Francfort (awp/afp) - Le premier groupe européen de transport aérien Lufthansa, maison-mère de Swiss, a indiqué jeudi être en discussion avec les pouvoirs publics pour "assurer sa solvabilité" alors qu'il est pratiquement cloué au sol par l'épidémie de coronavirus.

Lufthansa va voir ses réserves financières fondre "nettement" dans les "prochaines semaines" et mène du coup des "discussions intenses" avec les gouvernements d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique et de Suisse, où il est implanté, pour des aides financières diverses "afin d'assurer rapidement une solvabilité durable", écrit-il dans un communiqué.

"Le groupe part du principe que les besoins de capitaux ne pourront être couverts" sur les marchés, comme par exemple de nouvelles dettes.

"Nous sommes optimistes sur le fait que les discussions réussiront", explique l'entreprise.

Début avril, le patron Carsten Spohr avait prévenu que Lufthansa perdait un million d'euros "par heure" en raison du coronavirus.

En raison de la pandémie, le secteur du transport aérien dans le monde traverse une crise sans précédent, clouant au sol des centaines d'avions et forçant l'arrêt quasi-total des opérations passagers.

Il est "impossible aujourd'hui de prévoir quand les compagnies du groupe pourront reprendre un service" au delà du plan de vol d'urgence actuellement en place, qui a entrainé l'immobilisation de quelque 700 avions sur la flotte de 763 machines.

Le nombre de passagers quotidiens est actuellement en baisse de 99%, avait détaillé M. Spohr.

L'impact du virus est visible dans les chiffres préliminaires du premier trimestre -- habituellement faible pour le secteur -- publiés jeudi: le groupe affiche une perte opérationnelle de 1,2 milliard d'euros (contre une perte de 336 millions sur cette période en 2019).

En mars uniquement, le chiffre d'affaires a été divisé en deux.

Au deuxième trimestre, la perte devrait être "significativement plus élevée", ajoute Lufthansa, qui a annoncé le 7 avril un plan de restructuration menaçant 7000 emplois.

Le groupe se séparera de dizaines d'avions et a annoncé la fermeture de sa filiale Germanwings.

"Des discussions" doivent désormais se tenir avec les syndicats pour "discuter comment proposer au maximum" de salariés "un nouveau travail au sein du groupe", avait promis le patron.

Seule la filiale cargo a vu la demande augmenter depuis le début de la pandémie en raison notamment du transport massif d'équipements médicaux de protection.

afp/al