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Saint Argent-Gratuit priez pour nous

Saint Argent-Gratuit priez pour nous

La bamboche du début de semaine sur les marchés actions a cédé la place à un lendemain de cuite chez les investisseurs, qui viennent d'encaisser deux séances de marche arrière. Pas encore de quoi annihiler un bilan hebdomadaire positif, mais pas non plus de quoi être totalement serein pour achever la semaine. Hier, les actions occidentales ont perdu entre 0,3% en Allemagne et 1% aux Etats-Unis, en passant par des replis voisins de 0,8% en France, en Suisse et au Royaume-Uni. Comme ce fut le cas la veille, c'est le secteur pétrolier qui, seul, a tenu la baraque, pendant que les autres s'enfonçaient plus ou moins profondément dans le rouge. La décision de l'Opep+ de réduire le débit du robinet de production n'y est bien sûr pas étrangère, même si elle a provoqué la colère des dirigeants occidentaux. Ce que je viens d'écrire n'est pas tout à fait vrai : l'automobile a aussi clôturé dans le vert, même si les raisons de l'engouement pour le secteur ne sont pas faciles à comprendre. A ce propos, Porsche AG, fraîchement entrée en bourse, est devenu le constructeur européen le mieux valorisé en bourse : avec une capitalisation de 82,65 Mds€, il devance sa maison-mère Volkswagen (79 Mds€) et leur compatriote Mercedes (57,6 Mds€). Stellantis n'est pas très loin (40 Mds€), à l'inverse de Renault qui est toujours dans les limbes (8 Mds€). Pour l'anecdote, Tesla (755 Mds$ de capitalisation) pèse autant que les onze constructeurs qui le suivent dans le classement (soit Toyota, BYD, Porsche AG, Volkswagen, Mercedes, General Motors, Ford, BMW, Stellantis, Honda et Ferrari). La dernière séance de la semaine devait être marquée par le tic-tac du compte à rebours précédant les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en septembre, dont la publication aura lieu à 14h30. Bon objectivement, ce sera le cas, mais un double événement nocturne s'est invité dans le paysage. J'en parle après, juste le temps de rappeler l'enjeu de la statistique américaine de l'après-midi. En début de semaine, le marché s'est dit que les premiers signaux de tensions dans l'économie américaine allait probablement conduire la Fed à se montrer moins jusqu'au-boutiste dans sa politique monétaire restrictive. D'où une chute des rendements obligataires et un +6% pour le S&P500 en deux séances lundi et mardi. Pour la faire courte, cet après-midi les financiers seraient preneurs de mauvais chiffres pour l'emploi aux Etats-Unis, parce que cela rapprocherait le point de bascule du retour de la Fed à une politique pro-croissance. Et plus les chiffres seront mauvais, plus ce scénario prendrait du poids. A contrario bien sûr, un marché du travail américain qui resterait stoïque face au changement de conditions économiques a toutes les chances de désespérer les investisseurs, qui ne savent pas vraiment à quel Saint se vouer à part Saint Argent-Gratuit. L'événement nocturne dont je parlais plus haut est un double avertissement dans le secteur des semiconducteurs. L'américain Advanced Micro Devices (AMD) a prévenu que ses ventes du troisième trimestre ont été inférieures aux attentes. Le titre perd 4,5% hors séance. En parallèle, le géant coréen Samsung Electronics a lui aussi fait état de résultats qui n'atteindront pas les anticipations sur la période. Les signaux négatifs envoyés par l'industrie des semiconducteurs, corrélée de près à la consommation, que ce soit à travers l'électronique grand public, l'automobile ou les produits connectés, ne sont pas vraiment de bon augure. A moins que cela ne serve les noirs desseins de ceux qui poussent pour que les banques centrales arrêtent de relever leurs taux ?  Mais je ne pouvais pas vous laisser sur cette mauvaise impression alors je suis allé chercher un secteur plus festif hier. Hormis bien sûr celui précité opportunément protégé par un cartel, il fallait aller sur le cannabis, dont les valeurs se sont envolées aux Etats-Unis après que Joe Biden a accordé le pardon fédéral à toutes les personnes condamnées pour simple possession de marijuana. "Personne ne devrait être en prison juste pour avoir utilisé ou possédé de la marijuana", a même twitté le président. L'industrie s'est envolée en interprétant cela comme les prémices d'une plus grande libéralisation. Les points de vue sont partagés. Un voici un qui soutient la mesure du président américain, tandis que celui-ci est plus conservateur. En ce qui concerne l'investissement, Zonebourse avait roulé en son temps une liste thématique dédiée. Mais restons sérieux : la semaine s'achève en baisse en Asie Pacifique, mais le bilan hebdomadaire est positif. Sur la séance de vendredi, le marché japonais perd 0,7% pendant que le Hang Seng abandonne 1,3%. La bourse de Sydney boucle elle aussi en retrait (-0,8%). Les places boursières de Chine continentale sont restées fermées toute la semaine pour la fête nationale. Les indicateurs avancés européens sont baissiers après les annonces d'AMD et Samsung, mais on aura compris que le véritable couperet de la séance est attendu à 14h30. Le CAC40 a démarré la séance en baisse de 0,15%. Les temps forts économiques du jour Après la production industrielle allemande d'août (8h00), le marché se tournera vers les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis (14h30). Tout l'agenda macro ici. L'euro a plutôt reculé depuis hier à la même heure, à 0,9803 USD. L'once d'or a reperdu un peu de terrain à 1710 USD. Le pétrole préserve les gains obtenus à l'annonce d'une réduction de la production de l'Opep+, avec un Brent de Mer du Nord à 94,17 USD le baril et un brut léger américain WTI à 88,29 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans poursuit sa remontée à 3,82%. Le bitcoin reste scotché autour de 20 000 USD l'unité. Les principaux changements de recommandations AP Moller Maersk : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 18 500 DKK. ArcelorMittal : Deutsche Bank reste à l'achat avec un objectif réduit de 37 à 33 EUR. CMC Markets : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 340 à 275 GBp. Drägerwerk : Kepler Cheuvreux reste à conserver avec un objectif réduit de 54 à 45 EUR. Kion : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 68 à 35 EUR. Poxel : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 3,50 à 4 EUR. Quantum Genomics : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif réduit de 7,90 à 6 EUR. PSP Swiss Property : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 135 à 120 CHF Rathbones : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 1800 à 1720 GBp. Renault : Oddo BHF passe de neutre à surperformance en visant 55 EUR. SGS : J.P. Morgan reste neutre avec un objectif de cours réduit de 2350 à 2300 CHF. Sika : Crédit Suisse reste à surperformance avec un objectif réduit de 384 à 367 CHF. Temenos : Research Partners reste à l'achat avec un objectif réduit de 190 à 170 CHF. En France Annonces importantes (et moins importantes) Vinci signe le contrat de conception-construction du premier terminal de gaz naturel liquéfié d'Allemagne. Le groupe a placé en parallèle 650 M€ d'obligations 10 ans à 3,375%. Saint-Gobain engagé sur la mise en œuvre d'un plan de sobriété énergétique. SVPGlobal a vendu le solde de ses actions Vallourec. Le public détient 71,2% de la société et le fonds Apollo 28,5%. Compagnie Plastic Omnium finalise l'acquisition de VLS pour 520 M€. Arkema développe de nouvelles capacités pour le Forane 1233ZD. C-Logistics (Cdiscount, Cnova) renforce son partenariat industriel avec le groupe La Poste/GeoPost. La technologie à membranes de Gaztransport & Technigaz retenue pour équiper un important projet de recherche international. Le directeur de la création d'Ubisoft quittera le groupe fin novembre. Gaussin lève 4 M€ par placement privé à 4,67 EUR. Banc of California a accepté le report de 3 mois de l’échéance de tous les encours d’Egide USA Inc. et Santier (Egide). Newen (TF1) rachète Anagram. Valbiotis va commercialiser ses produits en direct en France et avec des tiers ailleurs. Immobilière 3F signe un partenariat avec Hoffmann Green Cement. Hydrogen Refueling Solutions, Groupe Pizzorno, LDC et Ecomiam ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Le résultat opérationnel de Samsung est inférieur aux attentes du consensus au T3. Advanced Micro Devices perd 4,5% hors séance après avoir prévenu que son chiffre d'affaires du T3 sera inférieur aux attentes. La justice américaine suspend les audiences sur le contentieux Twitter jusqu'au 28 octobre. Crédit Suisse rachète 3 MdsCHF de dette. VTEX et Adyen signent un partenariat mondial pour accélérer le déploiement du commerce unifié. Targa Resources devrait remplacer Nielsen Holdings dans le S&P500. Tesla va livrer à PepsiCo le 1er décembre prochain son premier semi-remorque électrique. Principales publications du jour : EMS-Chemie, Tilray… Tout l'agenda ici. Lectures L'effet stabilisateur de l'inflation (Project Syndicate, en anglais). Pourquoi la CIA pensait que Poutine allait rapidement faire tomber l'Ukraine (The Intercept, en anglais). Patrick Radden Keefe, l’homme qui a révélé l’affaire des opioïdes aux Etats-Unis (Le Monde). Pourquoi la "big tech" détruit-elle du stockage qu'elle pourrait réutiliser ? (Financial Times, en anglais). Pourquoi la tech manque-t-elle encore de femmes ? (Le Temps). Panorama des startups européennes les plus en vue (Wired, en anglais).
ZB Aujourd'hui à 09:01
Le marché retrouve un peu de sa libido

Le marché retrouve un peu de sa libido

Après le gros rebond de début de semaine, les marchés actions ont tiré le frein à main mercredi. Les optimistes diront que c'est parce qu'il ont besoin de souffler, les pessimistes qu'il n'y a guère de matière pour alimenter la hausse. L'Europe a reculé d'environ 1%, que ce soit à Paris, à Zurich, à Bruxelles ou à Francfort. Le FTSE 100 britannique a limité son repli à 0,5%. Aux Etats-Unis, il s'en est fallu d'un cheveu pour que la séance clôture dans le vert. Le S&P500 a cédé 0,2% et le Nasdaq 100 moins de 0,1%. Wall Street aurait probablement terminé en hausse si Tesla n'avait pas perdu 3,5%. Mais pour cela, il aurait fallu qu'Elon Musk arrête de faire le guignol avec Twitter. Les revirements du dirigeant sur ce dossier lassent jusqu'aux investisseurs de son navire-amiral, Tesla. Les valeurs pétrolières sont les seules à avoir uniformément soutenu la hausse hier. Il faut dire que l'Opep+ a décidé de réduire sa production de façon plus marquée que prévu pour s'adapter à une demande mondiale qui ralentit. C'est bien sûr une façon pour le cartel de maintenir son emprise sur le cours du baril et de s'assurer qu'il restera haut perché. Comme je le disais en préambule, tous les regards vont se tourner vers le marché de l'emploi pour la fin de semaine, parce que ce sera un important vecteur confirmatoire ou infirmatoire pour le léger retour de libido entrevu chez les investisseurs. Cette question de l'emploi me fait penser à une anecdote qui devrait aboutir un peu plus loin à ce que je taille des croupières aux régulateurs de tout poil pour avoir laisser filer les choses. Mais n'anticipons pas trop et laissez-moi dérouler mon histoire, bande de malpolis (je vous préviens, je sais à peu près où je veux aller mais le GPS est HS). Donc cet été, j'eus l'occasion de véhiculer l'un de nos stagiaires vers l'apéritif organisé par mon principal séide sur la jolie terrasse qu'il possède face à la Tournette (l'équivalent annécien du Pão de Açúcar de Rio, en moins exotique). Lors du transport, j'entrepris notre jeune collègue sur mon ras-le-bol de recevoir uniquement des candidatures de post-ados boutonneux passionnés de cryptos autoproclamés spécialistes de l'analyse technique. Et possiblement plus riches que moi. Je vous le demande : où sont donc les apprentis-journalistes sans le sou vaguement gauchistes ? me lamentais-je. Notre stagiaire, faisant preuve d'une étonnante faculté d'analyse du haut de ses 20 ans, me répondit en substance : "bah il faut les comprendre, ils ont passé deux ans à récupérer 50 fois leur mise en investissant sur des monnaies marrantes, des produits numériques torchés en 20 minutes ou des actions qu'ils ont fait décoller en partant d'une blague sur un forum de geekos". Tout en me notant de ne pas oublier de dégainer une proposition d'embauche de ce petit effronté à la première occasion, je répliquais faute de mieux, avec ma meilleure imitation de Perceval le Gallois "ouais, c'est pas faux". Avant d'ajouter à l'endroit de mon interlocuteur "ben oui, les petits malins comme toi, ,vous êtes trop rapides pour le vieux monde de la finance". A un point tel que c'en est presque terrifiant. D'ailleurs, Bernard Madoff a préféré décéder plutôt que de continuer à assister à ça. A son époque, un Ponzi ancienne école, c'était 150 ans de prison. Ça avait de la gueule. Aujourd'hui, n'importe quelle personne un peu entreprenante peut convaincre des gens de toutes sortes, des plus sophistiqués aux plus bas de plafond, de les suivre avec des promesses de gains énormes en un temps record sans se fatiguer. Bien sûr, plein d'histoires se sont mal terminées. La plupart en fait, et m'est avis qu'on n'a encore vu que la partie émergée de l'iceberg. Mais le plus grave, et c'est d'ailleurs la clef du succès, c'est que les autorités chargées d'éviter ça sont inutiles parce que leurs outils, leurs effectifs et leurs procédures sont devenues obsolètes et dérisoires en un temps record. Cette démission collective de la régulation est générale et valide de facto un monde à deux vitesses. On a d'un côté des métiers hyper-régulés et assez bien surveillés, comme la banque ou le conseil en investissement, qui sont enfermés dans un carcan réglementaire pour le moins étroit et qui ne fait plus vibrer grand monde. Et de l'autre un Far West intégral : influenceurs cryptos, magiciens de l'investissement, applis fintechs, SPAC, forums de manipulation, créateurs de jetons, plateformes de NFT. J'y ajoute ma petite touche personnelle avec le business des OCABSA et autres financements dilutifs en France, qui permet à des sociétés zombies d'enrichir des financeurs et des dirigeants sur le dos d'actionnaires crédules qui n'ont pas intérêt à compter sur les autorités pour les protéger, puisqu'il y a longtemps qu'elles ont détournée le regard de ces pratiques. Le pire dans tout ça, c'est que l'exemple vient d'en haut. Des Elon Musk ou des Ryan Cohen font la pluie et le beau temps, trichent, manipulent et mentent et il ne leur arrive pas grand-chose. En plus ils sont sympas et parfois même rigolos (pour les illustrations de la façon dont les régulateurs ont laissé filer les choses, lire ces deux articles de Doomberg sur AMC Entertainment et sur Bed Bath & Beyond). Dans de telles conditions, pourquoi n'importe qui n'irait pas faire la même chose ? Je doute que la l'AMF ou a fortiori la SEC lisent mes délires matinaux, mais il faudrait quand même songer à se réveiller, ne serait-ce que pour m'aider à recruter. Mais trêve de divagations. Les places boursières d'Asie Pacifique sont parties dans tous les sens ce matin. Au Japon, le Nikkei 225 gagne 0,9% pendant que le Hang Seng de Hong Kong fait une pause à -0,3% après son envolée de la veille. L'ASX200 australien stagne, le KOSPI coréen est en forme (+1,5%) et le Nifty indien aussi (+0,7%). La Chine continentale poursuit le cours de sa semaine fériée. Les indicateurs avancés européens ont l'air prêts pour reprendre leur ascension. Le CAC40 gagne 0,3% à 6004 points peu après l'ouverture.  Les temps forts économiques du jour Cap sur l'emploi américain avec l'étude Challenger de septembre (13h30) et les données hebdomadaires de l'inscription au chômage (14h30). Tout l'agenda macro ici. L'euro est ferme à 0,9913 USD. L'once d'or grappille quelques cents à 1719 USD. Le pétrole a bondi hier à l'annonce d'une réduction des quotas de production de l'Opep+, sans s'envoler non plus, avec un Brent de Mer du Nord à 93,46 USD le baril et un brut léger américain WTI à 87,87 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans est remonté à 3,74%. Le bitcoin évolue autour de 20 400 USD. Les principaux changements de recommandations Accor : Barclays passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 21 EUR. Adecco : UBS reste à l'achat avec un objectif réduit de 45 à 35 CHF. Anglo American : Berenberg passe d'acheter à conserver en visant 3000 GBp. ArcelorMittal : UBS passe d'achat à neutre en visant 23 EUR. Arkema : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 131 à 100 EUR. Boliden : Berenberg restes à conserver avec un objectif de cours réduit de 360 A340 SEK. Crédit Suisse : J.P. Morgan passe de souspondérer à neutre en visant 6 CHF. Datagroup : Baader Helvea passe d'acheter à accumuler en visant 81 EUR. EDP Renováveis : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 24,50 à 27 EUR. Embracer : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 150 à 115 SEK. Givaudan : Kepler Cheuvreux passe de conserver à acheter en visant 3600 CHF. GN Store : Jefferies démarre le suivi à sous performance en visant 115 DKK. Johnson Matthey : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 2400 à 2300 GBp. Kardex : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 175 CHF. Mediobanca : Jefferies démarre le suivi à conserver en visant 9,40 EUR. Metso Outotec : J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 9,70 EUR. Nemetschek : Barclays reste à pondération en ligne avec un objectif réduit de 70 à 57 EUR. Petra Diamonds : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 200 GBp. Segro : RBC passe de performance sectorielle à surperformance en visant 900 GBp. Spire Healthcare : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 251 à 240 GBp. TeamViewer : Barclays reste à pondération en ligne avec un objectif réduit de 15 à 11 EUR. Verbund : Citigroup passe de vendre à neutre en visant 85 EUR. Vestas : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 167 à 151 DKK. Yellow Cake : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 500 à 600 GBp. En France Annonces importantes (et moins importantes) STMicroelectronics investit pour produire des composants d'électrification. Engie lance un programme de rachat d'actions. Electricité de France pourrait vendre l'italien Edison alors que le processus de nationalisation s'enclenche. Carrefour émet 500 M€ d'obligations "vertes" 2028 à 4,125%. Rio Tinto et Voltalia signent un contrat d'achat d'électricité d'origine solaire de 148 MW en Afrique du Sud. Antin Infrastructure Partners réalise le premier closing de son Fonds V avec une levée de plus de 5 Mds€. Colas a finalisé l'acquisition du groupe Hasselmann. Une OPR / RO à 44,20 EUR l'action vise Groupe IRD. Lhyfe va développer une usine de 200 MW à Delfzijl (Pays-Bas). Aramis boucle l'acquisition d'Onlinecars. Wallix lance une offre de cybersécurité industrielle. Cellectis présentera des données précliniques sur des cellules “smart” CAR T lors de la réunion annuelle de la Society for Immunotherapy of Cancer. Gaussin signe un partenariat avec Symbio. Esker et SEIITRA s'allient pour accélérer la dématérialisation des documents. Osmozis, Audacia, Bilendi, Foncière Inea, Safe Group, Quantum Genomics, Electricité et Eaux de Madagascar ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) General Electric licencie 20% de ses effectifs dans le secteur de l'éolien terrestre aux Etats-Unis. Twitter et Elon Musk en pourparlers pour mettre fin au litige et permettre la clôture de la fusion. Sacyr songe à des cessions pour accélérer en direction de ses objectifs de moyen terme. Nexans signe le contrat Empire Wind pour alimenter New York en énergie renouvelable. La Norvège augmente la taxe sur l'industrie pétrolière de 2 MdsNOK en 2023. Imperial Brands va racheter 1 Md£ d'actions. Holcim achète un groupe britannique de recyclage de matériaux. Principales publications du jour : Constellation Brands, Seven & I, Conagra, Levi Strauss, McCormick… Tout l'agenda ici. Lectures D'où vient la recommandation d'un chauffage à 19°C (Le Monde). Nobel de chimie 2022: Quel intérêt de la chimie "clic" en santé ? (Heidi News). Aux origines de la guerre en Ukraine (Project Syndicate). Le gisement de gaz géant que l'Europe ne peut pas utiliser (Bloomberg, en anglais). Armée française: les chiffres qui font peur (L'Opinion). Pour Meta s'est planté avec le commerce en ligne (The Information, en anglais). NFT : faut-il vraiment brûler l’art pour qu’il flambe ? (Libération). Pourquoi est-il si difficile de réformer les niches fiscales ? (The Conversation). Est-ce qu'un accident financier majeur a été évité au Royaume-Uni (Intelligencer, en anglais).
ZB Le 06 octobre 2022 à 09:03
Les planètes s'alignent au forceps

Les planètes s'alignent au forceps

J'ai écrit lundi que vous aviez peu de raison de croire mes élucubrations si je pronostiquais que les marchés allaient rebondir de 10% cette semaine. Finalement, j'aurais peut-être dû présenter la chose sous un jour plus avantageux, ce qui m'aurait fait passer pour une sorte de gourou ou du moins pour un type relativement compétent dans les arts divinatoires. Ne vous moquez pas : par chez nous du côté d'Annecy, on vient de fort loin pour mes prophéties tirées des entrailles du reblochon. Hier, les indices boursiers ont enregistré une séance faste et assez largement répartie au niveau sectoriel. C'est d'ailleurs ce qui distingue ce rebond des soubresauts récents : ce n'est pas l'Energie contre la Technologie ou les valeurs Cycliques contre les Défensives, c'est une hausse assez généralisée. Le Nasdaq, le S&P 500 ou le DAX ont repris plus de 3%. Pour le CAC40, riche en valeurs de la consommation discrétionnaire, c'était même 4,2%. L'indice parisien a repris 6,4% en trois séances et repassé le cap symbolique des 6000 points. Comme je l'expliquais hier (j'ai l'air bien inspiré cette semaine, je devrais peut-être en profiter pour jouer au tiercé et demander une augmentation), les planètes boursières se sont à nouveau alignées, comme cela se produit parfois sans qu'on sache bien pourquoi. Les piliers de la hausse sont une phase de profonde déprime préexistante (i.e. les marchés avaient lourdement rechuté), un début de trimestre, une espèce de bruit de fond laissant penser que la Fed allait assouplir sa position. Et pour couronner le tout, un indice confirmatoire inattendu allant dans le sens de la théorie de l'assouplissement : la banque centrale australienne qui relève ses taux moins vite que prévu. D'où un puissant courant acheteur, qui ressemble à l'effet qui se produit quand on relâche un élastique en tension. Sans jouer les rabat-joie de service, mais un peu quand même, il faut un peu se méfier de ces envolées décérébrées. Il n'y a pas eu de signal macroéconomique fort pour cimenter le grand retournement qu'attendent tous les investisseurs en actions. Et s'il est indéniable que les perspectives de hausses de taux ont été revues en baisse par le marché (le rendement de la dette américaine à 10 ans a baissé à 3,63%, alors qu'il flirtait avec 4% il y a quelques jours), la dialectique est encore fragile. Mais elle pourrait s'étoffer cette semaine après deux indicateurs à surveiller de près : l'indice ISM de services américains de septembre qui sera publié cet après-midi et les chiffres de l'emploi US d'août, dévoilés vendredi. Si les données montrent qu'un ralentissement économique suffisamment marqué est à l'œuvre, le narratif sur l'assouplissement putatif de la position de la Fed va prendre du poids et permettra d'alimenter le redressement des actions (sur la base du principe "mauvaise nouvelle pour l'économie réelle / bonne nouvelle pour la finance" dont je parlais ici même hier). D'ailleurs, je ne sais plus quelle grande banque américaine soulignait la semaine dernière que les signaux d'affaiblissement du marché de l'emploi, parce qu'ils démontreraient que la banque centrale américaine parvient à réduire la surchauffe économique et donc à agir sur l'inflation, constitueraient un signal d'achat pour les valeurs cycliques. Je pose ça là au cas où, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. L'actualité est dominée ce matin par Elon Musk. Quand il ne lance pas des robots et qu'il ne donne pas son avis sur la façon dont il faut découper l'Ukraine, le génial et horripilant patron de Tesla rachète des trucs. En l'occurrence Twitter. Après des mois de drama, il va finalement casser sa tirelire pour s'offrir le réseau social dans les conditions initialement annoncées en avril, soit une facture de l'ordre de 44 milliards de dollars. Apparemment, Musk a bien senti que le procès lancé contre Twitter sur des questions de fiabilité du nombre d'utilisateurs réels avait peu de chances de tourner en sa faveur. Il y a probablement d'autres raisons à cela. Justement, l'Intelligencer développe ce matin une savoureuse théorie selon laquelle le déballage d'échanges privés entre riches patrons de la Silicon Valley, rendu possible dans le cadre du procès, commençait à gêner pas mal de proches de Musk. Il faut dire que de grands noms n'apparaissaient pas tellement à leur avantage, entre servilité envers l'homme le plus riche du monde, vacuité des discussions et sentiment un peu généralisé qu'il manipule jusqu'à des personnages réputés forts en caractère. Le lien vers l'article est tout en bas, dans la rubrique lectures. Twitter gagnait 22% hors séance cette nuit, signe que cette fois, le marché pense que Musk, tout fantasque qu'il est, n'aura pas d'autre choix que d'aller jusqu'au bout. Dans le reste de l'actualité des sociétés, la France va officiellement mettre fin à l'agonie boursière d'Electricité de France , qui dure depuis une quinzaine d'années, en proposant de racheter les actions qu'elle ne détient pas, 16% du capital, à 12 EUR pièce. L'offre est censée être lancée le mois prochain, mais elle va probablement passer par la case tribunaux, dans la mesure où les actionnaires minoritaires ont du mal à avaler la pilule par rapport à la valorisation atteinte par la société avant la crise financière. Les indices d'Asie Pacifique évoluent en hausse modérée. Sauf en Chine continentale, où la bourse est fermée toute la semaine pour la fête nationale, et à Hong Kong, où le Hang Seng, qui n'avait pas coté hier pour cause de jour férié et qui s'envole de 5% grâce à ses valeurs technologiques. Chez les indicateurs avancés occidentaux, c'est un peu moins la fiesta que la veille : il faut bien digérer les gains. Les places européennes sont attendues en baisse à l'ouverture. Le CAC40 perdait 0,7% pour un retour sur les 6000 points. Les temps forts économiques du jour S&P publiera tout au long de la journée les secondes lecture des indices PMI de septembre des principales économies (zone euro à 10h00 et USA à 15h45). Outre-Atlantique, il y aura aussi le rapport ADP sur l'emploi en septembre (14h15) et l'ISM des services (16h00). Tout l'agenda macro ici. Ce matin, la banque centrale australienne a relevé ses taux d'un quart de point à 2,60%, alors que le marché prévoyait 50 points de base. L'euro est remonté à 0,9961 USD. L'once d'or se négocie 1719 USD. Le pétrole se reprend aussi, avec un Brent de Mer du Nord à 91,46 USD le baril et un brut léger américain WTI à 86,20 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans se détend à 3,63%. Le bitcoin évolue autour de 20 200 USD. Les principaux changements de recommandations ASM International : Goldman Sachs reprend le suivi à l'achat en visant 365 EUR. Carl Zeiss Meditec : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 135 EUR. Crédit Suisse : HSBC réduit son objectif de cours de 6,20 à 4,90 CHF. Dechra Pharma : Berenberg démarre le suivi à conserver en visant 2850 GBp. EQT : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 275 SEK. GB Group : Jefferies reprend le suivi à conserver en visant 500 GBp. HBM Healthcare : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif réduit de 415 à 325 CHF. Huhtamaki : Berenberg reprend le suivi à l'achat en visant 40 EUR. Inficon : UBS reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 1220 à 1100 CHF. Kering : AlphaValue passe d'acheter à accumuler en visant 597 EUR. Neoen : Oddo BHF passe de neutre à surperformance. Novartis : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 107 à 106 CHF. Orkla : Barclays démarre le suivi à souspondérer en visant 70 NOK. Rieter : UBS reste neutre avec un objectif de cours réduit de 124 à 88 CHF. Roche : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 444 à 446,50 CHF. Sanofi : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 130 à 128 EUR. SII : Stifel démarre le suivi à l'achat en visant 60 EUR. Siltronic : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 115 à 90 EUR. Skistar : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 145 à 135 SEK. TFF Group : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 43 EUR. SSP Group : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 350 à 325 GBp. Zur Rose : Deutsche Bank reste à conserver avec un objectif réduit de 76 à 47 CHF. En France Annonces importantes (et moins importantes) Engie finalise la cession d'Equans à Bouygues pour 6,1 Mds€. La Commission européenne approuve le versement d'une aide à STMicroelectronics par l'Italie. La France donne le coup d'envoi du processus de nationalisation totale d'Electricité de France avec une offre publique d'achat en novembre, au prix de 12 EUR l'action. Gaztransport & Technigaz obtient une commande de Hyundai Heavy Industries pour la conception des cuves de sept nouveaux méthaniers. Valneva lève 102,9 M€ via une augmentation de capital. JCDecaux prend la forme de Société Européenne (SE). Casino a racheté 28,7 M€ d'obligations 2024 pour les annuler. Sidetrade poursuit son expansion en Amérique du Nord et s'installe au Canada. Mersen inaugure sa nouvelle usine coréenne. Abionyx recrute le dernier patient dans l'étude clinique de phase IIa avec CER-001 dans la septicémie. Enogia remporte l'appel à projets SMAC-FC dédié au développement de compresseurs hydrogène. Le président de Mauna Kea devient aussi directeur général. Europlasma met fin à son contrat de financement obligataire dilutif. Alan Allman réalise une augmentation de capital par placement privé, avec dilution de 0,4%. UV Germi choisi par EPUR (Veolia) pour équiper ses nouvelles unités dédiées à la réutilisation des eaux usées. BOA Concept rachète RobOptic. Vergnet réduit son nominal en attendant un regroupement d'actions. Osmozis, Audacia, Bilendi, Electricité et Eaux de Madagascar ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Probablement pour éviter une défaite au tribunal, Elon Musk annonce qu'il va mener à bien son acquisition à 44 Mds$ de Twitter. Philip Morris s'apprêterait à recevoir le feu vert de l'UE pour l'acquisition de Swedish Match pour 16 Mds$. Volkswagen demande à ses marques de "s'entraîner" à une entrée en Bourse. Tesco prévoit un bénéfice annuel inférieur à ses prévisions. Blackstone serait en négociation pour racheter les actifs électriques d'Emerson. Apple remplace sept fournisseurs chinois par six nouvelles entreprises. Nestlé boucle la vente de Mousline au français FnB. Sixt va déployer des voitures BYD dans le cadre d'un nouveau partenariat à long terme. Holcim finalise une acquisition en Pologne. Hasbro lance un programme pour augmenter ses bénéfices et prévoit une baisse de 15% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre. Exxon annonce de solides bénéfices au 3e trimestre grâce à la tarification du gaz naturel. Rockwell Automation annonce son intention d'acquérir CUBIC. Ackermans va racheter 70 M€ d'actions. Burkhalter rachète une entreprise d'électrotechnique à Berne. Principales publications du jour : Costco, Tesco, Grenke… Tout l'agenda ici. Lectures Une enquête sur les échecs révèle que le grand maître américain Hans Moke Niemann a "probablement triché" plus de 100 fois (Wall Street Journal, en anglais). Réforme des retraites : portrait-robot des Français de 65 ans (La Croix). Elon Musk va-t-il finalement racheter Twitter parce que ses amis de la Silicon Valley ont été humiliés ? (Intelligencer, en anglais). Pourquoi le temps ne va que vers le futur et jamais vers le passé ? (The Conversation). Les États-Unis de l'Amérique confédérée (The Atlantic, en anglais). L'avertissement des Trussonomics (Project Syndicate, en anglais).
ZB Le 05 octobre 2022 à 09:03
Le marché essaie une nouvelle partition

Le marché essaie une nouvelle partition

Les marchés financiers cherchaient des branches auxquelles se raccrocher pour démarrer octobre dans de bonnes conditions après un mensis horribilis (mon latin datant d'un temps que les moins de 30 ans peuvent à peine connaître, j’espère ne pas avoir commis de boulette). Il semblerait qu'ils aient trouvé Liz Truss sur leur chemin et que ça a fait l'affaire. C'est en tout cas l'histoire qu'on a vu circuler hier pour justifier les fortes hausses indicielles, notamment les gains de plus de 2% affichés en clôture par les trois principaux indices américains, le S&P500, le Dow Jones et le Nasdaq. Un peu plus tôt, l'Europe avait signé des progressions plus mesurées, mais le vieux continent avait fini la semaine précédente en vive hausse alors que Wall Street s'était cassé la margoulette. Liz Truss a-t-elle vraiment fait monter les marchés ? Eh bien pas directement. Mais disons qu'en renonçant aux réductions d'impôts prévues pour les hauts revenus, la première ministre britannique a annulé une partie du chaos qu'elle avait provoqué il y a quelques jours sur le marché obligataire de son pays, chaos qui avait envoyé le rendements des Gilts (les obligations d'Etat britanniques) au plafond, le moral des investisseurs dans leurs chaussettes et les actions au tapis, en contaminant au passage une bonne partie de la planète finance. En réalité, le nouveau gouvernement de Sa Majesté n'est revenu que sur la portion congrue de son projet budgétaire controversé, mais c'était celle qui portait la charge symbolique la plus lourde. Le marché adore les symboles, vous vous souvenez, c'est le syndrome Baloo (♬"il en faut peu pour être heureux"♬♪). L'annonce a fait fortement baisser le rendement des Gilts, a rendu les investisseurs gais comme des italiens quand ils savent qu'ils auront de l'amour et du vin et a permis aux actions de repartir de l'avant. Sans faire injure à Madame Truss, qui a déjà fort à faire en la matière dans son pays, les financiers américains ont surtout pris note de la dégradation d'un indicateur d'activité qu'ils suivent de près : l'indice des directeurs d'achats de l'Institute for Supply Management, plus communément appelé "ISM manufacturier", qui est publié le premier jour ouvré qui suit la fin d'un trimestre. Or l'ISM de septembre s'est fortement dégradé et se rapproche de la zone de contraction, signe que l'économie américaine patine. Et là, vous vous dites : mais pourquoi les marchés montent alors que l'économie patine ? Taadam, second syndrome de la matinée pour épauler Baloo : "Mauvaise nouvelle ? Bonne nouvelle !". Et oui, il faut s'y faire, plus que l'état de l'économie, les investisseurs guettent le moment où la Fed va arrêter d'être méchante, c’est-à-dire punitive pour les marchés actions. Or ce moment clef peut se produire de deux façons. Soit l'inflation s'évapore ou donne des signes d'évaporation. Soit la situation économique devient si calamiteuse que la banque centrale américaine est forcée de dire "bon OK, on n'a pas le choix, on arrête l'aspirateur à liquidités parce que le remède va finir par être pire que le mal". C'est en cela que les mauvaises nouvelles pour l'économie américaine peuvent devenir de bonnes nouvelles pour les financiers, qui ont hier revu en baisse leurs paris sur le pic de taux directeurs que la Fed va devoir atteindre, ce qui s'est matérialisé dans le recul du rendement des obligations d'Etat américaines. Si je ne vous ai pas trop perdu au-dessus, vous avez compris que la journée d'hier était propice à un rebond parce que les financiers se sont dits que les banques centrales n'iront pas aussi loin que redouté dans leurs hausses de taux. Et aussi parce que, même si ça a l'air complètement con expliqué comme ça, le début d'un mois et a fortiori d'un trimestre renforce la possibilité d'une inflexion dans la cervelle des investisseurs. D'ailleurs, l'histoire que le marché a commencé à se raconter hier est opportunément renforcée ce matin par la banque centrale australienne. Je m'explique : la RBA a relevé à potron-minet (pour nous, parce que là-bas c'était plutôt l'heure de la digestion de midi) ses taux directeurs de 25 points de base (pour les porter à 2,60%), alors que le marché misait sur une hausse de 50 points de base. Elle explique grosso modo dans son communiqué avoir pris le parti de modérer ses tours de vis pour éviter de trop peser sur l'économie, tout en indiquant que d'autres hausses seront nécessaires avant de reprendre le contrôle de prix. Cela va dans le sens du récit que les marchés financiers veulent entendre : des banques centrales fermes mais plutôt sur la voie d'un assouplissement de leurs discours. L'ASX 200, l'indice de Sydney, ne s'y trompe pas puisqu'il s'envole de 3,5% ce matin après l'annonce de la RBA. Tout cela reste hyper fragile bien sûr, mais on sent bien que cette narration est assez puissante en ce début de semaine, en attendant les prochaines échéances importantes, comme les chiffres de l'emploi en septembre aux Etats-Unis, qui tomberont vendredi, puis les premières publications trimestrielles, à partir de la semaine prochaine. En réalité il y a déjà quelques annonces sporadiques cette semaine, comme le relèvement des prévisions de chiffre d'affaires du suisse Sika ce matin, un acteur du BTP qui a un bon pouvoir de fixation sur les prix. Dans le reste de l'actualité, la bourse brésilienne, déjà à créditer de l'une des meilleures performances de l'année 2022, s'est adjugée hier 5,5% à la clôture. On peut appeler cela une "hausse Bolsonaro", parce que les financiers ont bien noté que l'actuel président brésilien très à droite n'est pas aussi distancé que prévu dans la course à un second mandat face au candidat de gauche Lula. Le second tour prévu le 30 octobre s'annonce serré, d'autant que les bons connaisseurs de la politique locale estiment que Bolsonaro a plus de potentiel de ralliement que son rival. Les marchés d'Asie Pacifique sont en vive hausse : les progressions dépassent 3% au Japon sur le Topix et donc en Australie sur l'ASX200, et sont supérieures à 2% pour la Corée du Sud et l'Inde. Les marchés chinois sont fermés : toute la semaine en Chine Continentale pour la fête nationale et ce jour uniquement à Hong Kong pour le Festival de Chung Yeung. Les places européennes sont attendues en vive hausse à l'ouverture. Le CAC40 démarre la séance en hausse de 1,1% à 5859 points. Les temps forts économiques du jour Aux Etats-Unis, l'enquête JOLTS sur les ouvertures de postes d'août et les commandes de biens durables d'août seront dévoilées à 16h00. Tout l'agenda macro ici. Ce matin, la banque centrale australienne a relevé ses taux d'un quart de point à 2,60%, alors que le marché prévoyait 50 points de base. L'euro et le dollar se neutralisent à 0,9832 USD. L'once d'or remonte à 1696 USD. Le pétrole tient des gains récents, avec un Brent de Mer du Nord à 89,08 USD le baril et un brut léger américain WTI à 83,68 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans varie peu à 3,78%. Le bitcoin évolue autour de 19 600 USD. Les principaux changements de recommandations ABB : Julius Bär reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 36 à 32 CHF. Accelleron : Goldman Sachs démarre le suivi à neutre en visant 22,10 EUR. Afyren : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 10,40 à 8,90 EUR. Allfunds : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 14 à 13 EUR. AutoStore : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 27 à 21 NOK. Bachem : Research Partners reste à la charge avec un objectif de cours réduit de 136 à 95 CHF. Barry Callebaut : Barclays reste à surpondérer avec un objectif de cours réduit de 2550 à 2200 CHF. Enagas : Citigroup reprend le suivi à vendre en visant 11 EUR. Groupe Berkem : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 11,50 à 10 EUR. Hargreaves Lansdown : Jefferies passe de sousperformance à conserver en visant 930 GBp. Hikma : Berenberg démarre le suivi à conserver en visant 1440 GBp. Kahoot : Morgan Stanley démarre le suivi à surpondérer en visant 30 NOK. Kering : J.P. Morgan reste neutre avec un objectif de cours relevé de 670 à 690 EUR. Elior : AlphaValue passe d'acheter à accumuler en visant 2,09 EUR. Kaufman : Portzamparc reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 37 à 35 EUR. Lonza : Bernstein démarre le suivi à surperformance en visant 660 CHF. Melia Hotels : Stifel passe de conserver à vendre en visant 4,20 EUR. Montea : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 120 à 106 EUR. Nicox : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 7,50 à 7 EUR. Partners Group : Baader Helvea passe d'accumuler à acheter en visant 1075 CHF. Prosus : J.P. Morgan reste à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 93 à 95 EUR. NatWest : AlphaValue passe d'alléger à vendre en visant 173 GBp. Sandvik : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 215 à 185 SEK. Siegfried : Research Partners reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 800 à 920 CHF. Sodexo : Barclays passe de souspondérer à surpondérer en visant 90 EUR. Verallia : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 37 à 34 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) Saint-Gobain et Ecocem signent un partenariat pour accélérer la mise sur le marché d'une nouvelle technologie de ciment bas carbone. TotalEnergies s'allie avec Holcim pour développer la première cimenterie zéro carbone en Belgique. Société Générale procède à des nominations aux commandes de sa banque de détail en France. Vinci Construction va concevoir et construire des infrastructures d'alimentation en eau potable en Ouganda. Anglo American s'associe à Electricité de France dans les énergies renouvelables en Afrique du Sud. Daniel Kretinsky dément tout achat d'actions Atos, après un article de la Lettre de l'Expansion affirmant le contraire. RTL renonce à céder M6 Métropole Télévision. Deezer vise 1 Md€ de chiffre d'affaires d'ici 2025. Compagnie des Alpes boucle l'acquisition de MMV. Nexity sera subventionné par le département des Alpes-Maritimes pour la rénovation énergétique de la résidence Comte de Falicon à Nice. Eurobio Scientific finalise l'acquisition de gendx. OPR / RO à 4,30 EUR l'action sur Le Tanneur. Néovacs finance Pharnext via Alpha Blue Ocean. MyHotelMatch reporte la publication de ses comptes. Méthanor investit 0,5 M€ dans une usine de méthanisation. Safe signe un accord de fabrication et de distribution aux Etats-Unis avec Wenzel Spine. Kaufman, Ober, Argan, Visiomed, Spartoo, Mare Nostrum, ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Pfizer finalise le rachat de Biohaven Pharmaceutical pour 11,6 Mds$. Geely prend 7,6% d'Aston Martin Lagonda via son holding Zhejiang Geely Holding. Trump poursuit CNN (Warner Bros. Discovery) pour diffamation et demande 475 M$. Nestlé va continuer à relever ses prix en 2023, a fait savoir le directeur général Mark Schneider dans une interview au portail themarket.ch. Toyota Motor enregistre une baisse de 7,1% de ses ventes aux États-Unis au troisième trimestre. General Motors enregistre une croissance annuelle de 24% de ses ventes de véhicules dans le pays dans le même temps. Apple aurait perdu sa deuxième tentative de contester les brevets de Qualcomm devant la Cour suprême des États-Unis. Le patron de Diageo met en garde contre la pénurie d'eau en Écosse. Holcim finalise l'acquisition de PSNA aux Etats-Unis. Sika révise ses perspectives de croissance à la hausse. ASM International conclut l'achat du producteur italien d'outils d'épitaxie LPE. Twitter met en place un bouton "modifier" pour certains utilisateurs payants. AstraZeneca va racheter LogicBio Therapeutics. Fluor remporte deux contrats pour le projet du site de BASF Zhanjiang Verbund en Chine. Rivian Automotive a fabriqué 7 363 véhicules au T3 et se dit "en bonne voie" pour atteindre les objectifs annuels de production. Deux SPAC soutenus par Bill Foley (Austerlitz Acquisition Corp I&II) vont faire voter leur liquidation à leurs actionnaires. Principales publications du jour : Fast Retailing, Ford, Acuity, Nordnet, Greggs, Skistar… Tout l'agenda ici. Lectures L'usine qui pue (Le Monde). La "Dollar Milkshake Theory" (Intelligencer, en anglais). Le PDG de M6 explique pourquoi la vente est annulée (Le Figaro). Quelles armes nucléaires Poutine pourrait-il utiliser contre l'Ukraine ? (Financial Times, en anglais). Svante Pääbo : un prix Nobel pour la saga de l’ADN ancien (The Conversation). L'effondrement de l'immobilier en Chine : "une crise financière au ralenti" (Financial Times, en anglais). Premier coup d’œil sur l'île artificielle d'Elia en Mer du Nord (L'Echo).
ZB Le 04 octobre 2022 à 09:01
Bye-bye Septembre

Bye-bye Septembre

Les amateurs de géométrie auront sûrement noté une certaine symétrie sur les marchés actions au troisième trimestre 2022. Les indices boursiers ont grimpé jusqu'à la mi-août, pour inverser la vapeur ensuite et terminer (bien) plus bas qu'ils n'avaient entamé le trimestre. Au final, le bilan donne à peu près ça : S&P500 : L'indice large américain a perdu -9,3% en septembre, -5,3% sur la totalité du 3e trimestre et -25% sur l'année. Nasdaq 100 : L'indice technologique américain a perdu -10,5% en septembre, -4,6% sur le trimestre et -33% sur l'année. Stoxx Europe 600 : L'indice large européen a perdu -6,6% en septembre, -4,7% sur le trimestre et -20,5% sur l'année. Il serait fastidieux, prématuré et hors de ma portée intellectuelle d'expliquer ce qui a conduit à cette réalité, mais je peux écrire sans trop me tromper que les investisseurs ont largement sous-estimé les risques auxquels l'économie mondiale est confrontée. La situation a probablement été aggravée par la complaisance généralisée héritée des années boursières folles qui ont suivi la crise financière de 2008. Pour le reste, je vous laisse ajouter les assaisonnements que vous préférez : mondialisation, géopolitique, banques centrales, transition énergétique, financiarisation excessive, dogmatisme, pandémie, inégalités, relance budgétaire, tribalisme… Vous noterez au passage que même si nous avons tous tendance à voir midi à notre porte, les crises se nourrissent toujours des mêmes ingrédients depuis la nuit des temps. Le problème des investisseurs est d'autant plus épineux que les refuges traditionnels ont eux aussi été balayés. Le marché obligataire est en grandes difficultés. Comme le rappelait la semaine dernière le volubile banquier britannique Bill Blain, "dans les obligations, il y a la vérité", parce qu'elles sont "l'ossature et la plomberie financière des marchés mondiaux, la base, le taux à partir duquel tous les investissements sont mesurés". Les obligations d'Etat en sont à -21,6% depuis le début de l'année. Les obligations à haut rendement à -18,9% et les obligations d'entreprises bien notées à -21,2%. C'est à peine mieux que le S&P500 par exemple. Pour trouver du positif en 2022, il faut aller sur les matières premières (+28% cette année), le dollar américain (+18%) ou le pétrole (+9%). Les actions qui en ont le plus profité sont les pétrolières (crise de l'offre d'énergie), l'armement (retour du risque militaire), les banques (cycle de hausse de taux) et la santé (secteur défensif en temps de crise). Pour démarrer la semaine, le mois et le trimestre boursier, il faut noter que : L'Ukraine a remporté quelques victoires tactiques sur le terrain, notamment autour de la ville de Lyman, qui a été reconquise. Au Royaume-Désuni, Liz Truss a admis avoir commis des erreurs de communication mais entend déployer le projet politique qui a forcé la Banque d'Angleterre à réagir en urgence sur le marché obligataire pour préserver la stabilité financière outre-Manche. Son ministre des finances a promis de maîtriser les dépenses, ce qui a à peu près autant de valeur que si je vous dis ce matin que les actions vont rebondir de 10% dans la semaine. S&P a des doutes : l'agence de notation pense que la solidité du pays sera mise à mal par le projet. Vous me direz, S&P n'avait pas de doute en 2007 sur les subprimes, mais on imagine qu'ils ont progressé depuis. Voyant le pétrole glisser, l'OPEP+ a une fois de plus sorti de son chapeau le spectre d'une baisse de production. L'or noir a rebondi hier mais il reste sous la pression d'une activité économique qui a tendance à décliner. Il y aura un second tour lors de l'élection présidentielle brésilienne. Finalement, Bolsonaro est plus proche de Lula que prévu (4 points d'avance). Rendez-vous le 30 octobre. Enfin, le pipeline Nord Stream 2 ne fuirait plus ou presque plus, grâce à la pression de l'eau. L'installation et son homologue Nord Stream 1 avaient été endommagées par un acte de sabotage d'origine inconnue. Une réparation en bonne et due forme serait très complexe, selon les experts. Nord Stream 2 ne délivre pas de gaz en Europe à cause de la guerre en Ukraine, mais son sabotage avait fait remonter les cours au motif que toute réduction potentielle de capacités est une source de tension potentielle pour l'avenir. En Asie Pacifique, le Nikkei japonais retrouve quelques couleurs en dépit du retour du yen dans la zone d'intervention potentielle de la Banque du Japon (soit environ 145 JPY pour 1 USD). Les autres places baissent, à l'image du reflux de 1,5% du Hang Seng (Hong Kong) ou de 0,3% de l'ASX 200 (Australie). L'Europe devrait ouvrir dans le rouge car les indices avaient progressé, parfois assez fort, vendredi en clôture, avant que Wall Street ne pique du nez. La journée est fériée en Allemagne (jour de l'unification) mais pas chômée à la Bourse de Francfort. Les places de Chine continentale sont en revanche fermées toute la semaine pour la fête nationale, ce que les financiers appellent la "golden week". Le CAC40 démarre la séance en baisse de 1% à 5701 points. Les temps forts économiques du jour La seconde lecture des indices PMI manufacturiers de septembre pour les principales économies est attendue aujourd'hui (notamment 10h00 pour la zone euro et 15h45 pour les Etats-Unis, où l'équivalent ISM sera aussi publié à 16h00). Tout l'agenda macro ici. Ce matin, l'indice Tankan japonais de confiance des industriels s'est dégradé de 10 à 8 points. L'euro se négocie 0,9814 USD. L'once d'or remonte à 1664 USD. Le pétrole a rebondi, avec un Brent de Mer du Nord à 87,39 USD le baril et un brut léger américain WTI à 81,73 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans varie peu à 3,78%. Le bitcoin évolue autour de 19 200 USD. Les principaux changements de recommandations Air France-KLM : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 1,35 EUR. Atlas Copco : Morgan Stanley démarre le suivi à souspondérer en visant 91 SEK. BillerudKorsnäs : Jefferies reste à conserver avec un objectif réduit de 158 à 150 SEK. British American Tobacco : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 4500 à 4800 GBp. Compagnie Financière Richemont : UBS reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 131 à 135 CHF. Dätwyler : UBS reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 337 à 304 CHF. Deutsche Lufthansa : HSBC passe de conserver à alléger en visant 4,75 EUR. EasyJet : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 300 GBp. GEA Group : Morgan Stanley démarre le suivi à pondération en ligne en visant 36 EUR. International Consolidated Airlines : HSBC passe de conserver à acheter en visant 130 GBp. Land Securities : Stifel passe d'acheter à conserver en visant 550 GBp. Legrand : Deutsche Bank réduit son objectif de cours de 97 à 86 EUR. Metabolic Explorer : Kepler Cheuvreux reste à conserver avec un objectif réduit de 2,50 à 1,90 EUR. Michelin : JP Morgan réduit son objectif de cours de 23,50 à 20 EUR. OC Oerlikon : UBS reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 11,90 à 11,30 CHF. Orpea : AlphaValue passe d'acheter à alléger en visant 9,10 EUR. Sandvik : Morgan Stanley démarre le suivi à surpondérer en visant 175 SEK. Schindler : Barclays reste à pondération en ligne avec un objectif de cours réduit de 180 à 165 CHF. Sciuker Frames : Kepler Cheuvreux passe de conserver à acheter en visant 10 EUR. Shaftesbury : Stifel passe d'acheter à conserver en visant 380 GBp. TotalEnergies : Berenberg reste à l'achat avec un objectif relevé de 63 à 65 EUR. Valneva : HC Wainwright reste à l'achat avec un objectif réduit de 32 à 27 EUR. Wärtsilä : Inderes passe de conserver à acheter en visant 8 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) Le marché automobile en hausse de 5,46% en septembre en France, selon la PFA. Situation "très compliquée" pour les puces jusqu'à fin 2023, selon le patron de Stellantis, Carlos Tavares. Kering Eyewear finalise l'acquisition de Maui Jim. AXA envisage d'investir au moins 100 M€ dans une nouvelle augmentation de capital de Banca Monte dei Paschi. Société Générale va racheter PayXpert pour renforcer l'offre de paiement en Europe aux commerçants et e-commerçants. Technip Energies décroche un gros contrat avec Ineos en Belgique. Faurecia reçoit 213 millions d'euros de l'UE pour développer l'hydrogène en France. Vinci signe deux contrats pour des lignes à haute tension au Brésil. Worldline boucle la vente de sa division TSS à Apollo pour 2,3 Mds€ de valeur d'entreprise. Eurofins va racheter jusqu'à 2% de son capital. Unibail-Rodamco-Westfield a finalisé la cession du centre commercial Villeneuve 2, situé dans la région de Lille, portant à 80% le taux de réalisation de son programme de cessions. Aéroports de Paris confirme ses perspectives de trafic à Paris pour 2022 et 2023. Figeac Aero finalise son redéploiement au Mexique. Crossject lance une augmentation de capital de 4,09 M€ à 2,70 EUR par action. Cafom vend le fonds de Distri Services à une filiale de Vente-Unique. L'Olympique Lyonnais prévoit de finaliser son rachat par Eagle Football le 21 octobre. Bassac a finalisé l'acquisition de Maisons Baijot. Bonduelle, Waga, Metabolic Explorer, AB Science, Delta Drone, M2i, Prologue, Gascogne, Barbara Bui, Aures, Itesoft, DNXCorp, Diagnostic Medical Systems, Société Marseillaise du Tunnel Prado-Carénage, ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Le Credit Suisse tente d'apaiser les inquiétudes des investisseurs après la hausse des spreads des Credit Default Swap. Elon Musk présente l'ambitieux robot humanoïde de Tesla. Le constructeur automobile a par ailleurs annoncé avoir livré 343 830 véhicules au T3, contre 357 938 prévus, mais cela reste un record. RWE achète le portefeuille renouvelable de Con Edison pour 6,8 Mds$. Prosus renonce à racheter Billdesk. Sony va lancer une Playstation dédiée à la réalité virtuelle. ABB fait coter Accelleron (filiale turbocompresseurs) aujourd'hui à Zurich. Sumitovant Biopharma (Sumitomo Dainippon Pharma) propose d'acheter Myovant Sciences pour 2,5 Mds$, mais l'américain repousse l'offre. Les régulateurs antitrust de l'UE fixent la date limite du 8 novembre pour la décision concernant Microsoft et Activision. Mobileye, filiale d'Intel, dépose une demande de cotation en bourse. Roche désigne Matt Sause à la tête de sa division Diagnostics. FEMSA reçoit toutes les approbations réglementaires pour l'offre publique d'acquisition de Valora. United Airlines va suspendre son service à l'aéroport John F. Kennedy de New York à la fin du mois d'octobre, en raison du nombre limité de créneaux d'atterrissage et de décollage. Vestas décroche un contrat pour un projet de parc éolien en Lituanie. Principales publications du jour : Avanza, Argan, Aryzta, Kaufman, Bonduelle… Tout l'agenda ici. Lectures La Grande-Bretagne n'est pas encore un marché émergent. Pour le moment (Project Syndicate, en anglais). Pantouflages scabreux à l’Autorité des marchés financiers (Mediapart). Voyage architectural à Vienne (Financial Times, en anglais). Livraisons : l’économie de la flemme a-t-elle un avenir ? (Le Monde). Les journalistes scientifiques ne sont pas des scientifiques (Heidi News).
ZB Le 03 octobre 2022 à 09:05
Les investisseurs en PLS

Les investisseurs en PLS

Je me demande comment on appellera la crise en cours dans les manuels d'économie dans les années à venir. Après la bulle internet ("dot.com bubble" pour les anglosaxons) de la fin des années 1990 et la crise financière mondiale (global financial crisis) de 2007-2008, on parlera probablement de crise de l'inflation ou de crise des prix de 2022. A ce stade, on peut juste espérer que le qualificatif retenu ne sera pas flanqué de "2022/2023" voire de "2022/2024". Pour le reste, l'économie mondiale a l'air d'être complètement déréglée et il ne se passe pas un jour sans qu'un nouveau désordre apparaisse. On se prendrait presque à regretter les bonnes vieilles tensions sino-américaines des années Trump, les trépignements chroniques du jovial Kim Jong-Un ou les boulettes de politique monétaire de 2018. La semaine qui s'achève aujourd'hui est franchement glauque pour les investisseurs. Les indices se sont fait pulvériser et les cachettes se font rares, d'autant que les marchés actions et obligataires sont logés à la même enseigne. Hier, les places européennes ont généralement perdu plus de 1%, tandis que Wall Street, sans terminer au plus bas de la journée, a pris une nouvelle gifle. Le Nasdaq 100 s'est enfoncé de 2,9% pour porter son passif annuel à 31,6%. L'actualité financière tourne autour du relèvement des taux directeurs indiens, conformément aux attentes, et de la publication d'indicateurs PMI chinois pour septembre qui n'apportent pas grand-chose aux débats en confirmant que la dynamique économique est au point mort dans le pays. La semaine a apporté son lot de nouvelles bizarres. On a par exemple appris, j'en parlais hier, que le gouvernement britannique est capable de marquer contre son camp dans la lutte contre l'inflation. Ou que la foudre des taxes exceptionnelles sur les profits peut frapper n'importe où, par exemple sur les éleveurs de saumon en Norvège. Ou encore que les photos de surface suite au sabotage d'un gazoduc sous-marin sont d'une esthétique raffinée. Ce matin, si l'on fait abstraction des informations majeures comme le soutien apporté par le footballeur Neymar au président brésilien sortant Bolsonaro, il faut noter que la Russie a officiellement annexé quatre régions d'Ukraine et que les dégâts de l'ouragan Ian dans le sud-est des Etats-Unis sont considérables (plus considérables que ça). Dans un autre registre, un second baromètre du marché a déçu. Après Apple en milieu de semaine – qui a renoncé à accroître sa production d'iPhone face au contexte économique - c'est Nike qui se retrouve pointé du doigt. Le groupe a expliqué hier soir après la clôture de Wall Street que ses résultats seront affectés par les ristournes pour déstocker et le dollar fort, tout en expliquant que la demande ne faiblit pas. Les investisseurs, qui ne sont pas des perdreaux de l'année, ont vite conclu que la coordination des phrases "la demande ne faiblit pas" / "ristournes pour déstocker" ne fonctionne pas et qu'il eut mieux fallu dire "la demande est faiblarde donc on est forcés de faire des promotions pour écouler le stock". Ce qui explique probablement pourquoi Nike perd 9% hors séance. En France, le saut vers la qualité s'est traduit par un bond de 10% de l'action Atos hier. Blague à part, l'entreprise a reçu et repoussé une offre à 4,2 Mds€ pour sa division cybersécurité alors qu'elle ne capitalise que 960 M€ en bourse, ce qui explique cette petite poussée spéculative. La séance du jour sera encore marquée par les statistiques et l'inflation. Notamment en Europe où Eurostat dévoilera à 11h00 sa première estimation de l'évolution des prix dans l'UE en septembre. Après la mauvaise surprise de l'Allemagne en la matière hier (10% de hausse sur un an), il n'y a sans doute rien de bon à attendre, en dehors de conforter le marché sur la trajectoire que vont prendre les taux de la BCE dans les mois à venir. Aux Etats-Unis, il sera aussi question de prix avec l'inflation "PCE" d'août, cet indicateur qui est très suivi par la Fed pour sa politique monétaire. Il y aura aussi la seconde lecture de l'indice de confiance de l'Université du Michigan, qui prend le pouls des consommateurs américains. Ce matin, c'est la déprime en Asie Pacifique, où le Nikkei 225 japonais perd 2% en clôture et où l'ASX 200 australien rend 1,2%. Le Hang Seng tente de se stabiliser après s'être effondré hier. Les indicateurs avancés européens sont proches de l'équilibre, mais la nervosité ambiante peut faire pencher la balance de n'importe quel côté d'ici l'ouverture. Ce fut d'ailleurs le cas hier puisque les indicateurs de préouverture bien installés dans le vert se sont brutalement retournés pour entraîner une ouverture baissière. Le CAC40 démarre la séance en hausse de 0,5% à 5705 points. Les temps forts économiques du jour Beaucoup de statistiques pour terminer la semaine, en particulier l'inflation européenne de septembre (11h00), avant aux Etats-Unis les revenus et dépenses des ménages (14h30) et l'inflation PCE (16h00). Tout l'agenda macro ici. Cette nuit, le Japon a fait état d'une production industrielle plus élevée que prévu en août, tandis que les indicateurs PMI sont contradictoires : le PMI manufacturier officiel est à 50,1 points et le PMI Caixin à 48,1 points, en deçà des attentes. Le PMI officiel des services est lui aussi sous les prévisions à 50,6. La banque centrale indienne a relevé son taux directeur de 50 points de base, comme prévu. L'euro remonte à 0,9801 USD. L'once d'or profite aussi du reflux du billet vert à 1661 USD. Le pétrole consolide son rebond, avec un Brent de Mer du Nord à 87,99 USD le baril et un brut léger américain WTI à 80,93 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans se stabilise à 3,79%. Le bitcoin évolue autour de 19 400 USD. Les principaux changements de recommandations Amadeus : Redburn démarre le suivi à l'achat. Burberry : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 1880 à 1900 GBp. Clariant : Crédit Suisse passe de neutre à surperformance en visant 23 CHF. Entain : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 2250 à 2025 GBp. Global Bioenergies : Kepler Cheuvreux reste acheteur avec un objectif réduit de 8,40 à 6,50 EUR. Hornbach : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif réduit de 120 à 110 EUR. Hugo Boss : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 57,80 EUR. Just Eat : Berenberg reste à conserver avec un objectif relevé de 16,30 à 17,60 EUR. KPN : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 2,99 à 2,90 EUR. Mitchells & Butlers : Liberum reste à l'achat avec un objectif réduit de 280 à 205 GBp. Polypeptide : Baader Helvea passe d'alléger à accumuler en visant 35 CHF. Quadient : AlphaValue reste à l'achat avec un objectif réduit de 27,60 à 23,60 EUR. Rational AG : Berenberg reste à l'achat avec un objectif réduit de 975 à 860 EUR. Rockwool : Morgan Stanley passe de souspondérer à pondération ligne en visant 1550 DKK. Solaria Energia : Berenberg reste à l'achat avec un objectif réduit de 24 à 21,50 EUR. Svenska Cellulosa : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 169 à 160 SEK. Symrise : UBS reste à l'achat avec un objectif réduit de 127 à 121 EUR. Temenos : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 87 à 74 CHF. Verbund : Société Générale passe d'acheter à conserver en visant 97,50 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) Thales va payer un acompte sur dividende de 0,70 EUR par action, détaché le 6 décembre. Société Générale acquiert la fintech PayXpert dans les paiements. TotalEnergies renforce la sécurité de ses actifs pétroliers après une activité inhabituelle des drones près d'une plateforme danoise. Atos ne donne pas suite à une offre de rachat de 4,2 Mds€ sur sa division cybersécurité Evidian, présentée par OnePoint et ICG. Luc Rémont (Schneider Electric) proposé pour prendre les commandes d'Electricité de France. Valneva va finalement lever 102,9 M€ au lieu de 40 M€ dans le cadre de son augmentation de capital réservée, en raison d'une demande forte. Gaztransport & Technigaz se voit confier par DSME la conception des cuves de dix nouveaux méthaniers. Par ailleurs, Elogen (Gaztransport & Technigaz) reçoit 86 M€ de subvention dans le cadre du programme français sur l'hydrogène. Groupe Gorgé finalise l’acquisition de iXblue et lance le rapprochement de ses équipes avec celles d’ECA Group. Lumibird acquiert Innoptics, entreprise spécialisée dans l'encapsulation de composants optoélectroniques. La date de finalisation de l'accord entre Olympique Lyonnais et Eagle Football décalée au-delà du 30 septembre. Arcure réalise sa plus importante livraison de Blaxtair pour un acteur majeur sur le marché américain. Genfit boucle l'acquisition de Versantis. Kaufman noté "BBB-" par Fitch Rating. Audacia entre au capital d'aerial coboticus. Amoeba annonce que l'Agence américaine pour la protection de l'environnement (US EPA) a émis une pré-décision favorable suite à l'évaluation du dossier de demande d'autorisation du Lysat de Willaertia magna C2c Maky comme substance active de biocontrôle (biopesticide) utilisable en agriculture. Gaussin signe un accord pour une offre de Transport "As A Service" en Grèce incluant deux stations H2 et la conversion à l’hydrogène d’un bateau à grande vitesse. Aurea, Jacques Bogart, Amoeba, Wedia, Graines Voltz, Makheia, Enertime, Groupe Berkem, Genomic Vision, Abionyx, Lacroix, Ateme, ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Nike plonge de 9% hors séance après avoir publié ses trimestriels. Les résultats sont grevés par les remises destinées à écouler ses stocks et la hausse du dollar. Micron est stable post-séance après des résultats plus élevés que prévu. Orsted conclut la vente de sa participation de 50% dans le parc éolien offshore Hornsea 2 au Royaume-Uni pour un montant de 3,3 Mds$. Meta Platforms gèle ses embauches et prévient ses employés qu'une restructuration approche. Barclays va payer 361 M$ pour couvrir les dommages liés à des erreurs de ventes de titres aux États-Unis. Les entrées de Cineworld en berne au T3. Swiss Re échange sa participation dans Granular Insurance contre une participation dans Verily, une entreprise d'Alphabet. Softbank va vendre la totalité de sa participation de 5% dans Sinch. ABB vend ses dernières parts dans Hitachi Energy à Hitachi. Principales publications du jour : Pennon, Robertet, Floridienne… Tout l'agenda ici. Lectures Réflexions sur le vote électronique (The Conversation). Comment les bots ont perverti la publicité (Wired, en anglais). Comment le camp anti-guerre s'est retrouvé en faillite intellectuelle (The Atlantic, en anglais). Les sept travaux d'Hercule de Luc Rémont chez EDF (L'Opinion). Les bébés volés par l'Espagne franquiste (New York Times Magazine, en anglais). La livre sterling paie une politique reaganienne (Project Syndicate, en anglais).
ZB Le 30 septembre 2022 à 09:04
Ça s'emballe derrière la Banque d'Angleterre

Ça s'emballe derrière la Banque d'Angleterre

Un éditorialiste dont j'ai oublié le journal titrait en début de semaine "plus rien ne fonctionne au Royaume-Uni". Ça a l'air très vrai, et ça a même forcé la banque centrale du pays à une opération contre nature hier. Opération qui a paradoxalement ravi les marchés des actions et des obligations, comme j'essaie de l'expliquer un peu après. En attendant, le rendement des obligations d'Etat s'est détendu, les actions européennes ont basculé du rouge vif au vert pâle et Wall Street s'est offert un gain de 2% à la clôture, après six séances de déprime intense. Comme dirait Baloo, il en faut peu pour être heureux. En effet, on pensait l'ère du "quoi qu'il en coûte" révolue, mais la Banque d'Angleterre a prouvé hier que non. L'institution, craignant pour la stabilité financière de la Grande-Bretagne, va acheter dans les semaines à venir des obligations "on whatever scale is necessary". Autrement dit, autant que nécessaire. Elle a aussi retardé le lancement du programme de purge de son bilan après des années de soutien économique. Il faut dire que la BoE est dans une situation que je qualifierais de délicate si je voulais garder un semblant de style, ou de franchement merdique si je cherchais à être plus proche de la réalité. Je m'explique : la banque centrale a commencé à relever ses taux dès le mois de décembre 2021 pour tenter de maîtriser une inflation parmi les plus fortes des économies développées. Et quand la courroie de transmission donne ses premiers signes d'efficacité sur les prix, Liz Truss et Kwasi Kwarteng dégainent un bon gros plan de relance dégoulinant de réductions d'impôts, qui envoie la livre sterling au tapis et fait bondir les coûts d'emprunt du pays. En d'autres termes, pendant que la BoE arrose copieusement le foyer de la surchauffe économique, le nouveau gouvernement britannique fête son arrivée aux affaires en faisant la même chose avec de l'essence. Il eut été plus opportun de se coordonner et sans doute plus intelligent de la part de la successeure de Boris Johnson de prévoir un plan en deux étapes, pour laisser le temps à la politique monétaire d'éteindre l'incendie. Et là vous allez me dire : pourquoi Wall Street s'intéresse brusquement à l'économie britannique ? C'est simplement parce que le marché est un peu couillon, donc il a acheté la nouvelle hier en milieu de journée. Le marché se dit "chouette, les banques centrales peuvent encore inventer des trucs pour me soutenir". En réalité, la BoE n'a pas tellement envie de se lancer là-dedans, mais elle doit aussi veiller à ce que l'économie britannique ne vole pas en éclats. En l'espèce, elle a été forcée de sortir du bois après des signaux alarmants de gel du marché hypothécaire et d'appels de marge sévères pour les fonds de pension qui lui sont parvenus après l'envolée du rendement des Gilts, les obligations d'Etat britanniques. Son intervention a d'ailleurs eu un effet particulièrement efficace sur les Gilts à 30 ans, qui étaient ciblés par la mesure. Mais à terme, il est un peu compliqué intellectuellement de comprendre comment une banque centrale peut lutter contre l'inflation pendant que son gouvernement de tutelle déploie un plan de relance. Mais n'étant pas un spécialiste, je suis preneur de vos éclairages. Pour être parfaitement honnête, il faut sans doute voir l'intervention de la Banque d'Angleterre comme un déclencheur de rebond dans un marché où les actions étaient probablement survendues. Mais gardez à l'esprit que les investisseurs ont toujours dans un coin de la tête l'image des banques centrales gardiennes de certains planchers boursiers. Aux Etats-Unis, c'est ce que l'on appelle le "Fed Put", c’est-à-dire le niveau auquel la banque centrale américaine est présumée redevenir plus docile parce qu'elle considère que la chute des marchés est trop pénalisante pour l'économie. L'exemple donné par la BoE tend à prouver que les banques centrales sont encore prêtes à brûler quelques cartouches pour stabiliser les marchés. Et ce symbole a fourni le carburant du rebond de la veille, un carburant pas très propre il faut bien l'admettre. Aujourd'hui, l'agenda macro sera occupé par la première estimation de l'inflation de septembre en Allemagne (14h00), avant la troisième et dernière lecture affinée du PIB américain du second trimestre (14h30). Il y aura aussi autour de 15h30 une allocution de James Bullard, le banquier central américain le plus virulent en faveur des hausses de taux. Dans l'actualité des sociétés, il faut mentionner l'arrivée en bourse de la marque automobile Porsche, scindée d'avec Volkswagen. Malgré des conditions de marché difficiles, le prix retenu pour l'action, 82,50 EUR, est dans le haut de la fourchette prévue, signe de l'appétit des investisseurs pour le plus gros constructeur de luxe de masse. La première cotation est prévue ce matin. Attention, il y aura deux actions Porsche cotées, puisque le holding de Volkswagen s'appelle lui aussi Porsche (Porsche Automobil Holding précisément). La société qui entre en bourse aujourd'hui est celle qui produit et vend les véhicules.  Les places boursières d'Asie Pacifique ont suivi le mouvement initié hier : le Japon, la Corée du Sud, Hong Kong ou l'Australie gagnent plus de 1%. Les gains sont un peu moins élevés en Inde et en Chine continentale. Les indicateurs avancés étaient positionnés en hausse en Europe tôt ce matin, mais ils sont repartis dans le rouge par la suite. Le CAC40 perdait 0,6% à 5737 points peu après l'ouverture.  Les temps forts économiques du jour Trois rendez-vous aujourd'hui : la première estimation de l'inflation allemande de septembre à 14h00, puis à 14h30 la lecture finale du PIB américain du T2 et les inscriptions hebdomadaires au chômage. Tout l'agenda macro ici. L'euro remonte à 0,9686 USD. L'once d'or rebondit à 1653 USD. Le pétrole est lui aussi en phase ascendante, avec un Brent de Mer du Nord à 88,81 USD le baril et un brut léger américain WTI à 81,73 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans recule à 3,76%. Le bitcoin évolue autour de 19 535 USD. Les principaux changements de recommandations 2CRSi : Portzamparc reste à l'achat avec un objectif réduit de 5,70 à 5,30 EUR. Bossard : UBS reste à la vente avec un objectif de cours réduit de 186 à 159 CHF. Burkhalter : Research Partners passe de conserver à acheter en visant 84 CHF. Clariant : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 20,90 à 20 CHF. Corporación Acciona Energías Renovables : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 42 à 45 EUR. Direct Line : HSBC passe d'alléger à conserver en visant 190 GBp. Elisa : Citigroup reprend le suivi à neutre en visant 49 EUR. Evolution AB : Jefferies démarre le suivi à l'achat en visant 1260 SEK. Evotec : Bryan Garnier démarre le suivi à l'achat en visant 22 EUR. Givaudan : Citigroup passe de neutre à achat en visant 3300 CHF. Goldman Sachs reste à la vente avec un objectif de cours réduit de 3100 à 2700 CHF. GSK : Oddo BHF passe de neutre à surperformance en visant 1700 GBp. Hugo Boss : Baader Helvea passe d'accumuler à alléger en visant 44 EUR. Kambi : Jefferies démarre le suivi à l'achat en visant 220 SEK. Kindred : Jefferies démarre le suivi à conserver en visant 90 SEK. McPhy : Portzamparc passe de conserver à acheter en visant 11,40 EUR. Norwegian Air : HSBC reprend le suivi à l'achat en visant 14,50 NOK. Novartis : Oddo BHF passe de surperformance à neutre en visant 88 CHF. Novo Nordisk : Oddo BHF passe de neutre à surperformance en visant 910 DKK. Rightmove : Citigroup passe de neutre à vendre en visant 400 GBp. Sinch : Morgan Stanley démarre le suivi à la pondération en ligne en visant 17 SEK. Storebrand : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 99 NOK. Straumann : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 147 à 130 CHF. Tele2 : Citigroup reprend le suivi à neutre en visant 105 SEK. Traton : Morgan Stanley démarre le suivi à pondération en ligne en visant 17 EUR. Valneva : Portzamparc passe de conserver à acheter en visant 10 EUR. Zur Rose : Citigroup reste neutre avec un objectif réduit de 65 à 35 CHF. En France Annonces importantes (et moins importantes) Le Dupixent de Sanofi-Regeneron reçoit le feu vert de la FDA pour le traitement des maladies chroniques de la peau. TotalEnergies veut accélérer dans le GNL et sortir des sables bitumineux. Renault doit stopper temporairement l'usine de Douai pour des pénuries de puces. Renault organise une journée investisseurs le 8 novembre pour présenter sa stratégie. Accor relève son objectif d'EBE pour 2022 et négocie la vente de son siège social. Worldline prend 40% d'Oline Payment Platform. Casino et Intermarché s'allient à BUT, Conforama et MDA pour une centrale d'achat de produits techniques, Sirius Achats. Valneva veut lever 40 M$ par une levée de fonds réservée. Ubisoft repousse à nouveau la sortie de son jeu Skull and Bones. CGG signe un accord de licence multi-clients geoverse avec TotalEnergies pour le stockage de gaz carbonique. McPhy annonce une aide publique de 114 M€ pour soutenir sa "Gigafactory". Spie lance son programme d'actionnariat salarié 2022. 2CRSi sélectionné par l'UE et la France pour des projets de souveraineté numérique. Nouveau directeur général chez Energisme. Cellectis nomme un nouveau directeur médical. Gaussin veut remplacer le moteur thermique des catamarans de Floatinn par un moteur hydrogène. Immobilière 3F, leader du logement social, signe un partenariat avec Hoffmann Green Cement. Synergie acquiert le polonais Interkadra. NFTY dans une situation très délicate. Pharmasimple cesse les tirages sur son financement dilutif et cherche des alternatives. Orpea, Bénéteau, Genfit, Nanobiotix, Acanthe, Transition Evergreen, Evolis, Touax, Alan Allman, Cogelec, Biocorp, Vogo, Hydrogène de France, Solutions 30 et Affluent Medical ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Volkswagen fixe à 82,50 EUR, en haut de fourchette, le prix de l'IPO de Porsche, qui devient la plus grosse opération de ce type en Europe depuis 2011. China Airlines passe une commande de 24 B787 Dreamliner à The Boeing Company. Philip Morris ne prévoit pas de baisser son offre de Swedish Match. Cineplex a approché les créanciers de son rival en faillite Cineworld pour une fusion potentielle avec l'unité américaine Regal Entertainment de la société britannique, selon le WSJ. Hedin Mobility serait ouvert à vendre sa participation dans Pendragon si un tiers annonce une offre ferme d'au moins 35 pence par action. Intercontinental Hotels touché par une cyberattaque. Mitchells & Butlers signale un pression sur les coûts. Workiva suscite l'intérêt de Thoma Bravo et TPG pour une reprise. Les bénéfices de juin-août de Hennes & Mauritz en baisse marquée. Next réduit ses prévisions de bénéfices en raison de la pression exercée sur les consommateurs. Berkshire Hathaway se renforce encore dans Occidental Petroleum. Merck accorde à Sinopharm les droits de distribution de son médicament COVID-19 en Chine. Principales publications du jour : Nike, Micron, Hennes & Mauritz, Carnival, Hella, Next, Autogrill, Hornbach, Gérard Perrier… Tout l'agenda ici. Lectures Deli d'initié (Les Echos). Rachats d’actions : face aux excès des marchés, une régulation encore trop timide (The Conversation). Carrefour fait le dos rond face à la guérilla de l'ONG américaine Mighty Earth (La Lettre A). Amazon nous traque aussi la nuit (Wired, en anglais). Les méthodes sulfureuses du Qatar pour protéger ses secrets (Libération). Le début de la fin pour internet ? (The Atlantic, en anglais). 10 phrases pour briller en société sur la nouvelle crise financière (The Spectator, en anglais).
ZB Le 29 septembre 2022 à 09:05
KO debout

KO debout

Bon, ben c'est raté. Wall Street a fait mine de se reprendre hier, après cinq séances consécutives de baisse pour le S&P500. Mais l'indice large américain a terminé à -0,21%. Il faut quand même souligner que le Nasdaq a préservé un gain de 0,16% en fin de parcours. Ceci dit, il reprenait plus de 2% au début de la séance, alors… En Europe, c'était un peu le foutoir en clôture, avec des variations allant d'un gain de 0,5% en Suisse à 0,7% de baisse en Allemagne. Toutes ces variations montrent que les investisseurs ne savent plus à quel Saint se vouer depuis que la Sainte Fed a arrêté de multiplier les pains de dollars et que les autres apôtres monétaires ont décidé de faire la même chose. Du reste, c'est un représentant de la banque centrale américaine qui a encore douché les marchés hier. James Bullard, l'un des pères fouettards utilisés par la Fed pour épouvanter le marché, a insisté sur la nécessité de continuer à augmenter les taux directeurs avec vigueur. Il a fait dérailler le rebond et envoyé le rendement de la dette américaine à 10 ans flirter avec les 4%. C'est ce que les traders appellent le jeu du "good cop, bad cop", comme dans les interrogatoires des séries policières. Enfin le jeu, il faut le dire vite parce qu'il est un peu piquant quand même pour les investisseurs. En gros, on sort des méchants flics, des Faucons (les banquiers centraux les plus orthodoxes) pour qu'ils défendent la ligne dure, et on envoie parfois les gentils flics, les Colombes (les banquiers centraux les plus souples) pour arrondir les angles. C'est quasiment du "story telling" et c'est suivi de près par les pros, comme l'illustre un exemple tout récent. Vous vous souvenez peut-être que les marchés se sont offerts quatre séances de gros rebond du 7 au 12 septembre. La raison ? Des commentaires apaisants de la vice-présidente de la Fed Lael Brainard sur la politique monétaire à venir. Bien sûr, c'était à contrecourant du sentiment global, donc accueilli positivement. Mais ça n'a pas duré et ça s'est même transformé en piège (9 baisses en 11 séances). "Les haussiers ont gobé l'argumentaire commercial  pro-marché de Lael du 7 septembre. Ils ont tout avalé : l'hameçon, la ligne et même les plombs, pour finalement se faire écrabouiller", note un gérant sur un fil professionnel très suivi à Wall Street. Je ne pense pas que Lael Brainard avait l'intention de tordre les investisseurs, mais cela montre à quel point les marchés boivent les paroles des banques centrales (essentiellement de la Fed, d'ailleurs). Ce même gérant adepte de la métaphore ichtyenne conseille d'ailleurs de s'intéresser à la fin de semaine avec le retour des "bons flics" vendredi derrière un micro : Lael Brainard et un autre banquier central jugé souple, John Williams, participeront en effet à des événements durant lesquels ils seront amenés à donner leur avis. Ce ne sont pas les seuls et ça risque de tourner à la cacophonie : Jerome Powell, Christine Lagarde, James Bullard (encore !) et d'autres noms moins ronflants sont aussi sur la tablette d'ici la fin de la semaine. Peut-être faudrait-il envisager de leur couper le sifflet ? Ou a minima de limiter le nombre de leurs sorties ? Voire de se poser clairement les choses : "nan mais quand machin, untelle et l'autre zozo parlent, on s'en fout, ils savent pas vraiment ce qu'il disent. On les laisse faire pour pas les avoir dans les pattes en permanence". Tout ça sonne un peu puéril et court-termiste face aux enjeux économiques en cours, mais c'est une réalité des marchés financiers : les avis et les projections de long terme se forgent à partir de cette nuée de tendances, d'indicateurs, de commentaires et de perceptions. En parlant d'indicateurs, ceux de la veille ont soulevé plus de questions qu'ils n'ont apporté de réponses aux Etats-Unis. Déjà, la confiance des consommateurs américains est remontée en septembre. Hausses de taux, spleen de la rentrée, 8% de plus sur le prix de la Budweiser, rien n'y a fait. En plus, les ventes de logements neufs ont été bien plus dynamiques que prévu en août. Mais les commandes de biens durables ont encore ralenti. Les signaux continuent donc à flasher dans des sens différents. Alors de deux choses l'unes : soit les consommateurs américains sont si riches et si optimistes qu'ils vont encaisser sans trop broncher les hausses de taux façon bambou. Soit ils sont encore un peu inconscients et le bambou est en réalité un élastique qui va finir par casser en provoquant des dégâts. Vu la tête des marchés actions en ce moment, c'est la seconde option que les investisseurs ont en tête actuellement. Sur le marché des changes, le dollar ne cesse de se renforcer, dans un contexte d'aversion au risque. Il a d'autant plus forci hier que la Maison Blanche a écarté la perspective d'un effort coordonné à l'échelle internationale pour faire baisser le billet vert, comme cela s'était produit en 1985 et en 1987. Dans le reste de l'actualité, les gazoducs Nord Stream ont manifestement été sabotés, ce qui a fait remonter en flèche le prix du gaz en Europe hier. A qui profite le crime ? La question reste en suspens, un peu comme quand il s'agit de désigner le coupable d'une grosse cyberattaque. Pendant ce temps, le "oui" au rattachement de régions d'Ukraine à la Russie l'emporte largement, au cas où quelqu'un en aurait douté. Au Brésil, les derniers sondages, à moins d'une semaine du scrutin présidentiel, donnent Lula en progression face à Bolsonaro. L'échec du rebond de la veille a laissé des traces ce matin, d'autant que l'Agence Bloomberg a révélé pendant la nuit qu'Apple renonçait à accroître sa production d'iPhones au vu d'une demande incertaine. Les indicateurs avancés européens sont baissiers. En Asie Pacifique, ça chute fort au Japon, en Corée et à Hong Kong, où les replis dépassent 2%. L'Australie et l'Inde tiennent mieux le choc mais restent orientées à la baisse. Le CAC40 démarre la séance en baisse de 0,8% à 5705 points. Les temps forts économiques du jour Les stocks des grossistes américains (14h30) et les chiffres du logement ancien aux Etats-Unis (16h00) sont les deux principales statistiques attendues aujourd'hui. Tout l'agenda macro ici. L'euro continue à s'enfoncer à 0,9560 USD. L'once d'or recule à 1624 USD. Le pétrole efface ses gains de la veille, avec un Brent de Mer du Nord à 85,11 USD le baril et un brut léger américain WTI à 77,51 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans flirte désormais avec 4%. Le 5 ans est à 4,21% mais le 2 ans recule 4,28%. Le bitcoin replonge à 18 735 USD. Les principaux changements de recommandations Akzo Nobel : Jefferies reste à l'achat avec un objectif réduit de 81 à 77 EUR. Almirall : RBC démarre le suivi à surperformance en visant 13,50 EUR. CVS Group : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 2110 à 1970 GBp. Dechra Pharmaceuticals : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 3630 à 2880 GBp. Euronext : AlphaValue reste à acheter avec un objectif réduit de 106 à 90,90 EUR. Games Workshop : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 9700 à 8700 GBp. Givaudan : UBS reste à la vente avec un objectif de cours réduit de 3180 à 2870 CHF. Ipsen : RBC démarre le suivi à performance sectorielle en visant 107 EUR. MIPS : Jefferies démarre le suivi à l'achat en visant 430 SEK. Pernod Ricard : AlphaValue reste à accumuler avec un objectif relevé de 215 à 242 EUR. Renault : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 34 EUR. Schaeffler : J.P. Morgan reste à surpondérer avec un objectif de cours réduit de 7,50 à 6,50 EUR. SkiStar : Jefferies démarre le suivi à conserver en visant 145 SEK. Swedish Orphan Biovitrum : RVC démarre le suivi à performance sectorielle en visant 235 SEK. Tecnicas Reunidas : Mirabaud passe de vendre à conserver en visant 7,20 EUR. Thulé : Jefferies démarre le suivi à conserver en visant 235 SEK. Treatt : HSBC démarre le suivi à conserver en visant 600 GBp. Trigano : Oddo BHF passe de neutre à surperformance en visant 130 EUR. Varta : Berenberg reste à conserver avec un objectif réduit de 75 à 45 EUR. Virbac : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 450 à 368 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) Sanofi va bénéficier d'un effet devises à deux chiffres sur ses résultats du T3. Environ 70% des salariés des raffineries françaises de TotalEnergies étaient en grève hier, selon la CGT. Saint-Gobain élargit son offre de solutions durables pour façades en Europe en investissant dans le photovoltaïque intégré aux bâtiments. Luca De Meo, le DG de Renault, quitte le conseil d'administration de Telecom Italia. Nexity présente un nouveau plan stratégique. Technicolor devient Vantiva. Implanet émet des ABSA pour assurer son financement avec un engagement de souscription de Sanyou Medical. Grolleau reçoit des commandes à l'international. Europlasma tire une nouvelle tranche d'OCA. Trigano, Voltalia, Passat, ADC SIIC, Upergy, Munic, Altheora, Toosla, Navya et Theranexus ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) La SEC a infligé 1,8 Md$ d'amendes à 11 banques et courtiers de Wall Street (dont les européennes Crédit Suisse, UBS, Deutsche Bank et Barclays) qui n'avaient pas conservé traces des échanges entre leurs employés sur des messageries, en particulier WhatsApp. Volkswagen devrait annoncer aujourd'hui le cours d'introduction de Porsche en bourse. Apple aurait revu en baisse ses objectifs de progression de la production d'iPhone après une demande chancelante. Ford va investir 700 M$ et créer 500 emplois pour la production de nouveaux pick-up. Boohoo réduit ses prévisions. Twitter assure que les analystes de Musk n'ont pas de preuves sur les faux comptes. Burberry nomme Daniel Lee directeur de la création à partir d'octobre. Débuts timides à Wall Street pour la filiale de motos électriques d'Harley-Davidson, LiveWire. Shell et Exxon vont céder 2 Mds$ d'actifs dans le gaz naturel en mer du Nord britannique et néerlandaise. Commerzbank a accru de 490 M€ ses provisions pour pertes sur le portefeuille de prêts de sa filiale polonaise Mbank. Apollo serait en train de plancher sur un rachat de Ryder System, selon Bloomberg. Dufry obtient un contrat à l'aéroport de Chongqing. Siegfried et Novavax prolongent leur partenariat d'ici fin 2023. Toyota va commencer à vendre une petite berline électrique en Chine d'ici la fin de l'année. Principales publications du jour : Paychex, Raymond James, Vail Resorts, Thor Industries, Voltalia, Orpéa, Bénéteau… Tout l'agenda ici. Lectures Comment ARM domine le marché des puces sans produire de puces (The Verge, en anglais). Les navigations en eaux troubles d’Yvan Bourgnon (Le Figaro). Pourquoi la vigueur du dollar a de l'importance (Financial Times, en anglais). Enseignement supérieur : boîtes à diplômes et machines à sous (Libération). Est-ce que la Russie a saboté ses propres pipelines ? (The Spectator, en anglais). D'où vient le bruit de l'océan dans un coquillage (The Conversation).
ZB Le 28 septembre 2022 à 09:02
Dessine moi un rebond

Dessine moi un rebond

Il y a deux façons d'analyser la nouvelle baisse des marchés boursiers hier. L'optimiste consiste à constater un certain essoufflement de la pression vendeuse, qui a abouti à des contractions limitées. Enfin limitées par rapport aux standards récents, puisque nous verrons que les baisses sont parfois encore conséquentes. La pessimiste se contente de prendre acte d'un nouveau plancher, notamment une clôture au plus bas depuis la fin 2020 pour l'indice le plus surveillé du monde, le S&P500 américain. Cela signifie que Wall Street a éliminé la totalité des gains accumulés entre décembre 2020 et décembre 2021. La baisse prend l'ascenseur et la hausse l'escalier, dirait certainement notre analyste le plus expérimenté chez Zonebourse, qui dort sûrement encore à cette heure-ci. Le S&P500 a perdu 23% en 2022. Le Nasdaq, lesté en valeurs technologiques, en est à -31%. Je rappelle que les valeurs dites de croissance sont plus sévèrement attaquées que les autres durant ces phases, parce que la dynamique de fuite en avant économique perpétuelle qui les nourrit est cassée. L'Europe version 2022 ne fait pas beaucoup mieux : -20% pour l'indice large Stoxx Europe 600, -19% pour le CAC français, -21% pour le SMI suisse et -23% pour le DAX allemand. Hier, les marchés ont encore perdu des points. Sauf au Royaume-Uni où le flegme britannique a tendance à se transformer à intervalle régulier en quelque chose d'un peu déjanté. Le FTSE 100 a grappillé 0,03% pendant que la livre sterling brûle et que le prix des Gilts, les obligations d'Etat britanniques, s'effondre. Le rendement du 10 ans de Sa Majesté est monté à 4,24% (le prix et le rendement des obligations évoluent dans des directions opposées). Les mesures fiscales annoncées par les gouvernement Truss ont suscité par mal d'interrogations et une levée de boucliers des marchés financiers. Des petits malins ont noté que les annonces britanniques ont même éclipsé l'arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni en Italie. "Aux chevaux maigres vont les mouches", dit le proverbe. L'économie malade de l'Europe n'est peut-être plus celle que l'on croit. Enfin si l'on considère que le Royaume-Uni est en Europe géographiquement si ce n'est politiquement. La panique sur la livre sterling a à peine été atténuée par son rebond hier. Un chroniqueur de Reuters soulignait cette nuit que cette situation pourrait devenir un casse-tête pour certaines banques centrales asiatiques riches en Gilts. "Notre monnaie, votre problème", pour paraphraser le bon mot du secrétaire au Trésor de Nixon, John Connally, aux ministres européens des finances en 1971. C'était évidemment à propos du dollar, et cela reste plus d'actualité que jamais pour le billet vert. Pendant ce temps, le marché bruisse toujours de rumeurs d'intervention en urgence de la Banque d'Angleterre pour soutenir sa monnaie, même s'il faut bien avouer que l'avance prise par l'institution dans la remontée agressive de ses taux directeurs n'a pour l'instant pas eu beaucoup d'impact. Quand un banquier central sort par la porte, il y en a toujours un pour rentrer par la fenêtre, dit un autre proverbe. Ou du moins, on pourrait réfléchir à le créer. Hier, c'est la patronne de la BCE Christine Lagarde qui a occupé le terrain médiatique en rappelant plein de trucs de banquiers centraux. En gros ça tourne autour de "confiance, fermeté, on sait ce qu'on fait, mais ça va piquer". Cet après-midi, c'est Jerome Powell, de la Fed, qui entrera par la fenêtre en racontant des trucs de banquiers centraux. Ça pourrait ressembler à "confiance, fermeté, on sait ce qu'on fait, mais ça va piquer". Il interviendra à 13h30 lors d'un événement organisé à Paris par la Banque de France, avant une série d'indicateurs importants : les commandes de biens durables d'août (14h30), suivies à 16h00 des chiffres des ventes immobilières neuves en août et de l'indice de confiance des consommateurs américains en septembre, compilé par le Conference Board. Ce matin, les marchés actions tentent un rebond au Japon, en Australie et en Chine continentale. En revanche, la Corée du Sud et Hong Kong perdent encore pas mal de terrain. Les marchés européens donnent pour leur part des signes de rebond. Les indicateurs avancés sont modérément haussiers, bien aidés par des "futures" américains plus fermement ancrés dans le vert. Des projections qui sont susceptibles de varier avec le retour de la nervosité et donc de la volatilité. L'indice VIX, qui mesure cela, est repassé au-dessus de 32 points hier, soit un niveau voisin de la mi-juin dernier. Le CAC40 gagne 0,6% et repasse les 5800 points à l'ouverture. Les temps forts économiques du jour Une grosse bannette en provenance des Etats-Unis aujourd'hui : les commandes de biens durables (14h30), l'indice FHFA du prix des maisons (15h00), l'indice de confiance des consommateurs Conference Board, l'indice manufacturier de la Fed de Richmond et les chiffres de l'immobilier neuf (16h00). Tout l'agenda macro ici. L'euro se négocie 0,9642 USD, en légère hausse. L'once d'or reste sous pression à 1631 USD. Le pétrole aussi, avec un Brent de Mer du Nord à 84,56 USD le baril et un brut léger américain WTI à 77,18 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans poursuit son ascension à 3,87%. Le 5 ans est à 4,13% et le 2 ans à 4,30%. Le bitcoin est remonté à 20 000 USD. Les principaux changements de recommandations 888 : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 370 à 280 GBp. Adidas : Goldman Sachs passe d'achat à neutre. Aurea : Portzamparc reprend le suivi à renforcer en visant 8 EUR. Avantium : Berenberg reste l'achat avec un objectif de cours réduit de 6,60 à 4,40 EUR. Byggfakta : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 50 à 45 SEK. Devolver Digital : Berenberg passe d'acheter à conserver en visant 80 GBp. HelloFresh : Bernstein reste à vendre avec un objectif réduit de 27 à 19 EUR. Hugo Boss : Deutsche Bank passe d'acheter à conserver en visant 58 EUR. Huhtamaki : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 45 à 40 EUR. Inchcape : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 1035 GBp. Johnson Matthey : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 2550 à 2200 GBp. Kering : Barclays passe de surpondérer à pondération en ligne en visant 555 EUR. MCH : Research Partners passe de conserver à acheter en visant 7 CHF. QinetiQ : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 411 à 400 GBp. Quadient : Portzamparc reste à l'achat avec un objectif relevé de 34 à 36 EUR. Rovi : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif relevé de 87,60 à 88,30 EUR. SGS : RBC passe de surperformance à performance sectorielle en visant 2350 CHF. SKF : Jefferies passe de conserver à sous performance en visant 123 SEK. Snam : Citigroup passe de vendre à neutre en visant 4,30 EUR. Solaria : Société Générale passe de conserver à acheter en visant 21 EUR. Unicredit : JP Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 15 EUR. WithSecure : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 2,60 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) TotalEnergies s'allie à SARIA pour développer la production de carburant aérien durable sur la plateforme de Grandpuits. Par ailleurs, les salariés du groupe pétrolier entament aujourd'hui un mouvement de grève en France à l'appui de revendications salariales. ArcelorMittal émet 600 M€ d'obligations à 4,875% échéant en 2026. Asda choisit les solutions de planification et d'optimisation de Dassault Systèmes pour transformer ses activités de transport. Deux filiales de Crédit Agricole écopent de petites amendes pour violations de sanctions américaines. Arkema révise à la hausse son extension de capacité mondiale d'élastomères Pebax sur son site de Serquigny. Electricité de France, en consortium avec KEPCO et Kyushu Electric, finalise le financement du projet de transport d'électricité aux EAU. Par ailleurs, EDF conclut un accord avec EPH pour vendre sa participation dans une centrale aux Pays-Bas. Fnac Darty sélectionne SES-imagotag pour la digitalisation de plus de 200 magasins en Europe. JCDecaux Portugal renouvelle son partenariat avec Sonae Sierra. Technicolor Creative Studios, spinoff de Technicolor, débute sa cotation sur Euronext. Transgène tient une journée R&D. CGG signe un accord de licence multiclients avec TotalEnergies pour le stockage de gaz carbonique. Leroy Merlin confie à Voltalia la réalisation d'une centrale solaire en Centre-Val de Loire. Servier lève l’option de licence exclusive mondiale sur le programme dans le traitement de la maladie de Parkinson d'Oncodesign Precision Medicine, filiale d'Oncodesign. Guerbet obtient un financement d’1 M€ de la BPI. Quadient, Cabasse, Marie Brizard, FIPP, Precia et Roctool ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Sika va céder des actifs pour éviter les foudres de l'antitrust dans le cadre du rachat du groupe MBCC. Ford Motor a demandé lundi à ce que soit rejugée l'affaire qui lui a valu le mois dernier une condamnation à verser 1,7 Md$ à la suite d'un accident mortel impliquant un de ses véhicules utilitaires. Biogen va verser 900 millions pour solder une affaire de pots-de-vin. Biffa accepte une offre de rachat à 410 GBp par action en numéraire d'ECP. Nexi pense générer 2,8 Mds€ de trésorerie excédentaire sur 2023/2025. Le PDG de Siemens Gamesa estime qu'il remettra d'aplomb la branche éoliennes terrestres en 2022. Generac Holdings entre sur le marché des batteries portables. Georg Fischer confirme ses objectifs 2025. Stanley Black & Decker et TerraCycle lancent un programme de recyclage gratuit pour les appareils ménagers et les outils. Principales publications du jour : Ferguson, Jabil, United Utilities, Verbio, Danieli… Tout l'agenda ici. Lectures Faux porno, vraie attaque (Wired, en anglais). Les fromages AOP fragilisés par la crise climatique (Le Monde). Le coût du vide informationnel de la Chine (Financial Times, en anglais). Course à l’ordinateur quantique : aux origines d’une créature hybride (The Conversation). God Save the Pound? (Project Syndicate, en anglais). Altice invoque le secret des affaires pour demander la censure d’articles (Mediapart).
ZB Le 27 septembre 2022 à 09:07
L'éléphant dans la pièce

L'éléphant dans la pièce

Je n’ai pas grand-chose de positif à communiquer ce matin. Ce n’est pas la première fois de l’année, mais là je n’ai presque plus de blagues pour faire passer la pilule. Remarquez, c’est peut-être le signe que la capitulation approche. La capitulation, c’est le moment où les nerfs des investisseurs lâchent. Elle intervient en général après une phase de pertes et des échecs de rebond successifs. En réalité, il y a plusieurs mois que les indicateurs de moral des investisseurs sont au niveau des pâquerettes, plutôt côté racines que pétales d’ailleurs. Mais paradoxalement, il y a un décalage entre ces indicateurs et le vrai comportement des financiers, qui ont du mal à se sevrer des actions. Cela tient à un combinaison de facteurs : Le marché obligataire n’est pas une cachette valable puisqu’il subit un krach historique. Cela rejoint le concept "TINA" ("there is no alternative", il n'y a pas d'alternative meilleure que les actions). Le sentiment "FOMO" ("fear of missing out", l'angoisse de manquer un truc important, en l'occurrence un rebond des marchés actions). Des indicateurs macroéconomiques robustes qui masquent les désordres microéconomiques. Typiquement, la résistance singulière de la consommation (qu'on voit mal perdurer), le chômage extrêmement faible ou l'absence d'accident majeur sur le marché du crédit (qu'on voit mal perdurer). Cette somme de facteurs a permis le rebond qui a eu lieu entre la mi-juin et la mi-août. Depuis, le soufflé est retombé. Au cours du mois de septembre, qu'ont fait les riches investisseurs ? Ils ont déplacé leurs billes vers des ETF défensifs et les actions des secteurs des produits de base et de la santé. C'est ce qui ressort d'une petite enquête menée par Bank of America sur ses clients privés. Cette clientèle est actuellement à 62,2% sur les actions, 19,2% sur les obligations et 11,7% liquide. La banque américaine aborde d'ailleurs le sujet de la capitulation dans le même document. De son point de vue, le krach obligataire actuel aura deux conséquences, la multiplication des "événements" de crédit (comprendre "des défauts") et des dégâts dans les placements chéris des investisseurs comme la technologie américaine, le private equity et être long sur le dollar (sur ce dernier point, ça reste à se matérialiser). "La véritable capitulation est celle des investisseurs qui vendent ce qu'ils aiment et qu'ils ont en portefeuille", souligne BofA. Ah, une dernière chose pour ajouter une note d'optimisme tactique : la banque ajoute qu'il faut guetter le moment de l'arrivée des données négatives sur l'emploi. A partir de là, la récession sera entrée dans les caboches et cela devrait profiter aux actions les plus cycliques, en prévision du prochain round de reprise économique. On quitte la finance prospective pour se pencher sur l'actualité du jour. A commencer par la victoire électorale de l'extrême-droite en Italie, qui devrait porter à la présidence du conseil Giorgia Meloni. Il faut probablement s'attendre à des rapports plus conflictuels avec Bruxelles, ce que matérialise un nouveau plongeon de l'euro face au dollar. En Russie, des parlementaires proches du pouvoir s'inquiètent des "excès" dans la campagne de mobilisation. Après les mesures fiscales extrêmement agressives prises au Royaume-Uni pour tenter de compenser le chaos énergético-inflationniste, la livre sterling a chuté à 1,035 USD, un niveau inédit pour le "cable", l'une des paires de change les plus suivies. La chute est si prononcée que des rumeurs circulent sur un relèvement de taux en urgence de la Banque d'Angleterre dès cette semaine, hors du cadre très policé des réunions périodiques. Le genre d'événement qui ne risque pas de détendre l'atmosphère chez des financiers qui détestent l'improvisation. Dernier élément, les prix du pétrole reculent encore, ce qui est une bonne nouvelle pour l'inflation mais un peu moins pour la perception qu'ont les investisseurs des perspectives économiques. Sur l'agenda de la semaine, il faudra slalomer entre les (nombreuses) allocutions publiques de banquiers centraux qui devraient continuer à multiplier les avertissements sur les ravages de l'inflation. Au cas où on aurait manqué l'information. Il y aura quatre indicateurs importants cette semaine. Aux Etats-Unis, les commandes de biens durables et la confiance des consommateurs (mardi) et l'inflation PCE d'août (vendredi). En Europe, l'attention se portera sur les chiffres préliminaires de l'inflation de septembre, qui seront annoncés vendredi. L'actualité des sociétés est dominée en Europe par le bal des prétendants autour de M6 Métropole Télévision après l'échec du rapprochement avec TF1. Par ailleurs, c'est cette semaine que Volkswagen doit faire entrer Porsche en bourse, sans doute pas le choix le plus judicieux mais ce genre d'opération peut difficilement être déprogrammé sans risquer d'importants dommages réputationnels. Et puis à force de crier sur tous les toits que Porsche est la plus belle marque qui soit, Volkswagen n'a plus trop le choix. Les marchés financiers sont encore en difficultés ce matin. L'Asie Pacifique suit la glissade occidentale de vendredi, avec des replis extrêmement marqués au Japon (-2,6% pour le Nikkei 225) et en Corée (-2,8% pour le KOSPI) et un peu plus mesurés en Inde (-1,8% pour le NIFTY) et en Australie (-1,2% pour l'ASX). Les indicateurs avancés européens sont baissiers. Le CAC40 a démarré en baisse de 0,5% mais s'est rapproché de l'équilibre quelques minutes après.  Les temps forts économiques du jour L'indice Ifo de confiance des milieux d'affaires allemands (11h00) et l'indice d'activité de la Fed de Chicago (14h30) sont attendus. Tout l'agenda macro ici. L'euro poursuit sa dégringolade à 0,9638 USD. L'once d'or chute de concert à 1639 USD. Le pétrole recule, avec un Brent de Mer du Nord à 85,56 USD le baril et un brut léger américain WTI à 78,31 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans se tend à 3,74%. Le 5 ans est à 4,04% et le 2 ans à 4,25%. Le bitcoin fait de la résistance autour de 18 900 USD. Les principaux changements de recommandations Airbus : Jefferies reste à l'achat avec un objectif réduit de 145 à 140 EUR. Anheuser-Busch Inbev: Jefferies passe d’acheter à conserver en visant 55 EUR. BAE Systems: Jefferies reste à l’achat avec un objectif relevé de 960 à 1000 GBp. BP Plc: J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 520 GBp. Carlsberg : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 1110 DKK. Computacenter: Citigroup passe de neutre à achat en visant 2450 GBp. Faurecia : J.P. Morgan réduit son objectif de cours de 40 à 34 EUR. Givaudan: Morgan Stanley passe de pondération en ligne à surpondérer en visant 3400 CHF. Medacta: Crédit Suisse reste à surperformance avec un objectif de cours réduit de 120 à 105 CHF. Novartis : UBS reste neutre avec un objectif de cours réduit de 86 à 80 CHF. Rieter: Crédit Suisse reste neutre avec un objectif réduit de 121 à 100 CHF. Securitas : AlphaValue reste à l'achat avec un objectif réduit de 159 à 137 SEK. Soprano: Inderes passe de vendre à alléger en visant 0,82 EUR. Symrise: Morgan Stanley passe de neutre à souspondérer en visant 91 EUR. Thales: Jefferies reste à l’achat avec un objectif réduit de 145 à 135 EUR. TotalEnergies: J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 62 EUR. Unilever : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 55,50 EUR. Valeo : J.P. Morgan réduit son objectif de cours de 25 à 20 EUR. Varta: Goldman Sachs passe d’achat à neutre en visant 50 EUR. J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 45 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) TotalEnergies réalise un investissement majeur de 1,5 Md$ dans le gaz au Qatar. Le CEO d'Airbus réaffirme sa confiance dans l'objectif de production de 2025. Eurofins cède son activité "Digital Testing" à Stirling Square pour 220 M€. Alstom remporte un contrat de 116 millions d'euros en Italie. Un consortium emmené par Stéphane Courbit proposerait 20 EUR par action M6 Métropole Télévision à RTL Group en vue d'un rachat, selon Bloomberg. Daniel Kretinsky serait aussi sur les rangs, ainsi que MFE-MediaforEurope. Ramsay Générale de Santé a pris note de l'arrêt des discussions de rachat entre son propriétaire Ramsay Health Care et le consortium mené par KKR. Valneva ne poursuivra le développement d'un vaccin de deuxième génération contre la COVID-19 que si les négociations de financement en cours aboutissent. Biosynex lance une OPA amicale à 2,30 EUR par action Theradiag. Vers une OPA à 0,19 EUR sur les actions Atari, déposée par Irata, qui n'a pas l'intention de retirer le dossier de la cote. L'opération est soutenue par le PDG et par le conseil d'administration. Capelli monte un projet de requalification urbaine pour le nouveau siège de la CPAM de Bordeaux. Vergnet monte un financement dilutif par OCABSA avec Negma. Egide lève 1 M€ via un placement obligataire avec Vatel Capital. Le groupe a en parallèle demandé au bailleur de fonds des filiales Egide USA et Santier un report de 3 mois des échéances le temps de négocier avec Gibraltar Capital. Augros, Soditech et Lysogène ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Volkswagen lance Porsche en bourse jeudi. L'Italie et Intel choisissent la Vénétie comme région de prédilection pour une nouvelle usine de puces. PG&E va remplacer Citrix dans le S&P500. EQT Corp prendra la place de Duke Realty. Glencore condamné à une amende de 486 M$ pour son système de manipulation du marché américain. La direction de Credit Suisse a publié un mémo interne pour tenter de rassurer ses employés après les rumeurs récentes. RWE signe un partenariat avec ADNOC pour l'approvisionnement en GNL. Vodafone envisage de vendre sa participation dans Vantage Towers. Le directeur financier sortant du groupe Burberry occupera le même poste chez GSK. Justin Boxford nommé président mondial de la marque The Estée Lauder. AstraZeneca abandonne le médicament contre le cholestérol de Ionis après avoir échoué à atteindre le seuil d'efficacité dans l'étude de phase II. TPG ferme son SPAC TPG Pace Beneficial Finance Corp et rembourse les investisseurs faute de placement intéressant. Givaudan se joint à LanzaTech pour fabriquer des ingrédients de parfumerie à partir de carbone renouvelable. Principales publications du jour : Quadient, Leclanché… Tout l'agenda ici. Lectures 89% des particuliers perdent en bourse ? (Vidéo pédagogique Zonebourse). L'extrême-droite va revenir au pouvoir en Italie (AFP). Ce que beaucoup de progressistes comprennent mal à propos de la lutte contre le changement climatique (The Atlantic, en anglais). Vous êtes trop vieux pour porter… (Wall Street Journal, en anglais). Acheter le plongeon du marché boursier se retourne contre vous (Wall Street Journal, en anglais).
ZB Le 26 septembre 2022 à 09:03
Ça va pas très fort

Ça va pas très fort

Les marchés actions mondiaux ont continué à se recroqueviller jeudi, toujours groggys après le durcissement de la politique monétaire des principales banques centrales du monde. Les investisseurs s'étaient bâtis il y a quelques semaines un scénario en forme de happy end, sans prévoir une énième péripétie. C'est une bête histoire de décalage entre la réalité et la fiction. La fiction, c'était la victoire rapide des banques centrales contre l'inflation. La réalité c'est qu'on ne nettoie pas de fond en comble des économies modernes en quelques mois. C'est Jerome Powell, le patron de la Fed, qui l'a encore rappelé mercredi soir. Powell est un indicateur fiable, d'abord parce qu'il est aux commandes de l'économie la plus influente du monde. Ensuite parce qu'il a longtemps vécu lui-même dans la fiction que la banque centrale américaine allait reprendre le contrôle des prix en faisant les gros yeux. Avant de changer de camp, évidemment, mais tardivement. On peut donc imaginer qu'il a appris de ses erreurs d'appréciation, ou plutôt des erreurs commises par l'équipe qu'il incarne. Donc le message est désormais : les efforts passés ne sont pas encore suffisants. Le marché de la dette l'a bien compris : le taux de l'obligation américaine à 10 ans est monté à 3,71% hier, un niveau inédit sur la période récente. En Europe hier, la séance boursière était plus que morose : toutes les places ont cédé plus de 1%. Paris et Francfort se sont même enfoncées de 1,8%. Aux Etats-Unis, il y a eu quelques tentatives de rejoindre la surface, mais les indices ont échoué en fin de parcours. Bilan, -0,35% pour le Dow Jones et -1,2% pour le Nasdaq. J'avais parié avec le reste de l'équipe hier que le marché américain allait finir par rebondir. J'imagine que ça va me coûter la tournée de viennoiseries du vendredi. Hier, les banques centrales de plusieurs pays sont venues apporter leurs pierres à l'édifice de la remontée des taux. En particulier en Suisse, en Norvège et au Royaume-Uni. Les outils classiques de cintrage de l'inflation sont déployés, mais on a le sentiment que les banquiers centraux ne contrôlent pas grand-chose. Cela ajoute probablement au spleen des investisseurs actuellement. Il me faut ajouter que la Banque du Japon a fini par réagir à la glissade du yen contre le dollar. La situation devenait intenable avec un recul de 25% depuis le 1er janvier. La BoJ a donc acheté du yen hier, une première en 24 ans, pour "défendre" la zone de 145 JPY pour 1 USD. Ce grand écart provient notamment d'une politique monétaire toujours accommodante dans l'Archipel alors que le reste du monde donne des tours de vis à n'en plus finir. L'actualité "macro" du jour sera dominée par les indicateurs PMI des grandes économies, qui prennent le pouls des directeurs d'achat dans l'industrie et les services. Des statistiques très suivies en général, qui seront distillées tout au long de la journée.   Je termine les chroniques de la semaine avec le papier intéressant d'un collègue, de John Thornhill, dans le Financial Times. Le journaliste cherchait à trouver en quoi les investisseurs ont eu raison dans les choix qui ont fait gonfler la dernière bulle technologique, celle qui a éclaté en décembre 2021. Un exercice voisin de celui de Paul Graham avec la bulle internet de 2000. Graham expliquait que les investisseurs boursiers avaient eu raison à l'époque sur la direction du voyage, mais tort sur sa vitesse. Thornhill avance cinq éléments à mettre au crédit des investisseurs. D'abord, ils ont eu raison d'accorder une valeur énorme aux données. Ensuite, ils ont bien compris que si la mondialisation ralentit, la mondialisation électronique s'accélère. Troisième élément, ils ont perçu que le marché du travail a été durablement bouleversé par le coronavirus. Quatrième point, Thornhill pense que la transition énergétique se traduira par une richesse boursière colossale. Je n'ai pas trouvé ça très clair au premier abord, mais il utilise Tesla pour illustrer ce point : l'entreprise est sans doute surmédiatisée et peut-être surévaluée, mais c'est elle qui a montré la voie. Enfin, il mentionne la blockchain et les cryptomonnaies en concédant que les aficionados n'apportent pas beaucoup de réponses mais posent de bonnes questions. Ce constat me paraît assez juste même s'il manque probablement pas mal d'éléments, de l'aveu même de l'auteur. Personnellement, histoire de jouer l'avocat du diable, je complèterai avec une grande tendance de fond qui est en partie le revers de la médaille de ce qui précède, et qui va aussi largement façonner le monde, et l'investissement, dans les années à venir. Les deux visages de l'interconnexion permise par les réseaux sociaux : l'accès démultiplié à l'information et la pensée en silo qui renforce le tribalisme. Sur les marchés actions, la fin de semaine est teintée de rouge en Asie Pacifique, sauf au Japon où un jour férié empêche les indices de reculer. Les baisses vont de quelques points en Chine continentale à près de 2% en Australie. Les indicateurs avancés européens sont très légèrement haussiers, parce que les places du continent ont plus baissé que Wall Street en clôture. Le CAC40 perdait 0,2% à 5904 points peu après l'ouverture. Les temps forts économiques du jour Les investisseurs s'intéresseront à la première mouture des indices PMI de septembre, publiés pour les principales économies. Tout l'agenda macro ici. L'euro reste sous pression à 0,982 USD. L'once d'or remonte à 1668 USD. Le pétrole recule, avec un Brent de Mer du Nord à 89,89 USD le baril et un brut léger américain WTI à 83,03 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans se tend à 3,71%. Le bitcoin évolue autour de 18 900 USD. Les principaux changements de recommandations Alstom : Deutsche Bank réduit son objectif de cours de 37 à 32 EUR. Asos : RBC passe de surperformance à performance sectorielle en visant 1000 GBp. Beiersdorf : Berenberg reste à l'achat avec un objectif relevé de 121 à 128 EUR. Bureau Veritas : Oddo BHF passe de surperformance à sousperformance en visant 25 EUR. Compagnie Financière Richemont : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 126 à 128 CHF. Equasens : GreenSome Finance reste à l'achat avec un objectif réduit de 103,10 à 87,30 EUR. Fnac Darty : Oddo BHF passe de neutre à sousperformance visant 36 EUR Intertek : Oddo BHF passe de neutre à surperformance en visant 4500 GBp. Kaufman & Broad : Oddo BHF passe de surperformance à neutre en visant 28 EUR. LPKF : Stifel démarre le suivi à l'achat en visant 17 EUR. Neoen : Citigroup passe de neutre à vendre en visant 37 EUR. Nexity : Oddo BHF passe de neutre à sousperformance en visant 27 EUR. SMCP : Oddo BHF passe de surperformance à neutre en visant 8 EUR. SUSE : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 28 à 20 EUR. The Swatch Group : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 320 à 318 CHF. TotalEnergies : Jefferies reste à l'achat avec un objectif relevé de 60 à 71 EUR. UCB : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 89 EUR. Valneva : Goldman Sachs passe d'achat à neutre en visant 8 EUR. Veolia : Citigroup démarre le suivi à neutre en visant 21 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) Mawer Investment, qui détient 1,5% d'Aveva, juge l'offre de Schneider Electric aux minoritaires trop faible. L'Oréal rachète la marque américaine Skinbetter Science. EssilorLuxottica lance un programme de rachat d'actions. Renault prévoit un plan de soutien à l'inflation pour ses salariés. Faurecia obtient un prêt dans le cadre du rachat d'Hella. TF1 porte son contentieux avec Canal + (Vivendi) en appel. RTL Group envisage de vendre sa participation dans M6 Métropole Télévision après l'abandon de la fusion avec TF1. Casino à nouveau balloté par sa situation financière. Technicolor lance la distribution en nature de 65% de Technicolor Creative Studios aux actionnaires de Technicolor. Lhyfe inaugure le premier site pilote de production d’hydrogène renouvelable offshore au monde. Innate Pharma présente des données de l'essai TELLOMAK. Akwel, Alten, Robertet, Lumibird, Witbe, Keyrus, Micropole, IT Link, Focus Entertainment, OSE Immuno, Foncière 7 Investissement, Europlasma, SQLI et BOA Concept ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Crédit Suisse dément les rumeurs de départ des Etats-Unis, alors que le titre a été chahuté hier à cause d'informations sur une augmentation de capital en préparation. Volkswagen envisage de délocaliser sa production hors d'Europe de l'Est dans le contexte de la crise énergétique. Cano Health serait dans le collimateur d'Humana et d'autres acquéreurs, selon le Wall Street Journal. The Boeing Company va payer 200 M$ pour mettre fin à l'enquête de la SEC sur la communication autour du B737MAX. Romande Energie et ses partenaires vendent Neo technologies. com renonce à ses prévisions et se met en vente. ABB va prendre une participation de 10% dans le groupe technologique de surveillance de la santé des actifs Samotics. Mercedes va rappeler plus de 100 000 voitures dans le monde en raison d'un problème d'humidité. Tesla rappelle 1,1 million de véhicules américains en raison d'un problème de logiciel d'inversion automatique des vitres. Principales publications du jour : Smiths Group, Biffa, Juventus Football Club… Tout l'agenda ici. Lectures Les 25 collections de vêtements pour femmes les plus influentes de l'après-guerre (New York Times, en anglais). BrewDog, succès d’une bière artisanale et amertumes managériales (The Conversation). Le monde va avoir un problème de cuivre (Bloomberg, en anglais). Il y aurait 2,5 millions de fourmis pour 1 être humain sur terre (Proceedings of the National Academy of Sciences, en anglais). Les quatre crises qui ont façonné le "marché des dieux" (The Conversation). Faut-il taxer les bénéfices exceptionnels des compagnies d'énergie ? (Project Syndicate, en anglais). Les ados et le "doomscrolling" (The Conversation). Eloge de la Maintenance (Noéma, en anglais).
ZB Le 23 septembre 2022 à 09:06
Powell on ? Powell off !

Powell on ? Powell off !

J'ai sincèrement essayé d'écrire un truc à peu près d'aplomb sans mentionner le terme "banque centrale" ce matin, mais je dois me rendre à l'évidence : c'est un lamentable échec. Dites-vous que vous avez quand même échappé à des titres comme "Powell : c'est pas la Fed du slip" ou "Fed Up" (ras-le-bol en anglais). Pour simplifier l'histoire, je vais, si vous me le permettez, utiliser des lapins, parce que c'est plus mignon. Ainsi donc l'assemblée des lapins espérait que le grand chef lapin allait sortir hier soir de son chapeau (dans ce monde, les lapins ne sortent pas des chapeaux, ils en font sortir des choses) un commentaire qui ferait rebondir la Bourse de la Garenne. Mais le grand chef lapin leur a expliqué que non, ce n'était pas encore le moment parce que le prix des carottes n'est pas encore stabilisé. Pire, il leur a même dit qu'il faudra sans doute accepter de souffrir un peu plus longtemps que ce qu'ils prévoyaient. L'assemblée des lapins a été fort déçue d'apprendre qu'elle devra continuer à manger du trèfle par la racine et la Bourse de la Garenne a continué à baisser. Sans les lapins et en condensé, ça donne à peu près ça : la Fed a relevé sans surprise ses taux de 75 points de base mais Jerome Powell s'est montré un peu plus pessimiste que prévu sur les efforts à fournir même s'il pense que la politique monétaire restrictive n'entraînera pas de récession aux Etats-Unis. Conséquences ? D'abord, le dollar a continué à écrabouiller les autres devises. Ensuite, le curseur du niveau de taux plafond anticipé en haut de cycle est passé de 4,5 à 4,6% (contre une fourchette 3 à 3,25% actuellement en tenant compte de la hausse d'hier). Enfin, le rendement de la dette américaine a 10 ans a peu varié en restant autour de 3,54%, mais celui de la dette a 2 ans est monté en flèche à 4,11%. Traduction ? La Fed sait qu'elle doit davantage assécher les liquidités pour faire revenir l'évolution des prix dans une limite acceptable. Et les marchés actions n'aiment pas trop ça parce que cela repousse dans le temps le moment où la politique monétaire leur sera à nouveau plus favorable. En conséquence, Wall Street a encore perdu du terrain hier, avec des baisses de 1,7% pour le Dow Jones et le S&P500 et de 1,8% pour le Nasdaq. En Europe, les indices les plus cycliques comme le CAC40 français et le DAX allemand avaient progressé hier en clôture, à l'inverse de ceux plus défensifs comme le SMI suisse. On ne peut pas dire que la Fed a beaucoup fait évoluer son discours, mais les investisseurs n'ont pas bénéficié de la branche à laquelle ils espéraient se raccrocher. Changement de décor pour un focus sur TotalEnergies, l'une des trois seules valeurs du CAC40 français à afficher un parcours positif en 2022 (avec Thales et Orange). Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a indiqué hier que le mécanisme de taxation des bénéfices exceptionnels des énergéticiens en cours de réflexion en Europe coûtera à son groupe plus d'1 milliard d'euros, ou du moins l'empêchera de les encaisser. En parallèle, la ristourne accordée par TotalEnergies aux automobilistes français sur les prix à la pompe a généré un manque à gagner de 171 M€ depuis son entrée en vigueur le 1er septembre (TotalEnergies abaisse de 0,20 EUR le prix du litre de carburant dans ses stations). Mais intéressons-nous au milliard d'euros évoqué précédemment. Je me suis amusé à chercher ce qui correspond à 1 milliard d'euros actuellement dans le monde. Voilà quelques équivalents : 0,4% de la fortune estimée d'Elon Musk. L'équivalent de la capitalisation du spécialiste des outils de géolocalisation TomTom ou du logisticien français du froid Stef. 18,4 tonnes d'or. 0,16% du budget 2021 de la France. 3,3% du bénéfice net après impôts que les analystes attendent en moyenne pour TotalEnergies en 2022 (soit 29,55 Mds$). Si l'on revient sur les places boursières au petit-matin à l'heure européenne, les marchés asiatiques évoluent tous dans le rouge en fin de parcours. Les replis sont supérieurs à 1% en Australie, en Corée et à Hong Kong, et plus mesurés en Inde et au Japon. Le Japon où la banque centrale reste à contrecourant des autres puisqu'elle a maintenu ses taux au plancher. Il faut dire qu'après avoir tenté vainement de créer de l'inflation pendant des années, la hausse des prix est enfin arrivée sous la forme d'une progression annuelle de 3%, certes supérieure à l'objectif de 2% mais encore nettement en-deçà de ce qui est visible ailleurs dans le monde. La Banque d'Angleterre, qui a des problèmes bien plus épineux à résoudre, sera elle sur le pont à la mi-journée. En Europe, l'ouverture des marchés actions sera baissière, d'autant plus sur les marchés qui étaient en gros décalage par rapport à la clôture de Wall Street. Le CAC40 perdait 1,6% à 5933 points à l'ouverture.  Les temps forts économiques du jour Pas mal de banques centrales aujourd'hui encore : Banque du Japon, puis Banque nationale suisse (9h30) et Banque d'Angleterre (13h00). Tout l'agenda macro ici. La Banque du Japon reste à contrecourant de ses homologues en restant utra-accommodante, avec des taux au plancher. L'euro recule à 0,982 USD. L'once d'or baisse sous 1660 USD. Le pétrole se reprend légèrement après sa décrue, avec un Brent de Mer du Nord à 90,22 USD le baril et un brut léger américain WTI à 83,29 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans varie peu à 3,55% et celui à 2 ans accélère à 4,11%. Le bitcoin évolue autour de 18 700 USD. Les principaux changements de recommandations ABC Arbitrage : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif réduit de 8,50 à 8 EUR. About You : Deutsche Bank passe d'acheter à conserver en visant 9 EUR. Accor : J.P. Morgan passe de neutre à souspondérer en visant 21 EUR. ArgenX : Bryan Garnier démarre le suivi à l'achat en visant 440 EUR. Cegedim : Société Générale passe d'acheter à conserver en visant 21,30 EUR. Ceres Power : RBC démarre le suivi à performance sectorielle en visant 600 GBp. Chargeurs : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 31 à 16 EUR. Compass : AlphaValue passe de vendre à accumuler en visant 2054 GBp. Dianomi : Liberum reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 460 à 300 GBp. Enagas : Société Générale passe de conserver à acheter en visant 18,50 EUR. FirstGroup : J.P. Morgan reprend le suivi à surpondérer en visant 155 GBp. Fortum : Oddo BHF passe de neutre à surperformance en visant 18,50 EUR. Glencore : J.P. Morgan reste à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 5900 à 6400 GBp. McPhy : RBC démarre le suivi à surperformance. Moncler : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 50 à 52 EUR. Nextedia : GreenSome Finance reste à l'achat avec un objectif relevé de 1,20 à 1,34 EUR. Orpea : AlphaValue passe d'acheter à alléger en visant 13 EUR. Partners Group : Crédit Suisse reste à surperformance avec un objectif réduit de 1275 à 1175 CHF. Reworld : GreenSome Finance reste à l'achat avec un objectif réduit de 11,35 à 11,21 EUR. Ubisoft : Stifel passe d'acheter à conserver en visant 35 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) Veolia annonce un accord en vue de céder les activités de déchets de Vigie au Royaume-Uni à Suez, qui a exercé son option pour récupérer les actifs aux dépens de Macquarie. Le groupe a par ailleurs prévu de rendre ses services autonomes en énergie en France. La CMA britannique donne son feu vert au rachat de GCP par Saint-Gobain. Vinci s'engage dans une démarche de sobriété énergétique. JCDecaux remporte un contrat de 10 ans avec ViaQuatro pour l'exploitation des espaces publicitaires de la ligne 4 du métro de São Paulo. Nexans raccorde le projet offshore éolien d'Orsted Eversource, pour alimenter en électricité le Connecticut et Rhode Island. Franprix (Casino) et la famille Zouari prolongent leur partenariat. Deezer perd des abonnés, mais confirme son objectif de revenus pour 2022. Metabolic Explorer prend des mesures temporaires pour réduire sa production à Amiens et signale qu'elle a des systèmes de couverture pour son approvisionnement énergétique. Décès de Pierre Guénant, le président d'AdVini. Voltalia lance la construction de 50,6 MW de capacités solaires au Portugal. Inventiva et Sino Biopharm signent un accord de licence et de collaboration pour développer et commercialiser lanifibranor en Chine. Nanobiotix établit la dose recommandée pour l'étude d'enregistrement évaluant l'association NBTXR3 + anti-pd-1 chez des patients atteints de cancer métastatique de la tête et du cou et résistant à l'immunothérapie. La FDA demande des modifications sur l'étude clinique VITESSE de DBV Technologies avec Viaskin Peanut chez les enfants âgés de 4 à 7 ans présentant une allergie à l’arachide. C'est une mauvaise nouvelle qui va retarder le processus. Henkel et Prodways collaborent pour proposer des résines Loctite sur les imprimantes ProMaker LD pour la fabrication de pièces industrielles. Europlasma tire une nouvelle tranche sur sa convertible. Jacques Bogart et Slimane s'associent pour une première gamme de produits capillaires. Hopium choisit la Normandie pour son premier site industriel. Global Bioenergies met un point final au programme Rewofuel, qu'elle qualifie de "succès". Biosynex acquiert l'italien Bigix Pharma. Lhyfe, Hexaom, Synergie, Graines Voltz, Hopscotch, Compagnie Lebon, Sensorion, Acheter-Louer, Reworld, Infotel, Kalray, Guerbet, Bio-UV et Nextedia ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Le Credit Suisse envisage de diviser sa banque d'investissement en trois, selon le FT. Novartis présente aujourd'hui son plan de moyen terme. Meta Platforms veut réduire ses coûts de 10% dans les mois à venir, selon le Wall Street Journal. Par ailleurs, le groupe a été condamné à payer 174,5 M$ à Voxer pour violation de brevet. Holcim finalise le rachat du belge Cantillana. JD Sports Fashion reste prudent après la baisse de ses bénéfices. DKSH acquiert l'américain Terra Firma. Cofinimmo va étendre son portefeuille immobilier de santé en Galice et à Tenerife. La Banque d'Italie a donné son feu vert au rachat d'Atlantia par la famille Benetton et le fonds américain Blackstone. Principales publications du jour : CostCo, Accenture, Fedex, FactSet, JD Sports Fashion, Alten… Tout l'agenda ici. Lectures Superprofits : le coup de pouce de la BCE aux banques (Mediapart). La matriarchie de Björk (The Atlantic, en anglais). Péages d’autoroutes : jeu de dupes autour des hausses de tarif (Le Monde). La Reine et le capitalisme (Project Syndicate, en anglais). Voici pourquoi il faut interdire l’alcool à la chasse (The Conversation).
ZB Le 22 septembre 2022 à 09:03
Le marché s'en remet encore à la Fed

Le marché s'en remet encore à la Fed

Finalement, les investisseurs ont renoncé hier à prendre des risques en amont de la décision que la Fed doit prendre ce soir sur ses taux. C'était même plutôt l'inverse avec une séance boursière qui s'est terminée dans le rouge. C'est la sixième fois d'affilée en Europe pour l'indice large Stoxx Europe 600, qui a perdu près de 6% dans l'intervalle. Wall Street n'a même pas essayé de rebondir hier : la séance a démarré en baisse et s'est achevée non loin des niveaux constatés dans les premiers échanges. Au final, les pertes ont avoisiné 1% pour les trois indices. Petite curiosité quand même, le Nasdaq a perdu un peu moins de terrain que le S&P500 et le Dow Jones, grâce à Apple. La marque à la pomme profite d'un retour d'appétit des investisseurs depuis quelques séances, parce qu'elle offre un bon compromis entre robustesse des résultats et vertus défensives sur un compartiment technologique dont la frange la plus risquée a été ravagée au cours des derniers mois. Pour autant, Apple est loin d'être le dossier le plus abordable de la cote en matière de multiples de résultats. Mais les investisseurs sont prêts à payer le prix d'une certaine forme de tranquillité pendant ces phases difficiles. Le marché attend donc avec son habituelle ferveur servile le verdict de la réunion de septembre de la banque centrale américaine. Un relèvement de 75 points de base a les faveurs des pronostics. Le scénario minoritaire d'une hausse de 100 points de base circule aussi, histoire d'entretenir le suspense. Décision à 20h00, hors séance européenne donc, et explication de texte du patron de la Fed, Jerome Powell, à partir de 20h30. Pourquoi c'est important ? Parce que les investisseurs vont confronter leur sentiment avec celui de la banque centrale. Pour que les marchés boursiers se redressent, il faut probablement quelques signaux montrant que la Fed est devenue plus optimiste que les financiers. Même à peine plus optimiste. L'amélioration du sentiment de marché repose souvent sur des éléments subtils. Les décisions des autres banques centrales prévues au cours de la semaine auront leur importance, mais pour ce qui est de la finance mondiale, c'est bien la Fed qui donne le tempo. Du côté de la BCE, la décision de relever les taux a déjà été prise plus tôt dans le mois mais Christine Lagarde a eu l'occasion de s'exprimer hier à Francfort pour rappeler que l'institution est prête à aller au-delà de la neutralité sur ses propres taux directeurs. C’est-à-dire leur faire atteindre des niveaux punitifs pour l'activité économique, afin de reprendre le contrôle de l'inflation. Lagarde marche ainsi dans les pas de Powell parce que l'un comme l'autre n'ont pas vraiment d'autre choix. L'avenir dira si la combinaison entre hausse de taux, réduction du bilan et discours pugnace permettra de refroidir les prix sans trop de casse économique et sociale. Si l'actualité financière tourne entièrement autour de la Fed aujourd'hui, les tensions géopolitiques constituent toujours la toile de fond globale, avec une assemblée générale de l'ONU parmi les plus tendues des dernière décennies. La Russie a prévu d'organiser dans l'urgence des référendums dans plusieurs zones réputées prorusses de l'Ukraine. Certains y voient une façon pour Vladimir Poutine de chercher à reprendre l'initiative après un mois de septembre difficile pour ses troupes sur le terrain. Le président russe, dans une allocution prononcée ce matin, a annoncé une mobilisation partielle à compter de ce jour, ce qui a fait chuter l'euro et accru la tension sur les marchés. Pour détendre l'atmosphère, rabattons-nous opportunément sur de l'information financière plus légère. Ce matin, je n'ai pas trouvé mieux que la confirmation de la suspension du directeur des opérations du spécialiste des steaks végétaux Beyond Meat. Doug Ramsey est au centre d'une polémique depuis une altercation avec un automobiliste dont il a apparemment mordu le nez. L'histoire ne dit pas s'il a été suspendu pour violence ou parce que son attaque n'était pas vraiment végane. Je pourrais ajouter que l'Allemagne va prendre le contrôle de son ex-géant gazier Uniper pour 1,70 EUR par action alors que le titre cote… 4,29 EUR. Mais cela ne fera probablement pas beaucoup marrer les actionnaires d'un groupe dont l'action valait encore 42 EUR en début d'année. Le finlandais Fortum, qui se débarrasse du bloc de contrôle à bas prix, doit malgré tout respirer parce que cela élimine un risque de liquidité majuscule. Uniper est pris entre le marteau et l'enclume de la crise énergétique. Les places occidentales ont transmis leur nervosité à l'Asie Pacifique, où l'on recule un peu partout. La baisse dépasse 1% au Japon et en Australie, tandis qu'elle avoisine ce niveau sans le dépasser en Corée ou à Hong Kong. L'exception qui confirme la règle est une fois encore l'Inde, qui évolue autour de l'équilibre en confirmant son statut de sanctuaire en 2022. Les indicateurs avancés européens évoluaient de façon assez disparate ce matin avec un léger biais, mais l'annonce de Vladimir Poutine a provoqué un regain de tension. Le CAC40 perdait 0,8% à 5931 points peu après l'ouverture. Les temps forts économiques du jour Les chiffres de l'immobilier ancien en août (16h30) permettront de patienter jusqu'à l'annonce de la décision de la Fed (20h00). Tout l'agenda macro ici. Machine arrière pour l'euro qui recule à 0,9939 USD. L'once d'or repique du nez à 1664 USD. Le pétrole est toujours en phase baissière, avec un Brent de Mer du Nord à 91,77 USD le baril et un brut léger américain WTI à 84,06 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans se tend à 3,56% et celui à 2 ans flirte avec 4%. Le bitcoin évolue autour de 19 000 USD. Les principaux changements de recommandations Adevinta : Citigroup passe de neutre à vendre. Affluent Medical : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif réduit de 8,40 à 7,50 EUR. Aryzta : ZKB passe de surperformance à performance de marché. BNP Paribas : AlphaValue reste à l'achat avec un objectif réduit de 73,70 à 72,60 EUR. Crédit Suisse : RBC reste à performance sectorielle avec un objectif réduit de 6,60 à 6 CHF. Deutsche Post : Goldman Sachs passe d'acheter à neutre en visant 38 EUR. Idorsia : Morgan Stanley passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 10 CHF. Reckitt Benckiser : AlphaValue passe d'alléger à accumuler en visant 7396 GBp. Redrow : J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 550 GBp. Rightmove : HSBC démarre le suivi à alléger en visant 520 GBp. Stora Enso : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 19,75 à 19,15 EUR. Telenor : SpareBank passe de neutre à achat en visant 130 NOK. Vistry : J.P. Morgan passe de neutre à souspondérer en visant 800 GBp. En France Annonces importantes (et moins importantes) Schneider Electric propose 3100 GBp par action pour récupérer le solde du capital d'Aveva. TotalEnergies chercherait à acquérir une participation dans le gisement de gaz naturel North Field South au Qatar, selon Bloomberg. Les réserves stratégiques de gaz d'Engie seront remplies à 100% dans les jours qui viennent. Alstom "va très bien", selon son PDG, 18 mois après le difficile rachat de Bombardier Transport. Kyoto BidCo détient plus de 90% d'Albioma à l'issue de son OPA. Compagnie Plastic Omnium fournira des réservoirs hydrogène haute pression pour les bus de Safra. Gaztransport & Technigaz remporte le contrat des cuves de deux nouveaux méthaniers. Casino obtient les autorisations réglementaires en vue de la cession de GreenYellow, qui sortira du périmètre le 18 octobre avec un produit de cession de 600 M€. Colas et TOA Road lancent la commercialisation de Wattway au Japon. Vallourec signe un accord de 10 ans avec Saudi Aramco pour la fourniture de tubes de cuvelage premium et de services. Marie Brizard avance au 26 septembre la publication de ses semestriels. Mauna Kea repousse l'annonce de ses résultats semestriels. Hopium met en place une ligne de financement dilutive de 21,6 M€ avec Atlas. Affluent Medical a levé 6 M€ à 2,32 EUR l'action. Ekinops fournit un environnement de virtualisation immersif pour la recherche et l’enseignement à l’École de technologie supérieure du Québec. Charwood Energy signe trois contrats pour plus de 2 M€. Spineway regroupe 40 000 actions anciennes en 1 nouvelle. Enertime rembourse par anticipation en numéraire des convertibles YA. Airwell, Visiativ, Crossject, Latécoère, Les Hôtels de Paris et ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) L'Allemagne nationalise Uniper. The Gap va supprimer 500 emplois administratifs. Hertz veut commander jusqu'à 175 000 véhicules électriques à General Motors sur cinq ans. Walgreens Boots Alliance va acquérir la part restante de Shields Health Solutions pour 1,37 Md$. The Boeing Company va supprimer près de 150 emplois dans le domaine de la finance aux États-Unis. Novartis se tourne vers la Cour suprême pour protéger le Gilenya aux USA. Julius Bär investit dans Grow. Oncopeptides a perdu la moitié de sa valeur hier, après des rumeurs d'avis négatif du panel FDA sur Pepaxto. Principales publications du jour : General Mills, Lennar, Trigano… Tout l'agenda ici. Lectures La Belgique redoute de devenir un narco-Etat (Le Monde). Que va-t-il arriver aux trucs avec la reine d'Angleterre dessus ? (Wired, en anglais). Le retour de la moutarde de Dijon en bleu, blanc, rouge (La Croix). Hydrogène "vert": l’Europe prête à se tirer une balle dans le pied ? (L'Opinion). Quand l'AI sert à suivre les protestations étudiantes (Dallas Morning News, en anglais).
ZB Le 21 septembre 2022 à 09:03
Rien de neuf avant demain ?

Rien de neuf avant demain ?

Les marchés actions ont décidé de la jouer patchwork hier, au terme d'une séance qui n'aura pas apporté beaucoup d'enseignements à des investisseurs en quête de visibilité. La France et la Belgique ont cédé un peu de terrain pendant que l'Allemagne, l'Italie et la Suisse grappillaient quelques points. Londres faisait relâche pour enterrer la Reine d'Angleterre, dont la disparition a suscité une vague d'émotion jusque dans mon conseil municipal, où le débat a fait rage hier soir au sujet du drapeau en berne au fronton de la mairie. Perfide Albion, c'est elle qui nous avait savonné la planche impériale et qui s'était débarrassée de Jeanne d'Arc. Le sujet avait l'air aussi polémique aux Etats-Unis, puisque la guerre d'indépendance n'a pas eu lieu contre les Zapotèques, que je sache. Au-delà du symbole monarchique, on pourrait peut-être juste se réjouir qu'un événement transnational suscite encore de l'émotion. Mais revenons à nos moutons financiers. Aux Etats-Unis, les indices ont terminé dans le vert. Les gains avoisinaient 0,7% pour le S&P500, le Dow Jones et le Nasdaq, aidés par un courant acheteur sur des grosses valeurs comme Apple ou Microsoft. Le marché est toujours dans l'attente du verdict que la banque centrale américaine doit rendre demain sur ses taux. Les contrats à terme montrent que le scénario le plus probable est un relèvement de 75 points de base, ce qui ferait passer le principal taux directeur US de la fourchette "2,25 à 2,50%" à la fourchette "3 à 3,25%". Ce niveau serait le plus élevé atteint depuis la crise financière de 2008. Mais vous commencez sûrement à connaître la chanson : plus que la décision elle-même, c'est le niveau que sont susceptibles d'atteindre les taux au pic du cycle de relèvement qui importe les financiers. C'est ce qu'ils chercheront à déterminer dans le discours de présentation de la décision que Jerome Powell prononcera demain soir. Les marchés actions pourraient se détendre si ce brave Jay laisse penser que le combat contre l'inflation est bien engagé. Ou déprimer s'il met son déguisement de Paul Volcker et qu'il suggère que ça va encore être long, sous-entendu "je n'ai foutrement aucune idée de quand tout ce merdier va cesser". A moins que ce ne soit un entre-deux un peu bancal, qui contribuerait à ce que les financiers continuent à pédaler dans la fondue, comme on dit par chez nous (c'est un mensonge, personne ne dit ça parce qu'une fondue ne se gâche pas). Ah, j'oubliais une autre hypothèse, qui est la grosse cote de la semaine : la Fed relève directement ses taux de 100 points de base (nota bene : les contrats à terme ne donnent plus que 18% de probabilité à ce scénario en date de mardi matin). Si c'était le cas, il y aurait probablement un surcroît de volatilité important demain soir, parce que les marchés n'aiment pas beaucoup les surprises. Mais même dans cette hypothèse, c'est la façon dont Jerome Powell argumentera la décision qui fera la tendance. L'actualité macroéconomique est assez pauvre aujourd'hui. Le pétrole a l'air de s'être assagi, tandis que le couple euro-dollar évolue toujours non loin de la parité. Côté statistiques, les chiffres de la construction aux Etats-Unis en août sont prévus à 14h30. Le grand bal des banques centrales démarre aujourd'hui avec la Riksbank suédoise et se poursuit donc demain avec la Banque du Brésil et la Fed. Il continuera jeudi avec notamment la Banque du Japon, la Banque nationale suisse et la Banque d'Angleterre. Côté sociétés, la principale information de la nuit est la réduction des prévisions de Ford Motor. Le constructeur automobile est touché par des surcoûts d'approvisionnement évalués à 1 Md$ et par des pénuries de composants qui l'empêchent de terminer des véhicules en cours de production. Sur les marchés financiers, c'est la fête du slip ce matin. Non, vraiment : apparemment le slip a fait sa première apparition un 20 septembre 1913 dans la revue L'Illustration, selon une source douteuse. En tout cas les investisseurs ont l'air guilleret en Asie Pacifique, Tokyo sort d'un weekend à rallonge sur un gain de 0,4%, pendant que Hong Kong et Sydney reprennent des couleurs en s'adjugeant plus de 1%. Les indicateurs avancés occidentaux sont assez bien ancrés dans le vert. Les investisseurs restent des optimistes qui ont tendance à miser sur le pouvoir des décisions monétaires pour créer des points d'inflexion haussiers. Ce qui n'empêchera pas quelques regains de nervosité au gré des rumeurs et des commentaires de marché. Le CAC40 a démarré la séance en hausse de 0,43% à 6087 points. Les temps forts économiques du jour Focus sur l'immobilier américain avec les mises en chantier & permis de construire d'août. Tout l'agenda macro ici. L'euro remonte à 1,0029 USD. L'once d'or se redresse légèrement à 1676 USD. Le pétrole n'est pas très éloigné de son niveau de vendredi, avec un Brent de Mer du Nord à 92,05 USD le baril et un brut léger américain WTI à 85,32 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans gagne 2 points à 3,47%. Le bitcoin évolue autour de 19 300 USD. Les principaux changements de recommandations Adyen : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 1500 EUR. Aena : Barclays passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 115 EUR. Aéroports de Paris : Barclays passe de souspondérer à pondération en ligne en visant 136 EUR. Coloplast : Jefferies passe d'acheter à conserver en visant 880 DKK. Dufry : HSBC reste à l'achat avec un objectif réduit de 47,50 à 44 CHF. EDP : Barclays passe de pondération en ligne à surpondérer en visant 5,90 EUR. Emmi : Vontobel reste à l'achat avec un objectif réduit de 1100 à 1000 CHF. Emova : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif réduit de 2,40 à 2 EUR. Endesa : Barclays passe de pondération en ligne à surpondérer en visant 22,10 EUR. Euronext : Crédit Suisse passe de surperformance à neutre en visant 77 EUR. Flughafen Zürich : Barclays passe de surpondérer à pondération en ligne en visant 170 CHF. Fraport : Barclays passe de pondération en ligne à surpondérer en visant 56 EUR. HelloFresh : DZ Bank reste à conserver avec un objectif réduit de 31 à 28 EUR. Helvetia : Berenberg reste à conserver avec un objectif réduit de 104 à 100 CHF. Medacta : UBS reste à l'achat avec un objectif réduit de 117 à 115 CHF. Ocado : HSBC passe de conserver à alléger en visant 575 GBp. Oxford Instruments : Jefferies reste à conserver avec un objectif réduit de 2320 à 2010 GBp. Pandora : Nordea passe de conserver à vendre en visant 300 DKK. United Internet : DZ Bank reste à l'achat avec un objectif réduit de 35 à 30 EUR. Wizz Air : Oddo BHF passe de sousperformance à neutre en visant 2500 GBp. En France Annonces importantes (et moins importantes) Safran signe deux contrats de services avec la compagnie aérienne Cathay Pacific pour sa flotte d'Airbus. La Française des Jeux négocie le rachat du second opérateur de paris hippiques en ligne, Zeturf. JCDecaux prend le contrôle de l'opérateur du réseau digital grand format de Chicago. La CMA britannique ouvre une enquête sur le projet de rachat de LeasePlan par ALD. Wallix et Nozomi Networks signent une alliance technologique pour renforcer la cybersécurité de l'industrie. Metalliance (Gaussin) vend 12 véhicules destinés à la construction du métro entre Sydney et son aéroport. Global Bioenergies vend à Repsol du bio-isobutène pour la conduite de tests de formulation d'essence. Pharmasimple "nie formellement être en situation d'insolvabilité ou de dépôt de bilan". Dolfines signe une nouvelle ligne de financement dilutive avec Negma. La phase opérationnelle de coopération entre la BARDA et Crossject a débuté en juillet. Implanet conclut son partenariat avec Sanyou Medical. Hybrigenics confie à Inoviem Scientific le développement de sa molécule pour le traitement de la maladie de Crohn. GECI International se développe en Israël et au Brésil. Groupe Gorgé, ABC Arbitrage, Genoway, AST Groupe, Adocia et Streamwide ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Ford avertit sur ses résultats du T3. Le titre perdait 4,4% hors séance. Henkel relève ses perspectives de croissance organique pour 2022. ThyssenKrupp estime que les conditions de marché ne permettent pas une IPO rapide de sa filiale d'hydrogène Nucera. Moderna est les autres spécialistes des vaccins chutent après que Joe Biden eut déclaré la pandémie terminée. La FDA homologue des solutions Cobas (Roche) pour laboratoires. Bachem signe deux nouveaux contrats de fourniture de peptides. Principales publications du jour : Kingfisher, TUI AG, Formycon, Sthree… Tout l'agenda ici. Lectures Le crash de l'aspirant-LVMH chinois (Bloomberg, en anglais). Contrôles fiscaux: comment les algorithmes repèrent en masse les fraudeurs (Le Figaro). Paul Volcker, l'homme qui murmurait à l'oreille de Jerome Powell (Wall Street Journal, en anglais). Les robots "créatifs" toucheront-ils des royalties ? (The Conversation). Le véhicule électrique à la rescousse du réseau californien ? (Wired, en anglais). Nouvelle théorie tordue sur les anneaux de Saturne (The Atlantic, en anglais). Les fantômes de l'Antarctique (CENT, en anglais).
ZB Le 20 septembre 2022 à 09:02
Et paf !

Et paf !

Est-ce que tout est à refaire ? Telle est la question que se pose le microcosme financier après la rechute des actions la semaine dernière. Une rechute violente, qui a coûté 4,8% à l'indice large américain S&P500 et 2,9% à son homologue paneuropéen Stoxx Europe 600. On le sait, les investisseurs ont l'humeur versatile quand le plancher a tendance à se dérober sous leurs pieds, ce qui est le cas depuis la fin de l'année 2021. Et puis ils aiment se raconter des histoires. Celle du début de la baisse de l'inflation aux Etats-Unis était leur préférée jusqu'au début de la semaine dernière, lorsqu'il est apparu que les prix ont en fait continué à grimper. Pas énormément, mais suffisamment pour briser le moral des troupes et faire retomber les actions. Les indices boursiers ne sont pas redescendus à leurs plus bas de l'année, qui avaient été touchés en juin, mais ils ont repris une bonne claque. Les baisses 2022 vont de -2% pour le FTSE britannique à -27% pour le Nasdaq 100 aux Etats-Unis si l'on considère les grandes places financières. Paris perd -15%, Francfort et Hong Kong -20%. Il faut toutefois noter quelques poches de résistance, histoire d'apporter une touche un peu moins sombre. Depuis le début de l'année, les marchés indien et brésilien affichent de légères hausses. Plus près de nous, les indices des bourses de Lisbonne et d'Oslo gagnent aussi du terrain : ils sont lestés en valeurs du secteur de l'énergie, le seul compartiment de la cote à évoluer dans le vert en 2022 en Europe et aux Etats-Unis. Souvent en pareille situation de rechute des marchés, ma boîte mail professionnelle sonne creux : les financiers sont atrocement bruyants quand les marchés montent, mais ils sont prompts à revêtir leur cape d'invisibilité dès que ça tangue un peu trop. Je n'ai pas ce luxe parce que je dois essayer de vous divertir tous les matins, que ça monte ou que ça baisse. Ça sonne d'autant plus creux aujourd'hui que l'on enterre Elizabeth II à Londres. Contrairement à ce qu'on nous a fait croire avec le Brexit, Londres reste la plaque tournante de la finance européenne, en tout cas pour une bonne partie des activités de banque d'affaires et d'investissement. Et c'est incontestablement le centre du monde monarchique. Quelque 500 chefs d'Etat sont attendus dans la capitale britannique pour un enterrement qui sera diffusé en mondiovision. Cet engouement est en partie lié à la personnalité attachante et bienveillante d'Elizabeth II. Attention, moments guimauve en perspective ce matin, avec cette petite pointe de fascination nostalgique des vieilles démocraties pour l'ancien régime. Je voulais aussi parler ce matin d'un événement d'une toute autre nature, qui pourrait aussi passer pour un enterrement dans un contexte d'ancien régime, mais on va encore dire que je n'ai aucun tact. TF1 et M6 Métropole Télévision ne se marieront pas. Ce n'est pas l'affaire du siècle, mais cela mérite quelques mots. On ne peut pas vraiment dire que l'Autorité de la concurrence a décoché la flèche du Parthe tant l'issue était attendue. Mais cet échec m'en rappelle d'autres et soulève presque toujours la même question : est-il opportun d'empêcher la création d'un acteur local renforcé à l'heure où ses concurrents sont globaux ? Les arguments des deux parties sont recevables. Le régulateur parle de réduction de la concurrence, d'oligopole sur certaines niches et de pluralité. TF1 et M6 répliquent offre renforcée, financement de la création et meilleure résistance à une concurrence aux moyens colossaux. L'Autorité de la concurrence prouve son indépendance, mais m'est avis que les plateformes internationales de streaming doivent bien rigoler. Elles n'ont même pas besoin de diviser pour mieux régner, quelqu'un le fait à leur place. C'est si mignon d'imaginer qu'on empêche TF1 et M6 de se rapprocher quand Amazon peut mélanger télévision et site marchand à l'envi. Mais la grosse affaire de la semaine n'est évidemment pas le PAF (et oui jeune lecteur, à une époque on utilisait ce doux acronyme pour "paysage audiovisuel français"). Ou plutôt pas ce PAF mais le paf que la Fed va remettre dans le pif de l'inflation. La banque centrale américaine se prononce mercredi sur son prochain relèvement de taux. Le dernier pronostic donne 80% de chances pour une hausse de taux de 75 points de base et 20% pour une hausse de 100 points de base. Mais au-delà de la décision elle-même, c'est toujours le coup d'après que les investisseurs cherchent à deviner, et la distance qui les sépare de la hausse finale, c’est-à-dire du moment où la Fed sera suffisamment sereine vis-à-vis de l'inflation pour cesser sa politique d'étranglement. D'autres banques centrales sont sur le pont cette semaine, notamment sur la journée de jeudi avec les décisions de la Banque du Japon, de la Banque nationale Suisse et de la Banque d'Angleterre. Mais sans leur faire injure, c'est la banque centrale américaine qui dictera la couleur des indices. Dans le reste de l'actualité, les tensions géopolitiques sont toujours élevées. Joe Biden a réaffirmé que l'armée américaine défendrait Taïwan en cas d'invasion chinoise. Pendant ce temps, le Kirghizistan et Tadjikistan se frictionnent, comme l'Arménie et l'Azerbaïdjan l'ont fait avant eux. C'est dans cette ambiance que l'Assemblée générale des Nations Unies se tiendra à New York du 19 au 23 septembre et que se profilent les élections générales italiennes, dimanche prochain. La semaine démarre plutôt en baisse en Asie Pacifique, où la bourse japonaise est fermée pour un jour férié. Seule la Bourse de Bombay se distingue à la hausse. En Europe, les indicateurs avancés laissaient entrevoir un rebond dans les premiers échanges, mais ils se sont retournés après 8h00. Le CAC a finalement démarré en baisse de 0,5% à 6046 points. Les temps forts économiques du jour L'indice des prix immobiliers américains de la NAHB pour septembre sera annoncé à 14h30. Tout l'agenda macro ici. L'euro et le dollar sont à nouveau proches de la parité. L'once d'or s'échange autour de 1670 USD. Le pétrole n'est pas très éloigné de son niveau de vendredi, avec un Brent de Mer du Nord à 91,88 USD le baril et un brut léger américain WTI à 85,51 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans reste élevé à 3,45%. Le bitcoin a décroché sous 19 000 USD. Les principaux changements de recommandations About You : Baader Helvea passe d'accumuler à alléger en visant 5 EUR. Bavarian Nordic : Jefferies reste à l'achat avec un objectif relevé de 280 à 310 DKK. Cofinimmo : Oddo BHF passe de neutre à surperformance en visant 120 EUR. Hoffmann Green Cement : Portzamparc passe d'acheter à renforcer en visant 17 EUR. ITM Power : AlphaValue reste à l'achat avec un objectif réduit de320 à 207 GBp. PNE AG : Bankhaus Metzler démarre le suivi à l'achat en visant 24,50 EUR. Theradiag : Portzamparc reste à l'achat avec un objectif réduit de 2,40 à 2,30 EUR. Tryg : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 185 DKK. Virbac : Portzamparc passe de renforcer à acheter en visant 387,20 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) TotalEnergies lance le projet gazier Offshore de Fenix en Argentine. Un train à hydrogène Alstom parcourt 1175 km avec un seul plein. Par ailleurs, le groupe vend 17 Coradia à la Roumanie. Valeo présent son nouveau plan stratégique. TF1 et M6 Métropole Télévision annulent leur rapprochement à cause des contraintes antitrust. Déception aussi pour leurs maisons-mères respectives, Bouygues et RTL. Laurent Mignon va prendre la présidence du directoire de Wendel. Bureau Veritas acquiert Galbraith Laboratories aux Etats-Unis. Valneva et IDT Biologika mettent fin à leur collaboration sur COVID-19 d'un commun accord. Pierre & Vacances est désormais présidé par Georges Sampeur, secondé par Franck Gervais dont le mandat de directeur général a été renouvelé. Technicolor finalise son processus de refinancement avant la scission de ses actifs. Pixium Vision a atteint les objectifs de recrutement de son étude pivot européenne PRIMAvera. Nicox a réalisé la visite finale des derniers patients de l'étude de phase III Mont Blanc sur le NCX 470 dans le glaucome. Genfit va racheter la biotech suisse Versantis. Le directeur général Laurent Roudil quitte Econocom. Quantum Genomics présente les résultats de la phase III FRESH dans l’HTA difficile à traiter/résistante lors de du congrès annuel de l’American Heart Association. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Volkswagen vise une valorisation comprise entre 72,3 et 78 Mds€ pour Porsche, pour un prix d'IPO compris entre 76,50 et 82,50 EUR. Le Crédit Suisse pourrait resusciter First Boston pour nommer sa banque d'investissement. Fedex a décroché de 22% vendredi, après son avertissement. Daimler Truck dévoile son premier camion électrique d'une capacité de 40 tonnes. Link Administration repousse une offre révisée en baisse à 3,81 AUD par action de Dye & Durham. Uber a perdu 4% vendredi après une cyberattaque dont les conséquences sont encore floues. Principales publications du jour : Autozone, Craneware, Groupe Gorgé… Tout l'agenda ici. Lectures Pourquoi les sanctions visant la Russie sont plus efficaces qu'on ne le croit (Les Echos). Qu'est-ce qui fissure la démocratie ? (Project Syndicate, en anglais). Comment Dieter Behring a escroqué la Suisse… et mon père (La Tribune de Genève). Le fonctionnement d'une pile (The Conversation, en anglais). Les réserves d'énergies fossiles contiennent 3500 milliards de tonnes de CO2 (AFP/AWP). Pourquoi les garçons devraient commencer l'école un an plus tard que les filles (The Atlantic, en anglais). La fable du haricot vert (Libération). Comment Adobe veut contrôler la totalité du marché de la créativité (The Verge, en anglais).
ZB Le 19 septembre 2022 à 09:02
L'ombre des Sorcières et de la Fed plane sur les marchés

L'ombre des Sorcières et de la Fed plane sur les marchés

Résultat des courses, des replis plus ou moins marqués en Europe - sauf à Londres où l'on a grappillé quelques points – et trois indices américains qui ont terminé assez près de leurs plus bas du jour. Le roi-Nasdaq a rendu 1,7% pour passer sous la barre des 12 000 points en clôture, ce qui n'était plus arrivé depuis la mi-juillet. Les replis assez marqués de Microsoft et Apple, qui pèsent ensemble 23% de l'indice, n'ont pas aidé. Le S&P500 a lui rendu 1,13%, plombé par les valeurs précitées, le reflux des pétrolières et le plongeon d'Adobe (-17%), qui n'a pas réussi à faire partager au marché son enthousiasme pour le rachat de Figma. Ou plutôt pour le prix de rachat de Figma : 20 milliards de dollars pour une entreprise qui ne réalisera cette année que 400 M$ de revenus. Le marché juge le pari un peu audacieux et craint qu'il ne rejoigne le cimetière bien garni des acquisitions numériques onéreuses sans lendemain. Les indices du vieux continent ont aussi été ballotés par les mêmes tendances de fond. Seules les financières et quelques défensives ont brillé hier en Europe. Les entreprises de la consommation cyclique, de la technologie et de l'énergie ont été survendues. On a ainsi bien mieux résisté du côté des bourses suisse (consommation de base, santé) et belge (financières) qu'en France (cycliques, énergie). Deux ombres planent sur la séance du jour. La première, c'est que nous sommes le troisième vendredi du mois et que c'est synonyme de compensation boursière. C'est la séance mensuelle au cours de laquelle a lieu le débouclage des produits dérivés (futures sur indices, options sur actions et indices). Les professionnels dénouent les positions ou les "roulent", pour reconduire leurs stratégies sur le mois suivant. Par conséquent, c'est une source de volatilité et parfois de bouleversements. On l'a d'ailleurs très bien vu lors de la compensation du mois d'août : elle a marqué la fin du rebond parce qu'un certain nombre de financiers ont adopté des positions plus conservatrices après deux mois de gains et l'approche de nouvelles incertitudes de rentrée. Ce troisième vendredi du mois a été baptisé "journée des sorcières" par les anglo-saxons. Ce 16 septembre est aussi une échéance trimestrielle, ce qui accroît encore l'enjeu de la séance. L'autre ombre qui rôde, c'est bien sûr la décision de politique monétaire que la banque centrale américaine doit prendre la semaine prochaine. Les marchés se sont remis en PLS depuis que l'inflation n'a pas pris la belle pente baissière qu'ils imaginaient. Les investisseurs pensent majoritairement que la Fed va relever ses taux de 75 points de base, mais il existe une probabilité non négligeable pour que le relèvement atteigne 100 points. Ce suspense, couplé à l'incertitude sur le niveau de taux qu'il faudra atteindre pour courber l'inflation, entretient une pression vendeuse sur les actions, malgré les rachats présumés à bon compte audacieusement tentés dernièrement. Dans l'actualité matinale, j'ai noté deux données macroéconomiques en Chine. Les ventes de détail et la production industrielle d'août ont été plus dynamiques que prévu. C'est une bonne nouvelle, même si elle ne parvient pas à dérider les marchés asiatiques, pas même ceux de Chine continentale. Pendant ce temps, l'Organisation de coopération de Shanghai, qui regroupe notamment la Chine, la Russie et l'Inde, tient salon en Ouzbékistan. Histoire de rappeler aux Occidentaux que l'axe du monde moderne se déplace à l'Est. Mais revenons sur un plan purement boursier et de court terme. A l'approche de la prochaine vague de résultats trimestriels, qui débutera dans un mois environ, les investisseurs ont l'air ce matin d'être marqués par la sévère révision en baisse des objectifs de Fedex. Le logisticien américain est un bon indicateur de l'activité économique puisqu'il constitue un marqueur d'activité en temps réel. Cette fois, ce n'est pas la hausse des coûts qui a pris par surprise les investisseurs : ils ont désormais une bonne idée des dégâts inflationnistes. C'est plutôt le ralentissement de la demande. Le management de Fedex a en outre prévenu que les conditions économiques vont encore se dégrader dans les semaines qui viennent. Je rappelle qu'on est toujours dans une phase un peu bizarre puisque d'un côté tout le monde dit que c'est la cata depuis un moment, mais de l'autre, le consommateur a continué à consommer et les entreprises ont généralement continué à gagner pas mal d'argent. Le choc de réalité attendu au premier trimestre 2022 n'a pas eu lieu, pas plus qu'il ne s'est réellement matérialisé au second trimestre 2022. Les craintes se reportent ainsi sur le troisième, ce qui explique que les investisseurs soient sensibles aux vaticinations Fedexesques. Les indicateurs avancés européens et américains sont un peu dégueux ce matin, pour reprendre la classification d'un de mes collègues. Une ouverture baissière se profile donc. La séance se termine en eau de boudin en Asie Pacifique avec des baisses de plus de 1% au Japon, en Chine continentale et en Australie, et voisines de 1% pour la Corée du Sud et l'Inde. Le CAC40 perdait 0,9% à 6101 points à l'ouverture.  Les temps forts économiques du jour Le principal indicateur attendu aujourd'hui concerne le consommateur américain avec l'indice de confiance de l'Université du Michigan. Tout l'agenda macro ici. En Chine, la production industrielle et les ventes de détail ont dépassé les attentes en août, selon les données publiées cette nuit. L'euro remonte à un cheveu de la parité avec le dollar. L'once d'or reste sous pression à 1664 USD. Le pétrole s'effrite, avec un Brent de Mer du Nord à 91,13 USD le baril et un brut léger américain WTI à 85,29 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans reste élevé à 3,45%. Le bitcoin a baissé autour de 19 800 USD. Les principaux changements de recommandations Adidas : Cowen passe de surperformance à performance de marché en visant 155 EUR. Aroundtown : J.P. Morgan passe de souspondérer à neutre en visant 3,10 EUR. Goldman Sachs passe d'achat à neutre en visant 2,70 EUR. Big Yellow : J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 1550 GBp. Catena : J.P. Morgan passe de neutre à souspondérer en visant 400 SEK. Compleo Charging Solutions : Kepler Cheuvreux reste à l'achat avec un objectif réduit de 40 à 34 EUR. Crédit Agricole : Société Générale passe d'acheter à conserver en visant 10,20 EUR. Fevertree : Berenberg passe d'acheter à conserver en visant 1000 GBp. Gecina : J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 112 EUR. Idorsia : Citigroup passe d'acheter à vendre en visant 13 CHF. InterContinental Hotels : Citi passe de neutre à vendre en visant 4450 GBp. Investec : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 540 GBp. ITM Power : Berenberg reste à la vente avec un objectif réduit de 185 à 100 GBp. Kojamo : J.P. Morgan passe de neutre à souspondérer en visant 15 EUR L'Oréal : Jefferies reste à sousperformance avec un objectif de cours réduit de 314 à 300 EUR. Landis+Gyr : Baader Helvea démarre le suivi à l'achat en visant 77 CHF. Proximus : Société Générale passe de conserver à vendre en visant 10 EUR. PSP Swiss Property : J.P. Morgan reste neutre avec un objectif de cours réduit de 140 à 120 CHF. SFS : Berenberg passe de vendre à conserver en visant 75 CHF. Telecom Italia : Barclays passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 15 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) Engie cède près de 6% supplémentaires du capital de Gaztransport & Technigaz pour descendre à 5%. Par ailleurs, Engie va construire une usine d'hydrogène renouvelable dans l'ouest de l'Australie. Danone tancé par le patron des Mousquetaires pour des hausses "pas raisonnables". Saint-Gobain signe un gros accord d'approvisionnement en électricité renouvelable en Pologne. Le CHMP recommande l’approbation du Beyfortus de Sanofi. Bouygues va verser à certains de ses salariés une prime de 500 à 1000 EUR dite de "partage de la valeur" en raison de l'inflation. Technip Energies remporte un contrat EPCC pour le projet d'hydrogène vert YURI en Australie. Sodexo renforce sa relation commerciale avec Ardent Health Services aux États-Unis. Eiffage signe un gros contrat de 370 M€ en Norvège. Trigano en discussions pour le rachat du distributeur italien d'accessoires SIFI. Eurazeo lance un nouveau fonds ouvert aux particuliers. Le Trafic d'Aéroports de Paris s'est amélioré en août mais reste inférieur de 16,7% à celui d'août 2019. Wavestone se renforce au Royaume-Uni. Believe lance sa première offre collective d'actionnariat salarié. Net Media (Pascal Chevalier, Reworld) entre au capital de Makheia. Agrogénération fait le point sur sa situation en Ukraine et décale l'annonce de ses résultats. Une société américaine s'intéresse au Zeneo de Crossject. Delta Drone émet des obligations et tire 1 M€ d'ORNAN assorties de BSA au profit du fonds Yorkville. Amoeba émet 60 OC. Virbac, Vétoquinol, Gaumont, Nicox, Catering International Services, Global Bioenergies, Réalités, NSC, Orapi, Agripower, Abivax ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Les immatriculations de véhicules neufs remontent de 3,4% en août en Europe. Fedex s'effondre après un avertissement. L'Allemagne est proche de nationaliser Uniper, VNG AG, Securing Energy for Europe (ex-Gazprom Allemagne) et Rosneft Allemagne. Texas Instruments va renforcer son dividende et doper ses rachats d'actions. Uber enquête sur un "incident de cybersécurité" après une fuite de données. Yara va construire une usine d'hydrogène renouvelable en Australie occidentale. Adobe rachète Figma pour 20 Mds$. Holcim finalise la cession de ses activités en Inde. Nestlé veut rouvrir son usine de pizzas surgelées Buitoni. Ryanair va annuler 420 vols vendredi en raison de la grève des contrôleurs en France. Zoom Video va "enquêter sur les problèmes" après de nombreuses plaintes d'utilisateurs. Principales publications du jour : Aevis, Ruffer… Tout l'agenda ici. Lectures Brouillard sur San Francisco (New York Times, en anglais, superbe). Poutine, Xi, Modi: comment l’autre monde s’organise (L'Opinion). Charles III doit-il se préparer à abdiquer (The Atlantic, en anglais). Une entreprise peut-elle répondre avec humour aux avis négatifs en ligne ? (The Conversation). Godard et l'Alphaville du FT (Financial Times, en anglais). Weird : l'envers du décor d'une photo Instagram (Dries Depoorter, en anglais). Quel avenir pour le dollar dans un monde où la finance est une arme ? (War on the Rocks, en anglais).
ZB Le 16 septembre 2022 à 09:04
Le marché se remet la tête à l'endroit

Le marché se remet la tête à l'endroit

Les marchés actions européens ont enchaîné hier une seconde séance modérément baissière, tandis que les indices boursiers américains ont péniblement rebondi après la grosse claque reçue mardi. Ainsi pourrait-on résumer la journée de la veille. Pour mémoire, le principal événement de la semaine est la publication mardi d'une inflation plus vigoureuse que prévu aux Etats-Unis en août, qui a plongé les investisseurs dans un profond désarroi et envoyé valdinguer le Nasdaq en baisse de plus de 5%. Cette statistique, qui est à contre-courant de ce que prévoyaient les économistes, montre que la banque centrale américaine a encore du pain sur la planche pour reprendre le contrôle des prix. Les financiers ont traduit ça par "davantage de hausse de taux et moins d'argent en circulation pendant plus longtemps". L'indice FedWatch du CME, qui prédit l'évolution des taux lors de la prochaine réunion de la Fed prévue la semaine prochaine, montre une probabilité de 70% en faveur d'un tour de vis de 75 points de base et de 30% en faveur de 100 points de base. Avant la publication de mardi, l'éventualité d'une hausse de taux de 100 points était à zéro. L'ambiance s'est à nouveau alourdie et les investisseurs se demandent si l'on se dirige, comme je l'écrivais en début de semaine, sur une nouvelle séquence "deux pas en arrière" après avoir fait "un pas en avant". Personnellement je l'ignore et j'en ai assez de parler de taux et d'inflation, donc je change totalement de sujet ce matin. Je lisais en début de semaine un article sur Ryan Cohen, le gars faiseur et défaiseur d'actions mèmes aux Etats-Unis, et ça m'a donné une idée. Je fais une parenthèse pour mes lecteurs qui ont choisi d'habiter dans une grotte ou qui ne s'intéressent qu'aux sujets réellement sérieux. Une action mème est un investissement décérébré qui ne doit en aucun cas reposer sur un motif valable ni sur une décision rationnelle. Il faut plusieurs ingrédients. D'abord, une action déclassée, au fond du trou ou pas loin. Ensuite, un élément un peu marquant qui permet de lancer une histoire, comme un joli logo, un magasin qui vous rappelle votre premier bisou avec la langue ou pourquoi pas une marque historique tombée en décrépitude. Il faut aussi quelques arguments financiers, réels ou fantasmés. Enfin, il est nécessaire d'avoir un chef d'orchestre charismatique et une armée de petits soldats prêts à le suivre. Et si un bon vieux fonds de vente à découvert est à l'autre bout du carnet d'ordres, c'est la cerise sur le gâteau. Aux Etats-Unis, la chaîne de jeux vidéo GameStop, le loueur de véhicules Hertz, les cinémas AMC Entertainment ou le détaillant Bed Bath & Beyond en sont des illustrations. L'objectif est de créer un puissant courant acheteur pour faire sauter l'action comme un bouchon de champagne. Point négatif, c'est souvent n'importe quoi et c'est une technique de manipulation de cours comme une autre. Point positif, cela remet du pouvoir aux mains des investisseurs particuliers. Sans compter, il faut bien le dire le côté jouissif et vaguement sadique de culbuter des fonds spéculatifs en les prenant à leur propre jeu. Mais je m'égare, puisque je disais bien plus haut que lire un papier sur Ryan Cohen m'avait donné une idée. Et cette idée, la voilà : quels seraient les meilleurs clients pour une mème offensive en France ? Je suis désolé de me cantonner à la France mais c'est surtout par méconnaissance des bas-fonds des autres bourses européennes. Vos idées sont les bienvenues. J'en propose trois ce matin. Le dossier qui me semble remplir les principaux critères de base est Casino. Le parcours des dernières années a été sulfureux, le management est pointé du doigt, la valorisation est au plancher et l'entreprise se débat depuis un bail avec un bilan qu'elle a l'air incapable de pouvoir alléger. Ses marques sont ultra-connues et parfois centenaires. Ajoutons à cela que Casino a été la première victime française du fonds Muddy Waters et que le cours n'est pas loin de ses plus bas. S'il existait une puissante communauté WallStreetBets en France, je crois qu'elle pourrait s'intéresser au distributeur. Le second nom est plus exotique. J'ai pensé au Groupe Flo. Pour les investisseurs, cette entreprise est une tannée. Il est probablement plus agréable de marcher sur du verre pilé que de détenir des actions de la société. D’ailleurs, les dernières personnes qui ont vu Flo gagner de l'argent ne sont peut-être plus en vie. Et manifestement, le webmaster de la société est porté disparu. Flo est bien connu à travers ses restaurants, notamment l'enseigne Hippopotamus et quelques grandes brasseries parisiennes. C'est ce portefeuille qui pourrait faire de l'entreprise un monument en péril que des valeureux investisseurs pourraient vouloir sauver. Pour varier les plaisirs sectoriels, je termine avec Atari. La marque est mythique dans l'univers du jeu vidéo, même si rien de bien enthousiasmant n'est sorti de son chapeau depuis des années. Atari, c'était le rêve américain d'Infogrames, le développeur français qui fut un temps le numéro un devant l'outsider Ubisoft, avant d'agoniser et de disparaître. Après la débâcle Infogrames, il y a eu autant que je me souvienne une grosse bagarre juridique entre la France et les Etats-Unis pour soutirer aux créanciers les actifs américains d'Atari. Bataille gagnée, qui a permis à un ancien de la maison Infogrames, Frédéric Chesnais, de relancer la marque avant de repartir sous d'autres cieux. Boursièrement, Atari n'est pas un cadeau. Le groupe multiplie les expériences pas toujours réussies dans l'univers du jeu et de la blockchain. Mais sa structure légère lui permet de s'en sortir bon an, mal an. Sa marque encore relativement connue des vieux comme moi et son histoire aux Etats-Unis pourraient en faire un dossier mème tout à fait crédible, pourquoi pas un dossier même transatlantique. Pour revenir à une actualité plus sérieuse, il y aura pas mal de nouvelles statistiques macro aujourd'hui aux Etats-Unis. C'est aussi ce jeudi que Vladimir Poutine et Xi Jinping se rencontrent à Samarcande en Ouzbékistan. Un choix fort du leader chinois pour sa première rencontre physique hors de ses frontières depuis l'arrivée du coronavirus. En Europe, pendant que la France reconduit un bouclier tarifaire pour 2022, l'UE planche toujours sur son arsenal réglementaire pour amortir le choc de la crise énergétique plus en amont. En Suède, la première ministre Magdalena Andersson va démissionner après le succès de l'opposition de droite dans les urnes. En Asie, les performances sont légèrement haussières après le net reflux de la veille. Le Japon et l'Australie gagnent environ 0,2% tandis que Hong Kong reprend 0,5%. La Chine continentale perd en revanche du terrain. Le CAC40 perd 0,12% à 6212 points à l'ouverture. Les temps forts économiques du jour On attend une bordée de statistiques aux Etats-Unis : Philly Fed, ventes de détail et Empire Manufacturing à 14h30, puis production industrielle à 15h15 et stocks des entreprises à 16h00. Tout l'agenda macro ici. L'euro reste sous pression à 0,9973 USD. L'once d'or recule à 1692 USD. Le pétrole se maintient, avec un Brent de Mer du Nord à 93,90 USD le baril et un brut léger américain WTI à 88,45 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans est ferme à 3,42%. Le bitcoin s'est stabilisé autour de 20 300 USD. Les principaux changements de recommandations About You : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 13 à 15 EUR. Accor : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 32 à 34 EUR. AstraZeneca : Credit Suisse passe de surperformance à neutre en visant 11 000 GBp. BNP Paribas : Morgan Stanley passe de surpondérer à pondération en ligne. BT Group : HSBC passe de conserver à acheter en visant 185 GBp. Capgemini : AlphaValue reste à alléger avec relevé de 168 à 172 EUR. D'Ieteren : Jefferies démarre le suivi à l'achat en visant 210 EUR. Ericsson : Credit Suisse passe de surperformance à sousperformance en visant 69 SEK. GSK : Credit Suisse passe de sousperformance à neutre en visant 1430 GBp. Inditex : Goldman Sachs reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 30 à 31,50 EUR. JDE Peet's : J.P. Morgan passe de neutre à souspondérer en visant 29 EUR. Kone : Morgan Stanley passe de pondération en ligne à surpondérer en visant 52 EUR. Nokia : Credit Suisse passe de neutre à surperformance. Novartis : Credit Suisse passe de neutre à sousperformance en visant 78 CHF. Qiagen : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 50 à 53,91 EUR. Roche : Credit Suisse passe de neutre à surperformance en visant 375 CHF. Schindler : Morgan Stanley passe de surpondérer à pondération en ligne en visant 205 CHF. Snam : Société Générale passe de conserver à acheter en visant 5,50 EUR. Swisscom : UBS passe de vendre à neutre en visant 490 CHF. Tate & Lyle : Citigroup passe de neutre à achat en visant 850 GBp. Technoprobe : Berenberg démarre le suivi à conserver en visant 7,90 EUR. Telecom Italia : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 0,20 EUR. Terna : Société Générale passe de conserver à acheter en visant 8,10 EUR. UCB : Credit Suisse passe de neutre à sousperformance en visant 68 EUR. En France Annonces importantes (et moins importantes) EssilorLuxottica confirme ses objectifs 2026. TotalEnergies vend sa participation dans le champ de Sarsang en Irak. Stellantis envisage des investissements "significatifs" pour produire de l'énergie pour ses installations européennes. Publicis a reconduit pour quatre ans le mandat d'Arthur Sadoun en qualité de président du directoire et directeur général. LCL (Crédit Agricole) a annoncé un gel de ses tarifs bancaires pour ses clients particuliers jusqu'au 1er septembre 2023. BNP Paribas gèle aussi ses tarifs. Le trafic des aéroports Vinci remonte en août mais reste inférieur à 2019. Elis émet 375 M€ d'OCEANE 2029. Amundi et CACEIS accélèrent la croissance de Fund Channel. KKR va lancer le retrait obligatoire des actions Albioma. Pierre & Vacances a mis en œuvre sa restructuration financière. Carmat se prépare à reprendre les implantations de son coeur artificiel Aeson en octobre, sous réserve de l'obtention des autorisations nécessaires. AB Science poursuit l'étude de phase II avec masitinib dans le COVID-19 à la suite de la recommandation formulée par le comité indépendant de revue des données. DBT renforce significativement son carnet de commandes. Dekuple prend le contrôle de Brainsonic. Mirova renforce ses positions dans Hydrogen Refueling Solutions. SIGMA-ALDRICH et genOway élargissent leur alliance stratégique. Esker, Assystem, Esso, Prodways, Drone Volt, Arcure, LNA Santé, Valbiotis, Novacyt, Aubay, Sidetrade ont publié leurs comptes. Dans le monde Annonces importantes (et moins importantes) Danaher va scinder son activité Environnemental & Applied Solutions. L'accord d'acquisition d'Activision par Microsoft sera soumis à une enquête antitrust approfondie au Royaume-Uni. Tesla modifie sa stratégie en matière de batteries afin de bénéficier d'avantages fiscaux aux États-Unis, selon le WSJ. La Californie dépose une plainte antitrust contre Amazon, accusé de maintenir des prix élevés artificiellement. Shell nomme Wael Sawan directeur général en remplacement de Ben van Beurden. United Airlines et Emirates annoncent un accord de partage de codes. En réponse à Walt Disney, Comcast signale que Hulu ne sera pas bon marché. Novartis fait l'objet d'une enquête sur la concurrence en Suisse. Compagnie Financière Richemont et Gübelin s'associent dans la distribution de montres. Tencent Music opte pour une cotation à Hong Kong par introduction, et fera ses débuts la semaine prochaine. Principales publications du jour : Adobe, Hennes & Mauritz, IG Group, Virbac, Vétoquinol… Tout l'agenda ici. Lectures Le fondateur de Patagonia fait don de son entreprise pour défendre la planète (AWP/AFP). Xi Jinping a un plan pour l'indépendance économique de la Chine (Financial Times, en anglais). Algérie-Indochine : l’asymétrie mémorielle française (The Conversation). La peur du Hobbit noir (The Atlantic, en anglais). Le patron d'Axel Springer a utilisé le tabloïd Bild pour faire campagne contre Adidas (Financial Times, en anglais). Peur sur la chaîne logistique américaine avec la grève du rail (New York Times, en anglais).
ZB Le 15 septembre 2022 à 09:04
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