(Actualisé avec destruction d'un tunnel, nouveau décès après les manifestations de vendredi)

JERUSALEM, 13 mai (Reuters) - Israël a annoncé samedi la fermeture du point de passage de Kerem Shalom, à la frontière avec la bande de Gaza et la destruction d'un tunnel du Hamas au lendemain de violences entre manifestants palestiniens et les forces israéliennes.

Des dizaines de manifestants palestiniens ont pénétré vendredi dans le terminal de Kerem Shalom du côté gazaoui. Kerem Shalom est la principale voie pour le transit des marchandises hors et à destination de Gaza. Les manifestants ont notamment mis le feu à un pipeline qui achemine du gaz d'Israël et incendié un tapis roulant.

"Le point de passage restera fermé le temps de réparer les dégâts provoqués par les émeutes et rouvrira en fonction de l'évaluation de la situation", a déclaré l'armée israélienne. Sa fermeture ne concerne pas les cas humanitaires, précise-t-elle.

Samedi également, les avions de guerre israéliens ont détruit un tunnel en cours de construction par le Hamas, le groupe islamiste qui contrôle Gaza, près de la frontière, pour aider les activistes à entrer en Israël, a indiqué l'armée israélienne.

Ce passage souterrain faisait environ un kilomètre de long, a déclaré le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de Tsahal.

"Il a été creusé pendant plusieurs mois et nous suivions cela depuis plusieurs semaines", a-t-il ajouté.

Israël dit avoir détruit plusieurs tunnels transfrontaliers ces derniers mois. Des combattants palestiniens ont utilisé ces passages souterrains pour prendre les forces israéliennes par surprise pendant la guerre de Gaza en 2014.

COLÈRE

L'incursion dans Kerem Shalom a eu lieu à l'occasion des manifestations qui ont lieu chaque vendredi le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël pour réclamer le "droit au retour" pour les réfugiés palestiniens et leurs descendants déplacés lors du conflit autour de la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Cette "Grande marche du retour" doit culminer mardi prochain 15 mai, date du 70e anniversaire de la proclamation de l'Etat d'Israël. Ce jour est appelé Nakba (la catastrophe) par les Palestiniens.

Un manifestant palestinien a été tué vendredi et samedi, un adolescent de 15 ans a succombé à ses blessures. Depuis le début du mouvement, il y a six semaines, plus de 40 Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens le long de la frontière Gaza-Israël.

Certains habitants de Gaza ont dit ne pas comprendre pourquoi les manifestants avaient choisi d'attaquer le terminal de Kerem Shalom.

Les autorités palestiniennes ont déclaré avoir été surprises par l'"incident malheureux" à Kerem Shalom et ont appelé les Palestiniens à préserver les points de passage.

Gaza est dirigée par le Hamas, qu'Israël et l'Occident désignent comme une organisation terroriste. Evoquant des problèmes de sécurité, Israël maintient un contrôle strict sur ses frontières terrestres et maritimes. L'Egypte limite également les mouvements d'entrée et de sortie de Gaza.

La décision prise par le président américain Donald Trump l'année dernière de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël et d'y déplacer l'ambassade des États-Unis a alimenté la colère palestinienne. La nouvelle ambassade doit ouvrir lundi. (Nidal al Moughrabi et Ari Rabinovitch Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)