injectés à un rythme effréné de 5 milliards de livres par jour pendant treize jours, serviront à racheter des obligations britanniques. Dans le même temps, la livre sterling a connu une chute brutale, qui a entraîné une dépréciation de près de 25% face au dollar américain depuis le début de l’année.  Du côté de l’Union Européenne, la crise énergétique ne semble pas prête de s'arrêter. Le 27 septembre, trois fuites inexpliquées sont apparues sur les gazoducs Nord Stream, reliant la Russie à l’Allemagne en mer Baltique. Un incident rarissime mais qui s’est produit de façon fort surprenante trois fois en moins d’une journée. Pour la Première ministre danoise, cela ne fait pas de doute, il s’agit ni plus ni moins que d'actes délibérés. Une idée partagée par Ursula von der Leyen, qui assure que cet “acte de sabotage” visant les infrastructures énergétiques européennes “ne restera pas sans conséquence”. Ambiance électrique… Arrivée en tête des législatives, Giorgia Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italia, devrait prochainement prendre la tête du gouvernement italien. La réaction des marchés obligataires fut relativement faible, bien que les mesures de son programme économique soient qualifiées "d'impayables" par beaucoup, y compris dans les rangs de sa coalition. Une inquiétude que partagent banques et agences de notation dont les rapports font état d'une explosion des déficits en cas d'application du programme électoral. Or la confiance des investisseurs dans la politique budgétaire de Rome est cruciale pour la stabilité des rendements obligataires italiens. Rendements qui avoisinent d’ores et déjà 4,6% pour les obligations à 10 ans. Avec une politique budgétaire trop déficitaire, et non-conforme aux règles dictées par la BCE, l’Italie pourrait perdre près de “191,5 milliards d'euros de prêts et subventions", prévenait l'ancien Premier ministre Silvio Berlusconi. Une évaporation dont se passeraient bien les finances transalpines puisque la dette publique culmine déjà à quelque 150% du PIB Italien. Un scénario qui n'est pas sans rappeler la situation grecque où les taux obligataires à 10 ans flirtent avec les 5% et l’inflation atteint 11,4% en glissement annuel. L’Automne-Hiver 2022 s’annonce compliqué en Europe. Dessin signé Amandine Victor : Sale quart pour l'Europe
ZB Le 30 septembre 2022 à 12:17
L'étau se resserre, ou serait-ce une fake news ?

L'étau se resserre, ou serait-ce une fake news ?

Ce matin, nous apprenions que la procureure générale de l’Etat de New York annonçait, à l’issue d’une enquête de trois ans sur le groupe familial Trump Organization, des poursuites contre l’ancien président des Etats-Unis et ses enfants pour fraude fiscale et fausses déclarations. Elle avance des évaluations d'actifs trompeuses ou “grossièrement gonflées”, réclame 250 millions de dollars de réparations et que Donald, sa fille Ivanka, et ses fils Donald Junior et Eric, ne soient plus en mesure de diriger des sociétés commerciales ou d’emprunter auprès de banques agréées pendant cinq ans.  Rappelons que cette même organisation est déjà sous le coup d’une accusation distincte pour fraude fiscale, et que l’ancien directeur financier du groupe a déjà plaidé coupable.  Plus tôt cette semaine, une autre manœuvre de Trump était contrée. Alors que ce dernier s’opposait à l'examen des dossiers classifiés saisis dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, la cour d’appel en charge du dossier a permis la poursuite des examens par le FBI.  La semaine dernière, nous relations les difficultés de Truth Social, le réseau social lancé par l’ancien président. Aux problèmes techniques et à la très faible base d’abonnés venaient s'ajouter des tracas de financement de la plateforme. Digital World Acquisition Corp, le SPAC qui devait fusionner avec le réseau social, n'a pas réussi à obtenir un soutien suffisant de la part des actionnaires pour prolonger l’accord et conclure la transaction. Une situation pas plus glorieuse du côté de ses soutiens politiques. Si certains républicains tournent le dos à leur ancien chef, d’autres tombent dans l’escarcelle de la justice. Mike Lindell, allié de Trump, fait l'objet d'une enquête fédérale pour vol d'identité et pour avoir conspiré en vue d'endommager un ordinateur protégé lié à une violation présumée de la sécurité du matériel de vote au Colorado.  Enfin, en Georgie, une affaire mêlant faux électeurs et pression du politicien sur un haut fonctionnaire pour qu'il "trouve" suffisamment de votes pour annuler sa défaite contre Biden dans cet État, est sur la table.  Une rentrée corsée, vous dis-je. Sans surprise, Trump nie toutes ces accusations et formule des contre-attaques, à la sauce habituelle, composée des ingrédients qui ont fait son succès dans le passé : "chasse aux sorcières”, “fake news”, acharnement et autres appels à la victimisation.  Dessin d'Amandine Victor pour Zonebourse  
ZB Le 22 septembre 2022 à 17:34
L'ours avait des pieds d'argile

L'ours avait des pieds d'argile

Mais cette victoire de Kiev n’est pas la seule débâcle de Moscou. Au sein même de ses rangs, Vladimir Poutine fait face à une défiance grandissante. Plusieurs élus de Saint-Pétersbourg et  de Moscou ont déposé officiellement à la Douma (le parlement local) une demande de destitution du Président, qu’ils accusent de haute trahison pour avoir déclenché une guerre avec son voisin. Même du côté des soutiens pro-guerre du tsar, certains s’agaceraient de l’absence de succès franc de l’armée soviétique dans ce conflit entamé il y a plus de 200 jours.  Ce n’est pas tout. Car le conflit se joue aussi sur les réseaux sociaux, à coup de photos et de vidéos, censées soutenir le récit officiel des belligérants. Et c’est là que le bât blesse. Entre les images de soldats russes volant des bicyclettes dans les campagnes ukrainiennes pour fuir en pédalant le théâtre de leur échec, celles des drapeaux ukrainiens flottant de nouveau au sommet des cités reprises, celles de l'impressionnante quantité de matériel militaire russe abandonné sur place ou détruit par les soldats, la piètre préparation des hommes du Kremlin et la qualité déplorable des équipements de l’armée soviétique commencent à se faire plus visibles.  Dernier aveu de faiblesse en date : le remplacement des chars russes. La grande patrie aurait perdu au combat un millier de tanks de nouvelle génération depuis février. En manque de blindés, la Russie aurait ressorti de ses entrepôts de vieux T-62, des chars conçus au début des années 1960, dont la fraîcheur laisserait à désirer. Le pays peinerait aussi à réparer ses équipements plus modernes, faute de pièces.  Enfin, les enregistrements des communications de soldats russes appelant leur famille et décrivant l’état désastreux du petit matériel, le manque de carburant, l’absence de rations, et le délitement des troupes, a fini de saper le message victorieux clamé par les russes ces derniers mois, et par là même, le moral des troupes du maître du Kremlin.    Dessin d'Amandine Victor pour Zonebourse  
ZB Le 15 septembre 2022 à 18:02
That was fun

That was fun

« Nous pleurons profondément la disparition d’une souveraine chérie et d’une mère bien aimée. Je sais que sa perte sera profondément ressentie dans tout le pays, les royaumes et le Commonwealth, ainsi que par d’innombrables personnes dans le monde entier. » Le président de la Confédération Suisse Ignazio Cassis a également exprimé son admiration pour celle qu’il surnomme «le compas du monde». «Avec la mort de la reine, le monde perd un point d’ancrage», a-t-il déclaré devant les médias. Certes bien moins important, mais le décès de Queen Elizabeth II est synonyme de nombreuses modifications pour de nombreux États du Commonwealth. Le célébrissime hymne national “God Save the Queen” va également retrouver sa version originale de 1745 soit “God save the King". Si le changement est ici peu contraignant, il pourrait l'être davantage pour les 4.5 milliards de billets de banque en circulation. Les billets portant le visage de la reine vont devoir disparaître pour laisser place à d'autres affichant le portrait du nouveau monarque. Mais que les nouveaux collectionneurs, ou désormais grands nostalgiques, se rassurent, cela devrait prendre un peu plus de deux années. Aussi, les armoiries royales vont probablement être modifiées. Celles-ci, représentant un lion et une licorne rampant sur un bouclier, sont largement utilisées dans les locaux du gouvernement et sur les articles de papeterie. Elles devraient être modifiées si le nouveau roi Charles III décide de représenter le Pays de Galles sur l'écu, idem pour l'étendard royal. "Pour vous, c'était votre Reine. Pour nous, c'était LA Reine.” - E.Macron Elizabeth II en quelques dates : 21 avril 1926 : Naissance à Londres 10 décembre 1936 : Abdication de son oncle Edward VIII. Le père d’Elizabeth, George VI, monte sur le trône 20 novembre 1947 : Épouse Philip Mountbatten 14 novembre 1948 : Naissance de Charles, prince héritier 15 août 1950 : Naissance d’Anne, princesse royale 6 février 1952 : Mort du roi George VI 8 février 1952 : Elizabeth II est proclamée reine de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, cheffe du Commonwealth, gouverneure suprême de l’Eglise d’Angleterre et commandante en chef des forces armées britanniques 2 juin 1953 : Cérémonie du couronnement dans l’abbaye de Westminster Avril 1957 : Première visite officielle en France 19 février 1960 : Naissance d’Andrew, duc d’York 10 mars 1964 : Naissance d’Edward, comte de Wessex 24 janvier 1965 : Mort de Winston Churchill, premier 1er ministre de la reine 29 juillet 1981 : Le prince Charles épouse Lady Diana Spencer 21 juin 1982 : Naissance du prince héritier William, fils de Charles et Diana 1992 : Divorces d’Andrew et Anne Décembre 1992 : Séparation du prince Charles et de Lady Diana Mai 1994 : Inauguration du tunnel sous la Manche en compagnie de François Mitterrand 1996 : Divorce du prince Charles et de Lady Diana 31 août 1997 : Mort de Lady Diana dans un accident de la circulation à Paris 9 février 2002 : Mort de Margaret, sœur de la reine 30 mars 2002 : Mort d’Elizabeth, mère de la reine 29 avril 2011 : Mariage du prince William, duc de Cambridge, petit-fils de la reine, et de Catherine Middleton Mai 2011 : Première visite en Irlande depuis son indépendance en 1922 2012 : Soixante ans de règne (Jubilé de diamant) 27 juillet 2012 : La reine inaugure les Jeux olympiques de Londres 19 mai 2018 : Mariage du prince Harry, petit-fils de la reine, et de Meghan Markle 9 avril 2021 : Mort du prince Philip, duc d’Edimbourg, époux de la reine 8 septembre 2022 : Mort à 96 ans
ZB Le 09 septembre 2022 à 14:32
Accrochez vos ceintures

Accrochez vos ceintures

Fait suffisamment rare pour le noter, la France fait partie des bons élèves européens. Placé en 4e position des pays européens à la plus faible inflation, l’hexagone affiche “seulement” une hausse de 6.1 points de pourcentage sur un an. Un joli score qui permet de nous glisser juste derrière Malte (6.1%), la Suisse (3.4%) et le Liechtenstein (2.5%). Même le traditionnel premier de la classe européen, l’Allemagne, reçoit une moins bonne note (+7.5% YoY). Plus surprenant encore, le Royaume-Uni se prend les pieds dans le tapis avec +9.4% de hausse de l’IPC depuis le début d’année. Taux d’inflation qui le place tout juste sous la moyenne européenne de +9.6%. Les 10 pays européens à la plus faible inflation YoY (tradingeconomics.com) Les 10 pays européens à la plus importante inflation YoY (tradingeconomics.com) Tous les pays de la planète ne peuvent malheureusement pas se vanter d’avoir mis en place un bouclier inflationniste performant. Si la France s’en sort relativement bien, notamment grâce aux initiatives de quelques entreprises privées et publiques, certaines nations sont embourbées dans un étau inflationniste depuis de nombreuses années. Le pouvoir d’achat de leur monnaie s'érodant bien avant le conflit Ukraino-Russe. Bien avant aussi l’impression monétaire tonitruante des banques centrales. Si le Zimbabwe est médaille d’or sur un an (+257%), d’autres pays comme le Venezuela ou l’Argentine sont champions hors catégorie sur la dernière décennie. Avec une moyenne annuelle de 539% d’inflation par an entre 2012 et 2022, soit à une hausse totale de 11 291 723 881% sur 10 ans, il vous faudra probablement sortir une belle liasse pour souscrire à un abonnement Zonebourse en Bolivar Vénézuélien. Pour retrouver l’ensemble des taux d'inflation mondiaux : ici
ZB Le 12 août 2022 à 10:20
Nancy la menace

Nancy la menace

La présidente de la Chambre américaine des Représentants s’est donc rendue cette semaine à Taïwan, cette île au large de la Chine, dont l’Empire du Milieu ne reconnaît pas l’indépendance et qu’il considère toujours comme une extension extra-continentale de son territoire. Elle y est venue en amie, affirmer le soutien des Etats-Unis à cette démocratie de 24 millions d’habitants.  Et ça n’a pas plu. La visite de cette petite dame âgée de 82 ans a déclenché la colère de Xi Jinping et entraîné tout-un-tas de démonstrations militaires à but d’intimidation et à tendance virile autour de Formose (comme il était coutume d’appeler Taïwan au 20ème siècle).  Car Xi Jinping n’aime pas qu’on vienne mettre le bazar dans ses affaires. Ce monsieur, âgé lui de 73 ans, s’est donc fâché tout rouge, brandissant menaces et réprimandes, envoyant avions de chasse et militaires tournoyer autour de l’île, jusqu’à à peine 20 kilomètres de côtes. Belle démonstration de la puissance de l’Empire.  Mais Nancy est-elle réellement une menace ? Et Taïwan est-il en mesure de riposter à une éventuelle attaque de la Chine, pays qui comptait 1,402 milliard d’habitants en 2020 ? Pas vraiment. La stratégie chinoise reposerait en fait sur une intimidation à long terme, qui isolerait Taïwan, à termes, de tous ses soutiens, jusqu’à ce que la Chine n’ait plus qu’à cueillir le fruit mûr, juste avant qu’il ne tombe seul de sa branche.     
ZB Le 04 août 2022 à 17:20
Un ours à peine assoupi

Un ours à peine assoupi

À défaut de l’avoir lu, papy Biden a dû intervenir dans ce climat social tendu afin de rassurer tout le monde : “Les États-Unis ne connaîtront pas de récession” a-t-il affirmé en début de semaine. Depuis, poussé par des résultats qui, s’ils ont beau ne pas toujours être bons, ont en tout cas été accueillis comme tels (s/o Amazon), le marché grapille de nouveau 3% depuis lundi. Les marchés semblent donc reprendre un peu du poil de la bête, end of the quote. “En bourse comme en amour, passer d’un extrême à l’autre est plus rapide qu’on ne pourrait le penser” - Nos étoiles contraires. L’euphorie éphémère semble s'être réemparée des marchés depuis quelques jours. À l’image d’Amazon, qui, en dépit d’une perte de parts de marché dans le cloud, d’une croissance inférieure à l’inflation et de marges qui fondent, a gagné 13,5% après la clôture. Mais au pays de l’Oncle Sam, même si les chiffres du géant à l’étranger sont catastrophiques - ventes nettes en recul de 12% - tant que ça monte en Amérique du Nord (+10% YoY), ça monte en bourse. Fort heureusement, tout le monde n’a pas le droit à ces traitements de faveur outre-Atlantique. Meta Platforms a également publié hier. Avec des marges opérationnelles qui passent de 43% à 29% en une année, un chiffre d’affaires qui recule de 1% et des FCF qui se divisent par deux, le titre perd 5%. Les résultats vont se poursuivre et joueront un rôle prépondérant dans l’orientation du marché ces prochains jours. Ce soir seront publiés les résultats des pétrolières Chevron et Exxon Mobil. S’en suivront en début de semaine prochaine les résultats de S&P Global, Caterpillar, Starbucks, Paypal et AirBnB. Les taureaux pourraient ainsi poursuivre leur rebond, mais attention à ne pas réveiller l’ours à peine assoupi. Source : Zonebourse.com
ZB Le 29 juillet 2022 à 11:30
Sommet en vue ?

Sommet en vue ?

Transitoire, temporaire, éphémère, provisoire… Ces synonymes caractérisent un événement de courte durée. Mais par rapport à quoi ? Un jour est une courte durée face à un an. Et un an face à un siècle. Ces mots ont été utilisés maintes fois pour qualifier la période de haute inflation que nous traversons. Il y a un peu moins d’un an, le 16 octobre 2021, la présidente de la BCE Christine Lagarde déclarait que “l’inflation est en grande partie transitoire”, alors que la zone euro connaissait une hausse des prix de 3,4%. La Banque de France annonçait en septembre de l’année dernière attendre un pic d’inflation pour la fin d’année 2021.  Nous sommes en juillet 2022 et la semaine dernière, le département américain du Travail a annoncé que la hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis avait accéléré le mois dernier pour atteindre un sommet de plus de 40 ans, en raison des niveaux élevés des tarifs à la pompe et dans l'alimentation. L’inflation américaine a atteint 9,1% en juin, et 8,6% pour la zone euro. Transitoire ? Pas vraiment… Pour être honnête, les économistes des grandes banques centrales n’avaient très certainement pas inclus l’hypothèse d’une invasion russe de l’Ukraine, raréfiant ainsi l’offre de pétrole et de gaz, et mettant à mal l'approvisionnement mondial en ressources alimentaires de base. OECD Chart: Inflation (CPI), Total, Annual growth rate (%), Monthly, Nov 2020 - Jun 2022 Évolution de l'inflation des USA, de la France et de la zone euro (OCDE) Il serait donc plus prudent d’être clair et vigilant lors de l’utilisation des termes cités ci-dessus, ce sans quoi la sphère économique n’hésitera pas à vous le faire payer en cas d’imprévu. Tout est donc question d’échelle, dont nos amis dirigeants des banques centrales auraient bien besoin pour grimper le massif de l’inflation. Rendez-vous au prochain sommet !
ZB Le 21 juillet 2022 à 17:39
Un amour impossible

Un amour impossible

Voici la chronologie du feuilleton du rachat de Twitter par Elon Musk : Je t'aime... Un peu :Le 14 mars 2022, Elon Musk acquiert une participation de 5% au capital de Twitter. Il dispose alors d'un délai de 10 jours pour déclarer publiquement sa position. Pourtant il met 21 jours à divulguer sa participation. 21 jours plus tard, le 4 Avril, Musk publie un document à la SEC (régulateur américain) indiquant une prise de position, non pas de 5%, mais de 9,2% dans Twitter, faisant de lui le plus grand actionnaire individuel du réseau social. Résultat ? L'action Twitter grimpe de 27% en une journée. Musk accepte par la suite d'entrer au conseil d'administration.   Beaucoup : Le 10 Avril, Musk annonce refuser d'entrer au conseil d'administration, le CEO de Twitter Parag Agrawal disant que "c'est pour le mieux". Seulement 4 jours après, le 14 Avril, Musk annonce sa volonté de racheter le réseau social pour la somme de 43,3 Mds$. Le lendemain, le conseil d'administration dévoile une "pilule empoisonnée", permettant aux actionnaires autres que Musk, d'acquérir de nouvelles parts dans Twitter à un prix dérisoire, ce qui a pour but de diluer la position du milliardaire excentrique.  I made an offer https://t.co/VvreuPMeLu — Elon Musk (@elonmusk) April 14, 2022 Passionnément : La semaine suivante, le 21 Avril, Musk dit avoir réuni plus de 46 Mds$ de financement pour l'acquisition de Twitter, et se dit prêt à négocier avec le board. 4 jours après, Twitter accepte l'offre de Musk à 54,20 $ par action, ce qui valorise la compagnie à près de 44 Mds$. Une clause de 1 Md$ est inscrite dans le dossier en cas de rupture du processus d'acquisition par une des parties.   Attendez une minute, pas tant que ça en fait : Elon Musk annonce le 13 mai sur twitter que la transaction est "en pause", en l'attente des chiffres réels de faux comptes et de bots sur le réseau, dont il souhaite qu'ils représentent moins de 5% de tous les comptes. Il se dit cependant toujours décidé à procéder à l'acquisition. 3 jours plus tard, Parag Agrawal déroule une longue liste de tweet concernant le problème des faux comptes. La réponse de Musk ? Un émoji caca. Le lendemain, il persiste et dit que l'acquisition ne peut pas se poursuivre tant qu'il n'a pas les informations nécessaires, au contraire de Twitter qui se dit "déterminé à conclure la transaction au prix et aux conditions convenus aussi rapidement que possible." 💩 — Elon Musk (@elonmusk) May 16, 2022 Plus du tout : Le 6 juin, Musk menace désormais de se retirer complètement de l'accord de fusion avec Twitter, car l'entreprise a commis une "violation matérielle évidente" de ses obligations en ne lui fournissant pas les informations concernant les bots et faux-comptes. Dans une lettre rédigée par ses avocats à l'intention des dirigeants de Twitter, on peut lire que "Musk estime que Twitter refuse de manière transparente de se conformer à ses obligations au titre de l'accord de fusion, ce qui renforce les soupçons selon lesquels l'entreprise retient les données demandées". Un mois après, le 8 juillet, Musk indique mettre fin à l'accord d'acquisition à cause d'informations "fausses et trompeuses", estimant que Twitter n'a pas respecté de nombreux engagements. Le président de Twitter Bret Taylor publie le même jour un tweet indiquant qu'il compte bien conclure l'acquisition aux termes signés auparavant, en faisant valoir le dossier auprès de la Cour de Chancellerie du Delaware. Le 12 juillet, Bret Taylor annonce que "Twitter a intenté une action en justice auprès de la Cour de chancellerie du Delaware afin d'obliger Elon Musk à respecter ses obligations contractuelles". Et comme toute histoire d'amour qui se finit mal, la conclusion se fera devant une cour de justice. Affaire à suivre...
ZB Le 14 juillet 2022 à 17:03
Charbon 1 - ENR 0

Charbon 1 - ENR 0

En France, le ministère de la Transition énergétique a fait savoir dimanche 26 juin que le gouvernement se prépare à faire redémarrer la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, en cas de besoin pour l'hiver prochain. "Nous allons par mesure de précaution être en capacité d'utiliser ces centrales à charbon si nous devons faire face à un pic", a précisé la ministre Agnès Pannier-Runacher. C'est l'allemand Uniper qui opère Saint-Avold. Intensité carbone de la production énergétique européenne. Instantané du 01/07/2022 à 11h10 (Source Electricitymap.org) L'intensité carbone s'accroît du vert (intensité la plus faible) au marron foncé (intensité la plus forte) En Allemagne, où la dépendance aux énergies fossiles russes est très élevée, le redémarrage des centrales au charbon est aussi à l'ordre du jour. "C'est douloureux, mais c'est une pure nécessité dans cette situation pour réduire la consommation de gaz", a déclaré le ministre de l'Économie Robert Habeck, membre du parti des Verts. C'est le prix à payer pour éviter un chantage politique, a-t-il ajouté. En Allemagne, les autorités ont aussi prévu de mettre en place un système d'enchères dans les semaines à venir pour inciter l'industrie à consommer moins de gaz. Dans le même temps, l'opérateur du marché allemand du gaz obtiendra des ressources de la part de KfW pour remplir rapidement les sites de stockage de gaz. Quel pays européen dépend le plus du gaz russe ? En Autriche, le gouvernement a demandé à Verbund de convertir une centrale électrique de réserve alimentée au gaz pour produire de l'électricité avec du charbon. L'Italie a prévu de mettre en place des mesures visant à réduire la consommation, notamment le rationnement du gaz pour certains utilisateurs industriels, l'augmentation de la production dans les centrales électriques au charbon et la demande d'importations supplémentaires de gaz auprès d'autres fournisseurs dans le cadre. Au Royaume-Uni, le gouvernement a demandé à Electricité de France de maintenir en activité sa centrale au charbon de West Burton pendant l'hiver. Des discussions sont aussi en cours pour les deux autres centrales de ce type qui sont encore opérationnelles dans le pays (Ratcliffe, opérée par Uniper et Kilroot, par le tchèque EPH). Hey Ho, Hey Ho (Dessin d'Amandine Victor)
ZB Le 01 juillet 2022 à 14:22
Chute de Biden, Powell suspecté

Chute de Biden, Powell suspecté

La fameuse chute en vélo est venue mettre un coup supplémentaire sur le crâne de ce bon vieux Joe Biden (aucune allusion à son âge), qui ne cesse de perdre en popularité auprès de ses citoyens. Raillé majoritairement pour son âge, et plus rarement pour ses décisions politiques (toujours imputées à sa proximité avec l’octogénat), le président américain, successeur de Donald Trump, doit faire face à un climat politique et économique plutôt tendu. Entre guerre en Ukraine, tensions entre Chine et Taïwan, climat économique délétère et chute en popularité, le président Biden ne doit plus savoir où donner de la tête. Biden was +500 to fall off his bikeCan’t believe we hit that ✅ pic.twitter.com/4CqqQp8Vfg — Sports Gambling Guides (@SGG_hq) June 18, 2022 À l’approche des élections de mi-mandat (midterms), équivalent américain des élections législatives françaises, la chute du président américain ne joue pas en sa faveur et risque de le décrédibiliser, lui et son parti. Biden, en fonction depuis janvier 2021, a hérité d’un pays qui tentait de se relever de la crise COVID, notamment grâce à des taux d’intérêt historiquement bas et à l’achat massif d’actifs par la Réserve Fédérale et par les autres banques centrales.  Malheureusement, ces injections abondantes de liquidités dans l’économie ont contribué à l’émergence d’une inflation intense et persistante, mettant à mal l’activité économique du monde entier. Pour endiguer ce problème, les banques centrales ont fait volte-face et cessent désormais progressivement leur assouplissement quantitatif, le tout accompagné du relèvement des taux d’intérêt. Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, ce resserrage économique fait désormais peser la menace d’une récession généralisée, de plus en plus probable selon les principales banques américaines. Finalement, le responsable de la chute de Joe Biden, tant en vélo qu’en popularité, ne serait-il pas Jerome Powell ? La question mérite d’être posée.
ZB Le 23 juin 2022 à 17:58
Les ours n'hibernent qu'en hiver

Les ours n'hibernent qu'en hiver

La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Bank of England et même… la Banque nationale suisse ! Toutes ont enfin procédé au premier tour du resserrement monétaire tant attendu. Les banques centrales se sont vues contraintes d’agir pour endiguer une inflation torride (qu’elles ont elles-mêmes alimentée) qui fait fondre depuis plusieurs mois le pouvoir d’achat des consommateurs et le portefeuille des investisseurs. Ce resserrement, qui se traduit par une hausse généralisée des taux d’intérêt des banques centrales, sonne la fin de la récréation dans un marché habitué à l’argent facile et aux performances annuelles à deux chiffres des indices. La perception actuelle ? Que le monde d’après ne verra sûrement plus autant de valeurs médiocres s’adjuger des gains exponentiels d’année en année. Ces hausses de taux pourraient également porter un coup de frein au Nasdaq, indice à la mode des quinze dernières années grâce à ses valeurs technologiques.  Le monde des cryptos n’échappe pas non plus au serrage de ceinture puisque la MOAC (mother of all cryptos), le Bitcoin, semble vouloir creuser encore plus bas avoir retrouvé le niveau des 20k$, atteint pour la dernière fois en décembre 2020. Il faut dire que la fulgurante ascension du prix des cryptomonnaies n’était sans aucun doute pas étrangère à l’abondant flux de cash qui émanait des banques centrales ces dernières années.  En attendant, nous, analystes, allons quitter des yeux les marchés quelques instants pour aller se détendre au bord de notre lac favori, accompagnés de notre ours de compagnie temporaire. En espérant qu’il retourne hiberner cet hiver…voire avant. 
ZB Le 16 juin 2022 à 17:10
La danse du ventre, un exercice périlleux

La danse du ventre, un exercice périlleux

Hypocrisie, cynisme, renoncement, ambivalence, inflexion diplomatique majeure. Voilà certains des qualificatifs utilisés pour illustrer la position du président américain face à l’Arabie Saoudite. Alors que Joe Biden avait placé le pays du Golfe sur sa liste noire, il s’apprêterait, dans le cadre de sa tournée européenne, à faire un détour par la péninsule arabique pour y rencontrer le prince, selon une information du New York Times, ainsi que d’autres dirigeants moyen-orientaux. Deux raisons principales à ce possible revirement.  La première, c’est l’envolée des prix du pétrole bien sûr. Les sanctions occidentales qui pèsent sur les hydrocarbures russes ont poussé les prix à la pompe vers des sommets, et une partie du peuple américain tient Biden pour direct responsable de cette situation. Il devrait donc inciter l’Arabie Saoudite à augmenter sa production de pétrole brut pour calmer l'inflation de l’or noir, et la colère de ses citoyens par la même occasion. Enfin ré-inciter, car l’OPEP, emmenée par Riyad, a déjà récemment sensiblement dopé sa production à la demande des occidentaux.  L’autre cause résiderait dans une légère inflexion des saoudiens vis-à-vis des demandes de la Maison Blanche : le renouvellement de la trêve de deux mois au Yémen. L’Arabie Saoudite, qui soutient militairement le gouvernement yéménite face aux rebelles Houthistes, a accepté de promouvoir la poursuite du cessez-le-feu et des mesures d’aides au peuple local, qui devaient prendre fin la semaine dernière.  Si la date de la rencontre entre les deux hommes n’est pas encore confirmée, et qu’elle pourrait même, selon certaines sources, être repoussée au mois de juillet, la Maison Blanche a bien confirmé la volonté du président américain de concrétiser ce face-à-face.  L’inflation justifie-t-elle les moyens diplomatiques ? Il semblerait que oui.    Dessin d'Amandine Victor pour Zonebourse    
ZB Le 09 juin 2022 à 15:54
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