Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris ne parvenait pas à s'extraire de l'aversion au risque qui la poursuit depuis cinq séances face à la probabilité d'un resserrement monétaire plus agressif que prévu de la banque centrale américaine (Fed), avec à la clé une récession aux Etats-Unis.

Après un rebond à l'ouverture, l'indice vedette CAC 40 reculait de 0,39% à 5.998,99 points à 11H00 dans une séance marquée par la chute carabinée de l'action Atos.

"Jusqu'où la Fed peut-elle pousser le bouchon face à l'empilement des risques?", s'interrogent les économistes du cabinet Riches-Flores.

Le comité de politique monétaire de la Fed se réunit de mardi à mercredi et le marché a revu à la hausse ses anticipations de relèvement des taux directeurs de la banque centrale à l'issue de cette réunion, au vu de la progression de l'inflation aux Etats-Unis.

Un durcissement des conditions monétaires suscite des craintes d'un freinage brutal de l'économie américaine.

"Il n'y a qu'un pas pour considérer que l'entrée en récession n'est plus qu'une question de mois (pour les plus pessimistes) ou de trimestres (pour les plus optimistes)", écrit Christopher Dembik, directeur de la recherche macroéconomie chez Saxo Bank.

"La publication de la première estimation de l'indice des prix à la production (IPP) aux Etats-Unis en mai va constituer un nouveau coup dur pour les marchés financiers", anticipe-t-il.

La page d'une politique monétaire accommodante se tourne dans une grande partie du monde où la prolifération des liquidités apportées par les banques centrales et les gouvernements a débouché sur de l'inflation avec la reprise post-pandémie, que la guerre en Ukraine a ensuite intensifiée.

La Banque centrale européenne, qui a révisé la semaine dernière ses prévisions d'inflation à la hausse, a planifié pour fin juillet la première hausse, en plus de dix ans, de ses taux directeurs, de 25 points de base, avant une autre en septembre.

Les investisseurs écouteront Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE qui s'exprimera dans la soirée sur la fragmentation des marchés obligataires en zone euro où l'écart de rendements de la dette des pays périphériques, en particulier l'Italie, avec celui de l'Allemagne s'élargit depuis la semaine dernière.

Atos pris dans un trou d'air

L'action du géant informatique Atos dégringolait de 17,31% à 15,55 euros à la suite de la présentation d'un plan de scission en deux entités cotées et l'annonce du départ de son directeur général au plus tard à la fin de l'été.

TotalEnergies s'associe à l'indien Adani

TotalEnergies a annoncé un accord avec Adani Entreprises Limited (AEL), le plus grand conglomérat privé indien dans le domaine de l'énergie et des infrastructures, afin de "créer un acteur géant de la production d'hydrogène vert". L'action prenait 0,71% à 53,71 euros.

Michelin dégradé

L'action Michelin reculait de 2,23% à 109,45 euros après que JPMorgan a abaissé sa recommandation à "sous-performance" contre "neutre", selon Bloomberg.

Air France-KLM boucle son augmentation de capital

Air France-KLM (-11,27% à 1,33 euro) a annoncé avoir bouclé son augmentation de capital de 2,256 milliards d'euros, ses deux plus grands actionnaires, les Etats français et néerlandais, ayant participé à la hauteur de leurs participations tandis que l'armateur marseillais CMA CGM entre au capital.

pan/lep/spi