Virbac bondit de près de 10% à 183,20 euros dans un marché morose. Les investisseurs saluent la cession de sa filiale américaine Sentinel au géant américain Merck & Co pour 400 millions de dollars en cash. Avec cette vente, le laboratoire vétérinaire apure sa dette (368,4 millions d'euros à fin 2019) et se désengage d'une activité qui risque de souffrir de la crise à venir. Virbac avait acquis il y a plus de cinq ans Sentinel auprès d'Eli Lilly pour 410 millions de dollars. A l'époque, la division réalisait un chiffre d'affaires proche de 100 millions de dollars, contre 70 millions en 2019.

Dans ce cadre, Jefferies estime que le spécialiste des produits antiparasitaires fait une bonne affaire. D'autant que, selon le broker, les ventes de Sentinel devraient décroitre encore cette année pour atteindre 57 millions de dollars en raison d'une concurrence féroce.

La firme de Carros s'attend à ce que la perte de Sentinel se traduise par un repli de 55 millions de dollars de son chiffre d'affaires et de trois points (ou 300 points de base) de sa marge d'Ebitda (13,1% en 2019). Selon le courtier, l'Ebitda serait donc amputé d'environ 30 millions d'euros.

En cédant Sentinel, la société familiale réduit considérablement son exposition aux Etats-Unis, les ventes de la division représentant 42% de son chiffre d'affaires réalisé sur le marché nord américain.

Pour autant, pas question de dire adieu aux veaux, vaches, cochons et autres couvées de l'Oncle Sam. Le groupe conserve en effet sa structure commerciale aux Etats-Unis, ce qui laisse penser qu'il pourrait réinvestir une partie des fruits de la cession en Amérique du Nord, précise l'intérmédiaire.

Soulignant que cette transaction levait les craintes liées à l'endettement et la liquidité du groupe, Jefferies a confirmé sa recommandation Conserver et son objectif de cours de 186 euros.