Genève (awp) - Le groupe de luxe Richemont a enregistré une forte hausse du chiffre d'affaires sur l'exercice décalé 2022/2023, clos fin mars, dans un environnement marqué par une solide demande pour les produits de luxe. Son bénéfice net a, comme attendu, reculé en raison d'un effet comptable. Plusieurs changements s'annoncent par ailleurs au conseil d'administration.

Au cours de la période sous revue, les ventes du propriétaire de la marque Cartier ont augmenté de 19% à 19,9 milliards d'euros, un résultat dit "record", indique vendredi un communiqué. La croissance organique pour sa part s'est inscrite à 14%.

La division joaillerie, constituée notamment de la marque Van Cleef & Arpels, a vu ses recettes bondir de 21% à 13,4 milliards tandis que l'horlogerie s'est enrobée de 13% à 3,9 milliards. La division "autres", constituée des marques de mode et accessoires ainsi que du spécialiste de la vente de montres d'occasion Watchfinder, a progressé de 19% à 2,7 milliards.

"Un solide rebond en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao après la levée des restrictions liées au Covid ont contribué au redressement de la région", souligne le groupe genevois. En revanche, le retour des touristes chinois dans les boutiques du groupe en Europe, au Moyen-Orient et à Hong Kong est lent, a constaté vendredi en conférence de presse téléphonique son patron Johann Rupert.

"Le retour des touristes chinois sera plus lent que celui des voyageurs américains", a-t-il averti. "L'offre de transport aérien intercontinental et l'octroi de visas de tourisme n'ont pas encore retrouvé leur niveau normal", a complété M. Rupert, qui note que les voyageurs en groupes manquent toujours à l'appel.

Le bénéfice net a quant à lui chuté de 86% à 301 millions d'euros, en raison notamment d'un amortissement lié à la vente de la plateforme Yoox Net-a-Porter (YNAP). Le bénéfice net des activités poursuivies s'est étoffé de de 60% à 3,9 milliards.

Mouvements au conseil d'administration

Le conseil d'administration proposera le paiement d'un dividende de 3,50 francs suisses qui comprend un dividende extraordinaire de 1 franc, après 3,25 francs suisses il y a un an.

Le groupe Richemont, sans s'avancer sur le terrain des perspectives chiffrées pour l'exercice en cours, souligne que les différentes marques sont bien positionnées pour profiter de la forte demande pour le luxe.

L'entreprise se prépare également à une vague de changements au sein de son conseil d'administration. Guillaume Pictet et Jean-Blaise Eckert remettront leur mandat au 31 mars 2024 et Clay Bédis et Maria Ramos feront de même au 31 mars 2025. Lors de l'assemblée générale qui se tiendra le 6 septembre, les actionnaires se verront par ailleurs proposer d'élire l'Américaine Fiona Druckenmiller.

Richemont a su convaincre à tous les niveaux et s'est même offert le luxe de surperformer la branche, ainsi que son principal concurrent LVMH, au dernier trimestre de son exercice 2022/23, relève Patrik Schwendimann de la Banque cantonale de Zurich (ZKB). L'analyste se dit particulièrement séduit par la position de numéro un du groupe dans le segment des marques joaillières et estime que le ralentissement de la consommation attendu en Europe et aux Etats-Unis devrait être compensé par la reprise du marché chinois.

A la Bourse, ces chiffres meilleurs qu'attendu ont propulsé le titre vers les sommets. L'action Richemont a fini en hausse de 3,51% à 154,70 francs suisses, après un plus haut à 161,10 francs suisses, quand l'indice SMI a bouclé sur un gain de 0,36%.

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