Un regard sur la journée à venir sur les marchés européens et mondiaux par Ankur Banerjee
Alors que les investisseurs commençaient à se faire à l'idée que le rallye de l'intelligence artificielle (IA) en avait encore sous le pied, Apple a rappelé à la réalité : quelqu'un doit finir par payer la facture.
Si les prix des iPhone resteront stables, ceux des iPad et des MacBook s'apprêtent à augmenter. Apple affirme ne plus pouvoir absorber l'explosion des coûts de la mémoire et du stockage, portée par le boom des centres de données liés à l'IA. Les résultats exceptionnels de Micron cette semaine ont souligné ce basculement, ses clients ayant déjà sécurisé 22 milliards de dollars d'approvisionnement en puces mémoire, signe d'un resserrement du marché et d'un pouvoir de fixation des prix (pricing power) accru.
Et que faut-il en déduire quand Apple, l'entreprise d'électronique grand public la plus valorisée au monde, dont les relations avec la chaîne d'approvisionnement font l'envie de toute l'industrie, n'est pas épargnée par la flambée des prix de la mémoire ?
Quelle est la prochaine étape ? Augmenter le prix de la Xbox ? Ah, c'est déjà fait.
Les marchés asiatiques ont reculé vendredi, plombés par des informations selon lesquelles OpenAI envisagerait de reporter son introduction en bourse à l'année prochaine, ce qui a également pesé sur le moral des investisseurs.
Le KOSPI sud-coréen, baromètre du secteur de l'IA, a chuté de 8 % sur la journée et de 9 % sur la semaine, sa plus forte baisse depuis début mars, au moment du déclenchement du conflit avec l'Iran.
Le pétrole, de son côté, reflue légèrement mais reste au centre des préoccupations.
Davantage de pétroliers bloqués quittent actuellement le détroit d'Ormuz, bien qu'un cargo ait été touché près d'Oman, laissant le sentiment de marché fragile.
Le baril de Brent et le WTI ont effacé la quasi-totalité des gains provoqués par les hostilités de la fin février au Moyen-Orient, mais un rebond de la demande et une normalisation progressive pourraient à nouveau tendre les marchés l'année prochaine.
Cette accalmie a offert un certain répit, mais pas suffisant. L'inflation aux États-Unis a franchi la barre des 4 % pour la première fois en trois ans en mai, maintenant fermement l'option d'une hausse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale (Fed) sur la table.
En conséquence, le dollar américain reste vigoureux, tandis que le yen japonais peine près d'un plus bas de 40 ans, sur fond de craintes croissantes d'une intervention des autorités. L'indice dollar s'apprête à afficher une hausse de 2,6 % ce mois-ci, sa plus forte progression mensuelle en un an.
Enfin, nous terminons par la canicule précoce et meurtrière qui frappe l'Europe de l'Ouest, une situation qui profite aux fabricants asiatiques de climatiseurs dont les ventes explosent.
Voici un éclairage sur les risques sanitaires liés aux chaleurs extrêmes, alors que les températures en Grande-Bretagne et en Suisse ont atteint des records pour un mois de juin.
Principaux développements susceptibles d'influencer les marchés vendredi :
Événements économiques : Chômage en France pour le mois de mai


















